Nous irons d’abord en France, où le gouvernement de Sébastien Lecornu a musclé son dispositif pour protéger les bâtiments publics et les rues commerçantes du pays à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes, des syndicats et des étudiants. Les scènes dramatiques de saccages et de vitrines brisées en marge des manifestations du 17 octobre avaient démontré l’impréparation flagrante des pouvoirs publics. Si les forces de l’ordre sont, cette fois-ci, parvenues à conserver le contrôle de la situation, l’autorité de l’exécutif est incontestablement mise à mal par cette crise sociale.
Nous partirons ensuite aux États-Unis, plus particulièrement dans l’Ohio. Les Américains s’apprêtent à se rendre aux urnes pour les élections de mi-mandat, qui auront lieu début novembre. Dans cet État du Midwest où les Républicains sont très bien implantés, de nombreux soutiens du parti de l’éléphant envisageraient de voter démocrate. Agriculteurs, ouvriers ou retraités, tous partagent une même indignation : la chute drastique de leur pouvoir d’achat, conséquence directe de la politique de Donald Trump. Ce « vote sanction » contre le président américain pourrait jouer un rôle déterminant dans une élection qui s’annonce difficile pour le camp républicain.
Nous nous rendrons ensuite en Tunisie. Une manifestation, convoquée par plusieurs syndicats et associations de défense des droits humains, vient de se dérouler dans les rues de Tunis. Les participants ont dénoncé pêle-mêle le coût de la vie, la dégradation du système de santé et d’éducation ainsi que les atteintes aux libertés commises par le régime du président Kaïs Saïed, qui dirige le pays d’une poigne de fer. S’il n’a pas atteint l’affluence espérée par les organisateurs, le rassemblement, néanmoins, marque un tournant : c’est la première manifestation d’envergure depuis que M. Saïed s’est octroyé les pleins pouvoirs, en 2021.
Enfin, nous évoquerons la tournée du président Macron dans le golfe Persique. Le chef de l’État a été vivement critiqué, y compris au sein de son propre camp, pour avoir maintenu ce déplacement au lendemain des émeutes historiques du 17 octobre. Il s’est justifié en arguant que ce voyage avait pour but de sécuriser les approvisionnements français en pétrole et en gaz naturel au moment où la facture énergétique pèse lourd sur le budget des ménages. De retour à Paris, il a convoqué un conseil de sécurité pour tenter de reprendre la main sur une crise politique et sociale qui, à six mois de la fin de son mandat, risque de ternir durablement son bilan à la tête du pays.
Mais tout de suite, direction la France, où la seconde journée de mobilisation des syndicats et des associations étudiantes s’est déroulée dans un calme relatif samedi dernier, offrant un court répit au gouvernement Lecornu, englué dans une crise sociale et politique à l’issue bien incertaine.
Pour la journée de mobilisation sociale qui a eu lieu le week-end dernier, le gouvernement de Sébastien Lecornu a placé les manifestations sous haute surveillance. Le premier ministre n’avait plus le droit à l’erreur après les terribles scènes de pillage qui ont ponctué les rassemblements du 17 octobre.
Du coup, pour cette nouvelle journée de protestation, plus de 70.000 policiers ont été mobilisés, contre 60.000 le 17 octobre, et davantage de moyens techniques ont été mis à la disposition des forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait un objectif en tête : « empêcher de nouvelles exactions », a-t-il déclaré lors d’un point presse. Il doit être quelque peu soulagé.
Cette deuxième mobilisation, qui, selon des sources gouvernementales, a réuni 410.000 personnes dans tout le pays, s’est globalement déroulée dans le calme. Si des affrontements ont éclaté en fin de journée entre la police et des casseurs à la fin du cortège parisien et quelques dégradations ont eu lieu en province, les violences sont sans commune mesure avec celles du 17 octobre.
Malgré cette apparente reprise en main de la situation, l’image du gouvernement Lecornu semble durablement écornée. Parmi
Exaspérés par Trump, de nombreux électeurs républicains envisagent de voter démocrate aux élections de mi-mandat
Cela fait près de 10 ans que l’Ohio est un solide bastion républicain. Dans cet État du Midwest, Donald Trump avait devancé de plus de 11 points sa rivale démocrate Kamala Harris lors de l’élection présidentielle de 2024. Mais le vent pourrait bientôt tourner dans l’Ohio, comme dans plusieurs États américains.
Les raisons de cette volte-face ? Donald Trump. Ou plutôt les conséquences de sa politique internationale sur la vie quotidienne de ses compatriotes, en particulier sur leur pouvoir d’achat.
« On dépense 1.500 dollars par jour pour le diesel, c'est deux fois plus qu'il y a deux ans. La guerre en Iran nous fait vraiment du mal », expliquait au micro de Franceinfo Fred Yoder, un important exploitant agricole implanté dans le comté de Logan. Depuis le début de la crise en Iran, les prix de l’essence à la pompe ont bondi de plus de 45 % en moyenne dans le pays.
Dans l’Ohio, le secteur agricole est particulièrement touché. Par la hausse du prix des carburants, mais aussi par l’augmentation des droits de douane « qui ont fait exploser le prix des engrais que nous devons importer », résume Dennis, fermier de Maumee, une petite bourgade à deux heures de Columbus, au quotidien belge De S
Tunisie : Une manifestation réunit des milliers de personnes en colère contre le régime autoritaire de Kaïs Saïed
La Tunisie vient de connaître sa plus grande manifestation en cinq ans. Entre 3.000 et 6.000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Tunis le samedi 17 octobre pour s’indigner contre la « vie chère » et pour réclamer le respect des libertés publiques mises à mal par le pouvoir en place.
Si le nombre de manifestants peut paraître modeste dans un pays de plus de douze millions d’habitants, on ne doit pas oublier que cette mobilisation est la première à avoir lieu depuis le coup de force constitutionnel du président Kaïs Saïed en juillet 2021. Un épisode qui avait marqué le retour brutal de l’autoritarisme politique en Tunisie. Balayant d’un revers de main les avancées démocratiques obtenues lors de la révolte du Printemps arabe de 2010, M. Saïed s’était alors octroyé les pleins pouvoirs.
La mobilisation s’est déroulée à l’appel de la centrale syndicale UGTT et de neuf autres organisations, parmi lesquelles la Ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Ordre des avocats. Les raisons du mécontentement ne manquent pas. Au premier rang d’entre elles, la baisse constante du pouvoir d’achat, la dégradation des services publics et la répression systématique de toute opposition politiq
Deux jours après les émeutes historiques du 17 octobre, le président Emmanuel Macron s’est envolé pour le golfe Persique. Beaucoup d’observateurs ont jugé le voyage peu opportun alors que la France se remet difficilement du traumatisme collectif laissé par la violence des attaques qui ont ciblé des milliers de commerçants désemparés face aux dégâts matériels et psychologiques.
Résumant un sentiment général, l’ancien premier ministre Édouard Philippe a déclaré sur France 2 : « Je pense que la décision du président de la République de quitter le territoire, à ce moment-là, n'était pas la plus opportune ».
Conscient du timing discutable de son déplacement au moment où le pays connaît une crise sociale et politique sans précédent, Macron a tenté de se justifier. L’objectif est « de sécuriser nos approvisionnements » en pétrole et gaz naturel, a-t-il expliqué lors de son allocution télévisée au lendemain des émeutes. Dans un communiqué, l’Élysée a souligné l’importance stratégique d’une telle tournée : « Il s’agit de limiter les conséquences de la crise énergétique sur le quotidien des Français ».
Emmanuel Macron s’est successivement rendu au Koweït, aux Émirats arabes unis, au Bahreïn et