Commençons par les Islandais, qui viennent de se prononcer sur l’avenir de leur pays. Ils ont dit « ekki », « non » en islandais. À 52,8 %, ils ont refusé de rouvrir les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Un choix qui ne fait cependant pas de ce pays de 400 000 habitants un adversaire de l’Europe. Les Islandais savent qu’entrer dans l’Union signifie aussi accepter de partager beaucoup de décisions. En repoussant cette perspective jusqu’en 2028, ils ont donc choisi de conserver les clés de leur destin.
Édouard Balladur nous a quittés le 31 août dernier. Conseiller du président de la République Georges Pompidou, ministre, puis premier ministre, il s’est même présenté à la présidentielle en 1995. Mais cet homme d’État n’était pas prêt à tous les compromis pour exercer le pouvoir. Toute sa vie politique, au contraire, semble marquée par sa maîtrise des mots, des émotions, de l’ambition. C’est cette éthique sans doute plus que sa politique qui lui vaut aujourd’hui une pluie d’hommages.
Nous pensons naïvement pouvoir décider de l’heure à laquelle nous prenons nos repas. Notre corps n’est manifestement pas toujours du même avis. Une vaste étude française sur le « jet-lag alimentaire » vient de montrer que déplacer de deux heures les horaires des repas entre la semaine et le week-end est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire. En particulier chez les hommes. Entre nos envies et notre horloge biologique, qui maîtrise qui ?
Enfin, il existe des endroits sur Terre où décider de sa propre existence devient un privilège. Élise Blanchard en témoigne avec ses photographies d’Afghanistan, pays où la reporter a vécu de 2018 à 2025. Derrière son objectif apparaissent notamment des très jeunes filles confrontées aux mariages forcés. Aujourd’hui exposées à Visa pour l’image, à Perpignan, ces photographies donnent de la visibilité à ces femmes que le régime cherche à effacer de l’espace public.
En matière de contrôle, l’Islande se pose là. Le pays du nord de l’Europe vient par référendum de refuser de reprendre les négociations visant à adhérer au bloc européen. Un choix qui étonne alors que d‘autres États frappent avec insistance à la porte de Bruxelles, mais qui s’explique.
Les Islandais ont dit « ekki ». « Non », en islandais. Samedi 29 août, l'île a refusé, par un référendum, de rouvrir dès maintenant les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Un résultat suffisamment net pour refermer le dossier jusqu’en 2028. La première ministre l’a confirmé : son gouvernement ne fera « pas un seul pas en direction de l’Europe » d’ici à la fin de son mandat.
En même temps, entre Reykjavik et Bruxelles, c’est de l’histoire ancienne. L’Islande avait déposé sa candidature en 2009, en pleine crise financière, avant de suspendre les discussions six ans plus tard. Depuis, le débat revient régulièrement. D’autant que ce petit pays de 400 000 habitants vit déjà largement dans l’espace européen : membre de l’Espace économique européen et de l’espace Schengen, il bénéficie notamment de la libre circulation. Un pied dedans, donc. Un autre, dehors.
Cette fois, pourtant, les sondages annonçaient une légère avance du « oui ». Ah, les sondages ! Mais le pays est divisé. D’un côté, Reykjavik, la capitale, plutôt européenne. De l’autre, le reste du pays, majoritairement hostile à une reprise des négociations.
Derrière cette fracture se pose surtout la question de la pêche. Un
Il avait cette silhouette immédiatement reconnaissable, le maintien droit, la voix posée, un brin maniérée, et cette façon de ne jamais sembler pressé, même lorsque la politique s’emballait autour de lui. Édouard Balladur, ancien premier ministre français, est mort à l’âge de 97 ans, le 31 août. Avec lui disparaît l’un des derniers grands personnages politiques français, mais aussi un homme dont la courtoisie, la culture et la maîtrise de soi avaient fini par devenir une signature. Au point qu’aujourd’hui, les hommages de tout bord se multiplient.
Né en 1929 à Izmir en Turquie, il arrive enfant dans l’Hexagone, fait de brillantes études et choisit de servir la France en rejoignant le Conseil d’État. Sa rencontre avec le président de la République Georges Pompidou sera déterminante : il devient l’un de ses proches collaborateurs et apprend la politique au plus haut niveau. Mais cet homme de pouvoir se méfiait de ses congénères. Comme le rappelle Le Monde dans la nécrologie que lui consacre Gérard Courtois, Balladur, dans son ouvrage Le pouvoir ne se partage pas, avait livré un jugement féroce sur la politique : « Tout l’art de la politique consiste à plaire afin d’être choisi, puis m
Grasse matinée, café à midi, œufs brouillés à 14 heures et dîner repoussé, parce que, après tout, c’est samedi ou dimanche. Le week-end, on oublie volontiers la montre. C’est ce que les chercheurs de l’Inrae – l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement –, de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, des universités Sorbonne-Paris-Nord et Paris Cité appellent le « jet-lag alimentaire ». Un nom amusant pour une réalité qui l’est beaucoup moins.
Une étude française publiée le 1er septembre dans la revue Communications Medicine par ces différents chercheurs suggère, en effet, que décaler de deux heures les repas entre la semaine et les jours de repos pourrait peser sur la santé cardiovasculaire.
Le problème, c’est que nos horaires professionnels, familiaux et sociaux ne coïncident pas toujours avec ceux que préférerait notre organisme. La semaine, explique dans Le Monde Bernard Srour, directeur de recherche à l’Inrae et coauteur de l’étude, nos activités nous imposent souvent leur tempo. Les jours de repos, nous revenons davantage vers notre rythme naturel. Résultat : notre horloge biologique doit constamment se recaler.
Or,
Ses photos ont fait les unes du Monde, du New York Times, du Washington Post ou de Time. À 34 ans, Élise Blanchard décroche une nouvelle consécration : une exposition à Visa pour l’image, le grand rendez-vous du photojournalisme qui se tient à Perpignan jusqu’au 13 septembre. Un honneur, même si les photos exposées la font souffrir. Elles ont été prises au printemps 2026. Blanchard était retournée en Afghanistan pour photographier des fillettes promises au mariage par des familles écrasées par la pauvreté. Un reportage édifiant, qui l’a, dit-elle au Monde, « massacrée ».
L’Afghanistan, elle le connaît bien. Elle y a vécu sept ans, de 2018 à 2025. Elle débarque à Kaboul, un an après sa sortie de l’école de journalisme de Sciences Politiques de Paris. Elle est freelance, possède quelques contacts mais maîtrise mal son appareil photo. « Je savais à peu près m’en servir, rien de plus. J’ai appris sur le terrain », confie-t-elle aujourd’hui.
Il faut croire qu’elle apprend vite. Ouest-France, Grazia, The Guardian publient ses reportages. Puis, la prestigieuse Agence France Presse l’engage à Kaboul. Mais, Covid oblige, le chef de bureau reste bloqué à Paris, elle doit donc se débrouiller se