Pour Anna Politkovskaïa, le prix de la liberté d’informer a été celui de sa vie. Le 7 octobre 2006, la journaliste russe était assassinée à Moscou. Vingt ans plus tard, son nom demeure celui d’une femme qui avait choisi de regarder en face ce que le pouvoir de Vladimir Poutine préférait laisser dans l’ombre : la guerre en Tchétchénie, les exactions, la corruption, les dérives autoritaires. Malgré les risques, rien ne semblait pouvoir faire taire Anna. Son assassinat rappelle que le courage a parfois un prix exorbitant.
Les lycéens et les étudiants français jouent peut-être leur avenir en ce moment. Mais à quel prix ? Depuis le 17 septembre, une révolte inattendue secoue les établissements scolaires et les universités. Les jeunes refusent les classes surchargées, les enseignants absents, les bâtiments délabrés. Ils ne veulent pas payer de leur futur les économies réalisées sur l’éducation. Le mouvement, soutenu par 54 % des Français, pourrait bien s’installer dans la durée. Et derrière les blocages et les manifestations, une interrogation encore : combien une société est-elle prête à investir pour offrir un avenir à sa jeunesse ?
Les pesticides, eux, questionnent le prix accordé à la santé. Le 3 octobre, des milliers de manifestants ont dénoncé un modèle agricole dont ils estiment payer les conséquences dans leur chair. Agriculteurs, malades, familles, militants : tous contestent une logique économique qui privilégierait les rendements au détriment de la santé humaine et de l'environnement. Car les pesticides ont un coût qui ne figure pas toujours dans les comptes des industriels : celui des maladies, des sols dégradés et des vies bouleversées. Jusqu'où peut-on faire passer les profits avant la santé ?
Et enfin, il y a le prix du rêve. À Paris, l'ancien appartement de Brigitte Bardot et Gunter Sachs est proposé à 7,9 millions d'euros. Ce lieu-témoin des années soixante, du glamour du couple, de ses extravagances et de ses passions, devient accessible à qui possède quelques millions. Mais si on peut acheter un appartement – des murs, du marbre et une adresse prestigieuse – peut-on réellement s'offrir l'insouciance de ceux qui l’ont habité ?
Anna Politkovskaïa a été assassinée à Moscou le 7 octobre 2006, après des années passées à dénoncer les crimes de la guerre en Tchétchénie et les dérives autoritaires du régime de Poutine. Vingt ans plus tard, son courage et son indépendance continuent de résonner comme un défi lancé au pouvoir.
Moscou, samedi 7 octobre 2006. Il est environ 16 heures lorsqu’Anna Politkovskaïa rentre chez elle après avoir fait ses courses. La journaliste de Novaïa Gazeta, l’un des rares journaux encore indépendants en Russie à cette époque-là, gare sa voiture devant son immeuble et monte une première partie de ses sacs. Lorsqu’elle redescend par l’ascenseur pour récupérer le reste, un homme vêtu de sombre l’attend. Quelques instants plus tard, Anna Politkovskaïa gît sur le sol. Son assassin abandonne sur place son Makarov, un pistolet semi-automatique utilisé habituellement par les services de sécurité, et quitte tranquillement l’immeuble. Une voisine découvre son cadavre environ une demi-heure plus tard. Du travail de pro. Les caméras de surveillance ne conserveront qu’une silhouette floue : celle d’un homme mince, coiffé d’une casquette sombre. Ce 7 octobre, jour du 54e anniversaire de Vladimir Poutine, l’une des voix les plus courageuses, les plus critiques de la Russie et de son chef vient de se taire. Anna avait 48 ans. Le 20 octobre au soir, Le Monde, le Festival international de journalisme et Reporters sans frontières lui rendront hommage. Il faut dire que son travail a depuis longt
C’est une révolte que personne n’avait vue venir. Et qui, peut-être, n’est pas près de s’arrêter. Depuis près d’un mois, la jeunesse bloque les lycées, occupe les universités et défie un gouvernement paniqué par l’ampleur de la contestation. La rue est le théâtre quotidien de violences et de débordements. Malgré cela, 54 % des Français soutiennent le mouvement, selon un sondage paru le 11 octobre dans La Tribune Dimanche.
Tout est parti de la banlieue parisienne. Du lycée Saint-Exupéry de Créteil, très précisément. Le 17 septembre, des élèves se mobilisent pour soutenir leurs enseignants, qui dénoncent le manque de personnel. L’étincelle se propage rapidement via les réseaux sociaux. De lycée en université, une colère longtemps contenue éclate au grand jour.
Les revendications principales sont limpides : classes surchargées, professeurs absents non remplacés, bâtiments vétustes, journées interminables, angoisse générée par Parcoursup, la plateforme nationale d'admission dans l’enseignement supérieur. Les doléances dessinent le portrait d’une école à bout de souffle dans un pays qui, ces dix dernières années, a vu quatre ministres de l’Éducation se succéder et presque le double de ré
Ils vivent avec des pesticides, ont des cancers et crient leur désespoir. Samedi 3 octobre, des milliers de personnes ont défilé dans le département de l’Eure pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un scandale sanitaire trop longtemps relégué au second plan. Ils étaient 8.000, selon la préfecture. 15.000, selon les organisateurs. Mais qu’importe le nombre ! Unis, ils ont manifesté contre Syngenta, l’un des géants mondiaux de l’agrochimie. Solidaires, ils avaient, rapporte Le Monde, la même exigence : « Les victimes des pesticides ne veulent plus mourir en silence ».
Le lieu de la manifestation n’avait pas été choisi par hasard. Parti de Gaillon, le cortège s’est dirigé vers Saint-Pierre-la-Garenne, où Syngenta possède une usine implantée depuis plus de soixante-dix ans. La Confédération paysanne, Les Soulèvements de la Terre, Cancer Colère et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest étaient à l’origine de la mobilisation, soutenus par une cinquantaine d’organisations sous la bannière « Stop pesticides ». Le même jour, des rassemblements ont eu lieu en Suisse et en Angleterre, dans le cadre d’une campagne internationale visant notamment Syngenta, BASF, Cort
C’est un écrin chargé d’histoire. Mis en vente pour 7,9 millions d’euros, l’ancien appartement parisien de Brigitte Bardot et Gunter Sachs déploie plus de 400 m² de faste. Hauts plafonds, immenses baies vitrées, marbre, onyx, travertin et moulures composent un décor digne des grandes années du couple mythique. Une terrasse et un jardin d’hiver de 52 m² prolongent les pièces de réception. Le détail le plus saisissant reste sans doute la salle de bains en marbre violet imaginée par Bardot : une touche d’extravagance et de sensualité. Tout son portrait. Reste à savoir maintenant qui va parvenir à s’offrir ce bijou Art Déco. Ce lieu où vécut une légende du cinéma.
Mais Brigitte Bardot est bien plus qu’une actrice, c’est un sex-symbol, une révolution. Née à Paris en 1934, la blonde mutine conquiert la planète en 1956 avec Et Dieu… créa la femme, de Roger Vadim, avant de devenir la muse de grands cinéastes comme Jean-Luc Godard, qui la fait jouer dans Le Mépris. Longs cheveux blonds, regard effronté, allure désinvolte, elle incarne cette nouvelle génération de femmes affranchies des conventions. Hollywood l’adule, les photographes la traquent. Et elle se réfugie à Saint-Tropez. Elle mult