Nous irons d’abord en France, où la journée de mobilisation populaire contre « la vie chère » a été émaillée de violents affrontements entre les forces de l’ordre, souvent dépassées, et des groupes de manifestants qui voulaient en découdre. À Paris, Lyon ou Bordeaux, des centaines de magasins ont été pillés et le mobilier urbain complètement saccagé. Au-delà de ces violences, condamnées par l’ensemble de l’échiquier politique, la mobilisation populaire a été massive, révélant au grand jour le mal-être d’une société à bout de souffle.
Nous irons ensuite au Bode-Museum de Berlin, où le portrait d’Angela Merkel attire les foules. Le musée expose pendant quelques mois un tableau sobre et réaliste à l’effigie de l’ancienne chancelière allemande. Le portrait rejoindra ensuite la galerie des Chanceliers, aux côtés des autres chefs de gouvernement allemands de l’après-guerre. Depuis la présentation de la toile au grand public, le musée, plutôt confidentiel jusque-là, connaît un succès sans précédent. Nostalgiques de l’ère Merkel, les Allemands sont nombreux à venir rendre hommage à leur Mutti — maman en allemand —, le tendre surnom qu’ils donnent à l’ex-chancelière.
Nous reviendrons en France, où la campagne présidentielle bat son plein. La primaire de la gauche sociale-démocrate vient d’avoir lieu. Son résultat est sans appel. Avec plus de 66 % des suffrages, Raphaël Glucksmann a écrasé le scrutin et sera le candidat de la gauche modérée pour la course présidentielle de 2027. Sa victoire est aussi celle de ceux qui refusent toute alliance électorale avec le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. Souvent critiqué pour son manque d’expérience politique, M. Glucksmann a six mois pour prouver à l’opinion publique qu’il est en mesure d’endosser le costume présidentiel.
Enfin, nous évoquerons le retour sur Terre de la spationaute Sophie Adenot. Après 235 jours passés en orbite dans la Station spatiale internationale, la Française a battu le record de durée dans l’espace pour un astronaute européen. Accueillie par une nuée de journalistes à sa descente d’avion à Cologne, Mme Adenot est revenue sur son aventure spatiale hors du commun. Visiblement émue, elle a profité de ses retrouvailles avec la terre ferme pour lancer un message humaniste au monde, au moment où la planète est convulsée par une série de déséquilibres géopolitiques.
Mais tout de suite, direction la France, où la journée de mobilisation organisée samedi dernier a été marquée par les violences qui ont entaché le mouvement populaire né de la colère lycéenne. Le pays entre dans une phase d’incertitude politique et sociale qui risque d’influencer la campagne électorale en cours.
La mairie de Limoges ravagée par les flammes, l’office du tourisme incendié à Lyon, des centaines de commerces pillés dans tout le pays… La journée de mobilisation contre « la vie chère » qui a eu lieu samedi dernier en France a pris une tournure particulièrement violente. Un chaos qui n’est pas sans rappeler les manifestations des « gilets jaunes » qui avaient secoué le pays en 2018.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que 2000 interpellations avaient eu lieu sur tout le territoire, alors que près de 150 policiers ont été blessés dans les affrontements. Dans une allocution télévisée sans annonce majeure, Emmanuel Macron a exprimé « sa colère et sa honte » et a rappelé que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser ». Pour l’analyste politique Alexandre Kouchner, interviewé par Monocle Radio, les attaques contre les forces de l’ordre et les magasins ont démontré que les organisations syndicales et les partis politiques n’étaient plus capables de canaliser une partie de la colère populaire.
Mais les images de violence qui ont inondé les médias du monde entier ne doivent pas éclipser l’ampleur de la mobilisation, née du mouvement lycéen d
C’est une véritable Merkelmania qui a déferlé sur le Bode-Museum. Ce petit musée berlinois, plutôt discret malgré la richesse de sa collection mêlant sculptures médiévales, art byzantin et plus de 500.000 pièces numismatiques retraçant 2.600 ans d’histoire humaine, a doublé son affluence en quelques semaines.
La raison : le portrait d’Angela Merkel qui vient d’intégrer de manière temporaire la collection du musée. On retrouve la toile au deuxième étage du bâtiment, où l’ancienne chancelière apparaît vêtue d’un blazer bleu flamboyant qui fait jeu avec ses yeux, sur un fond doré aux tons chaleureux. Le regard concentré, elle fixe le visiteur, esquissant un léger sourire et dévoilant son beau visage ridé. Le tableau, sobre et réaliste, semble coller parfaitement à la personnalité de Mme Merkel.
L’artiste à l’origine de ce portrait est le jeune peintre franco-allemand Jérémie Queyras. Inconnu du grand public, il se souvient encore du jour où il a osé contacter la chancelière : « En 2022, je lui ai écrit une lettre à la main. C’est une collectionneuse d’art qui m’avait encouragé à lui écrire en me disant que Mme Merkel allait avoir besoin d’un portrait et qu’il fallait que j’essaye », exp
Le « stagiaire » a gagné. Raphaël Glucksmann vient de gagner haut la main la primaire de la gauche sociale-démocrate. Avec plus de 66 % des suffrages, il écrase ses concurrents socialistes et se qualifie, dès le premier tour, pour participer à l’élection présidentielle de 2027.
Sa rivale, Ségolène Royal, qui l’avait affublé de ce surnom peu flatteur en référence à son manque d’expérience politique, termine loin derrière, avec à peine 7,6 % des suffrages. Le secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, lui aussi largement distancié, finit deuxième avec 14 % des voix.
Pour M. Glucksmann, c’est un succès incontestable. S’il était donné grand favori, personne n’imaginait une telle avance. « Le résultat est sans appel. Je suis ce soir le candidat de la gauche démocratique à l'élection présidentielle », s'est-il réjoui devant ses partisans. Glucksmann, qui est actuellement député européen ainsi que président du mouvement de centre-gauche Place publique, a affirmé qu’il souhaitait rompre avec « l'hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française ».
Mais pour le nouveau candidat de la gauche sociale-démocrate, le plus dur reste à faire. Il devra tenter de rassembler son camp, mis à mal
Sophie Adenot a retrouvé la terre ferme. Après 8 mois passés en orbite dans la Station spatiale internationale, la spationaute française a effectué ses premiers pas sur le tarmac de l’aéroport de Cologne.
Elle est apparue affaiblie à sa descente d’avion. Soutenue de chaque côté par des médecins de l’Agence spatiale européenne, elle a parcouru avec une certaine difficulté les quelques mètres qui la séparaient du pupitre de presse installé pour l’occasion.
Celle qui vient d’établir un nouveau record de durée dans l’espace pour un astronaute européen a comparé son retour sur Terre à « un cocktail d'étonnantes émotions ». La joie des retrouvailles se mêle aux difficultés physiologiques liées à la réadaptation à la gravité terrestre.
Le moment le plus éprouvant de la mission n’a pas eu lieu lorsqu’elle se trouvait à plus de 400 km de la Terre. Mais lors de l’amerrissage dans l’océan Pacifique. Avec ses trois compagnons d’aventure — une astronaute américaine, un pilote de la NASA et un cosmonaute russe — elle a dû patienter pendant une vingtaine de minutes dans la capsule fortement secouée par l’océan agité.
« Quand les commandos m'ont extraite de la capsule, la première chose que je leur a