En tout cas, les discours, eux, n'ont pas évolué d'un pouce. Ainsi, le 9 mai, pour fêter la Journée de l'Europe, les dirigeants de l'Union européenne ont tous appelé à la solidarité et à la poursuite de la construction du projet européen.
À peine six minutes. Six petites minutes durant lesquelles ils nous parlent du vieux continent, de ses bienfaits et de la nécessité de rester ensemble. Solidaires. Eux, ce sont les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement et les dirigeants des trois institutions de l'Union européenne. Le 9 mai, journée de l'Europe, ces responsables ont choisi de prendre la parole. Ensemble. Ils nous chantent les louanges de cette incroyable construction économique et politique.
Lorsqu'un petit garçon de la classe de son fils a contracté le coronavirus, elle s'est fait tester et a attendu patiemment le résultat. À la maison, ainsi que les médecins le recommandent. Finalement, Katrín Jakobsdóttir a appris qu'elle n'était pas malade. La première ministre d'Islande a donc repris le chemin de son bureau. Comme tout un chacun. Car malgré le Covid-19, le pays n'a jamais été totalement confiné. Il ne s'est jamais entièrement arrêté. Écoles maternelles, primaires et collèges sont restés ouverts, de même qu'une partie des commerces et quelques cafés ou restaurants. Tout juste l'activité sur cette île tout au nord de l'Europe a-t-elle ralenti pendant six semaines.
Mais depuis le 4 mai, les 364 000 habitants de ce petit pays gagnent un peu plus de liberté encore. Ils déconfinent franchement. Les lycées et les universités accueillent à nouveau des étudiants. Les dentistes, les coiffeurs et autres petits magasins rouvrent et les rassemblements jusqu'à cinquante personnes sont autorisés. Le début de la fin ?
À vrai dire, la situation n'a jamais été dramatique en Islande : un peu moins de mille huit cents cas confirmés et dix morts. Pas plus. À l'origine de ce succès ? D
S’il y a un seul mot à retenir, c'est celui-ci : progressif. Oui, en France, la sortie du confinement depuis le 11 mai s'opère pas à pas, lentement, et de façon différenciée selon les régions. Un retour brusque dans nos maisons, enfermés, n'étant, par ailleurs, pas à exclure non plus si l'épidémie redémarre. C'est le message fondamental que le premier ministre Édouard Philippe a voulu faire passer lors de sa conférence de presse du 7 mai. Une déclaration retransmise de 16 heures à 17h40 par six chaînes et suivie par près de dix millions de Français. Pas mal pour une après-midi. Il est vrai que les informations étaient attendues par une grande partie du pays.
Concrètement, comment cela se passe-t-il ? Nous commençons à retrouver certaines libertés, mais elles sont plus ou moins larges selon les endroits. Aujourd'hui, l'Hexagone est coupé en deux. Quatre régions – l’Île-de-France, les Hauts-de-France au nord, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, près de la frontière suisse – sont classées en zone rouge. Le déconfinement y est restreint. Le reste apparaît en vert, l'autonomie est plus grande.
Sur l'ensemble du territoire, les entreprises ont commencé à rouvrir et notamment les p
La matinée débute bien. Le 7 mai, le très sérieux quotidien économique Les Echos publie un sondage dans lequel Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, est classé seconde personnalité politique préférée des Français. Et première parmi les sympathisants de La République En marche, le parti d'Emmanuel Macron. Une belle popularité à un moment où le gouvernement est particulièrement critiqué.
L'après-midi est toute aussi satisfaisante. À 16 heures, le sémillant presque quadragénaire – il a 39 ans – continue à prendre la lumière avec bonheur. Cette fois, il se retrouve aux côtés du premier ministre, lors d'une conférence de presse très attendue sur les conditions du déconfinement, du 11 mai. Véran prend la parole. L'exposition médiatique est prestigieuse pour ce neurologue devenu ministre il y a à peine deux mois, le 16 février dernier, en remplacement d'Agnès Buzyn, envoyée à la conquête de la mairie de Paris.
Les amis d'Olivier Véran n'ont pas semblé étonnés par cette énorme promotion. Ils ont toujours pensé que « Bob », comme ils le surnomment, avait de la chance. D'ailleurs, il gagne toujours au poker ou au Uno ! Mais qu'est-ce que le « coup de bol » sans une ambitio
L'enfer est pavé de bonnes intentions. Ou, autrement dit, à vouloir trop bien faire, on aboutit parfois à des catastrophes. C'est sans doute la leçon à tirer de la dernière gaffe du gouvernement. Erreur qu'il a corrigée en urgence le 5 mai. La mobilisation l'a emporté.
Voilà ce qui s'est passé. Depuis le début du confinement, l'exécutif veut lutter contre les fausses informations concernant le coronavirus. Qu'elles soient intentionnelles ou pas. Il décide donc, à la mi-avril, de dire quelles sont les données fiables que nous devrions connaître. Pour ce faire, il crée une page sur son site internet qu'il appelle « Désinfox coronavirus ». Elle recense les différents articles publiés par des médias qui possèdent des services spécialisés dans la «vérification d’informations». On retrouve, par exemple, les papiers de l'AFP Factuel, les Décodeurs du Monde, la plate-forme «Vrai ou Fake» de France Info, ou encore l’équipe CheckNews de Libération.
Puis, le 30 avril, dans un tweet très maladroit, la porte-parole du gouvernement en rajoute. Elle explique que « plus que jamais il est nécessaire de se référer à des sources d’information sûres et vérifiées.» Celles-là mêmes que le site propose e