Bon gré, mal gré, nous portons un masque quand nous sortons de chez nous. Au-delà du bien-fondé de ce nouveau rituel, réfléchissons un moment sur ses implications dans nos interactions quotidiennes.
Pour satisfaire l’impératif de distanciation sociale dû au coronavirus, le port du masque est devenu la règle. Quel effet aura-t-il sur nos échanges quotidiens ?
Répondre à cette question implique d’abord une réflexion sur la signification et la fonction sociale du visage. « Dans nos sociétés contemporaines, le visage est le lieu de la reconnaissance mutuelle », note le sociologue David Le Breton dans une tribune du Monde, le 11 mai. « À travers sa nudité, nous sommes reconnus, nommés, jugés, assignés à un sexe, à un âge, une couleur de peau, nous sommes aimés, méprisés, ou anonymes, noyés dans l’indifférence de la foule. »
Par-delà les catégories, le visage est le lieu par excellence de notre unicité : il est ce qui nous distingue des autres. Mais en même temps qu’il nous sépare, il nous relie à eux : l’identification et la reconnaissance mutuelle des visages sont un support essentiel de la communication. L’importance du visage se manifeste par exemple dans l’attention dont il est l’objet de la part des amants ou entre parents et jeunes enfants.
Autre paradoxe : tout comme une vingtaine de lettres permet de forger un nombre infini de phrases, l’unicité de chaque visage naît d’un «
Des millions d’animaux sont abattus en raison de la fermeture des usines de transformation de viande durant la crise sanitaire, rapporte le Guardian du 19 mai.
Parmi les méthodes utilisées, et qualifiées d’« inhumaines » par les experts, on compte l’étouffement par une mousse à base d’eau similaire à la mousse anti-incendie pour les poules ; et pour les porcs : le gazage, le tir, l’overdose d’anesthésiant et le « traumatisme par objet contondant ».
Ce « dépeuplement », qui pourrait atteindre des dizaines de millions d’animaux d’ici au mois de septembre, survient alors que les banques alimentaires américaines font état d’une demande sans précédent, avec des files d’attente de près de 10 kilomètres dans certaines régions.
La chaîne américaine d’approvisionnement en viande a été durement touchée par la fermeture de dizaines d’usines due au taux élevé d’infections par le coronavirus : dans ces abattoirs géants, les ouvriers travaillent pendant des heures à la chaîne dans une totale promiscuité. Les fermetures ont ainsi réduit dramatiquement la capacité d’abattage et le goulet d’étranglement a entraîné un double phénomène : excès de production chez les éleveurs, et pénurie pour les conso
Alors que, depuis le 11 mai en France, nombre de petits commerces peuvent enfin « lever le rideau », bars et restaurants vont, pour un temps encore, rester portes closes : le gouvernement a remis au 2 juin la décision d’autoriser leur réouverture. Avec le service à table sur pause, les restaurateurs se rabattent depuis un mois sur la vente à emporter, option embrassée par de petits établissements de quartier comme les pizzerias, mais généralement écartée par les chaînes d’alimentation rapide en raison des risques de contamination pour le personnel.
Dans le secteur de la gastronomie, l’inquiétude et la division règnent. Celui-ci était déjà très affaibli avant que le coronavirus ne fasse son apparition, rapporte le journal Le Monde : les manifestations des « gilets jaunes » étirées sur plusieurs mois, puis les grèves nationales en décembre 2019 et janvier 2020 avaient déjà mis à rude épreuve cette activité, qui dépend en grande partie du tourisme. La pandémie, avec son cortège d’incertitudes, a rendu plus aiguë encore la question essentielle : quand les clients reviendront-ils ?
Cette question est pratiquement la seule chose que partagent les chefs français, une catégorie socioprofessi
Le 11 mai a marqué en France la fin du strict confinement qui était en vigueur depuis le 17 mars. Les restrictions sur les déplacements des Français sont maintenant levées, en même temps que le pays reprend peu à peu son activité économique. Mais les déplacements à plus de 100 km du domicile resteront interdits jusqu’à nouvel ordre.
Avec l’été qui approche, les restrictions, la peur de la contamination et les difficultés économiques vont nécessairement amener les Français à repenser leur idée des vacances.
« L’objectif des vacances », note Dominique Kreziak, spécialiste des comportements dans le domaine du tourisme et de l’environnement, « c’est d’abord de couper avec son quotidien, de changer de la routine, de quitter quelque chose. Ensuite, c’est d’aller découvrir quelque chose de nouveau. On n’a pas forcément l’habitude de l’envisager si proche de chez soi, il va falloir faire preuve de créativité. Et c’est une très bonne opportunité pour repenser notre idée de l’ailleurs : il peut être tout près. »
Il va falloir trouver de l’exotisme en France et, de préférence, près de chez soi, suggère Le Monde du 14 mai : les eaux turquoises du Finistère pour les Caraïbes, le plateau d’Emparis
Avec la mort de Michel Piccoli, le 12 mai, à l’âge de 94 ans, c’est tout un chapitre de l’histoire du cinéma qui se ferme.
Au cours d’une carrière exceptionnelle qui s’est étendue sur 70 ans, non seulement à l’écran mais sur la scène, il a travaillé dans tous les genres, marquant de son talent les créations des plus grands réalisateurs français et européens – Luis Buñuel, Jean-Luc Godard, Marco Ferreri, Claude Chabrol, Louis Malle, Alfred Hitchcock, et Manoel de Oliveira.
Piccoli était ce qu’on appelle un « acteur de genre » dont le jeu précis et rigoureux était souvent teinté d’ironie, note Le Monde dans sa notice nécrologique. Sa longévité lui a permis de développer sa maîtrise dans les rôles les plus variés dont l’humanité, sous la surface, n’était jamais absente.
Né à Paris en 1925 d’une mère française et d’un père italien, tous deux musiciens, Michel Piccoli a grandi dans un milieu artistique et bourgeois. Il a découvert très jeune le théâtre et c’est sur les scènes parisiennes qu’une fois la guerre finie, il s’est d’abord illustré.
Après quelques rôles au cinéma, il rencontre, en 1956, Luis Buñuel, qui lui offre un rôle de prêtre dans le film La Mort en ce Jardin. C’est le débu