Les noms de 72 femmes scientifiques vont être gravés sur la Tour Eiffel
| Dominique: | Une association française a porté durant quatre ans un projet qui devrait se concrétiser l’année prochaine : inscrire les noms de 72 femmes scientifiques sur le premier étage de la Tour Eiffel. Cette idée n’est pas apparue par hasard puisque Gustave Eiffel, le concepteur de la Tour, avait fait graver il y a 130 ans les noms de 72 scientifiques, tous des hommes. Cette initiative est née d’une anecdote intéressante. Il y a quelques années, une touriste aurait demandé à un guide de la Tour où était le nom de Marie Curie. S’il est vrai qu’en 1889, année de construction de la Tour, Marie Curie n’avait même pas encore étudié la physique, le guide a réfléchi au fait que le nom d’aucune femme scientifique n’était gravé sur la Tour Eiffel. Finalement, 72 femmes devraient rejoindre les 72 hommes l’année prochaine. |
| Catherine: | Du coup, Marie Curie va bien figurer sur la Tour ? |
| Dominique: | Bien sûr ! Elle y sera avec sa fille, Irène Joliot-Curie. |
| Catherine: | Très bien. Mieux vaut tard que jamais. Mais honnêtement, cela fait une belle jambe à toutes ces femmes d’avoir maintenant leur nom sur la Tour Eiffel. |
| Dominique: | Mais pourquoi dis-tu ça ? |
| Catherine: | Eh bien, je pense que ces 72 femmes auraient préféré être considérées, remarquées et honorées de leur vivant. Je pense aussi qu’elles auraient aussi apprécié de recevoir plus de contributions à leurs recherches. |
Cette expression familière signifie qu’une chose ou qu’une information n’est d’aucune utilité à une personne. Elle s’emploie uniquement dans un sens ironique, comme si on disait : « Cette information ne me rend pas la jambe plus belle », c’est-à-dire ne sert à rien.
La référence à la « belle jambe » nous vient tout droit de l’habillement masculin du passé. Les hommes de la haute société étaient à l’époque de la monarchie française aussi soucieux de leur apparence que les femmes. A partir du XIIème siècle, les hommes élégants portaient sur les mollets des « bas-de-chausses », c'est-à-dire des collants qui moulaient et mettaient en valeur la forme de la jambe. C’était un des éléments les plus importants de l’habillement.
« Faire la belle jambe », au XVIIème siècle signifiait faire le beau, essayer de se montrer le plus possible. Et lorsque ces élégants apprenaient une information dont ils ne se souciaient pas, ils disaient « cela ne me rendra pas la jambe mieux faite ».
Au XIXème siècle, l’expression a perdu la négation et est devenue « ça me fait bien la jambe » dans un sens ironique. De nos jours, sous sa forme actuelle « faire une belle jambe », cette expression appartient à un langage très familier. En anglais, nous pouvons trouver les équivalents “that doesn’t change anything for [me]”, “that won’t get [me] too far”.
- Ça me fait une belle jambe ! Je voudrais surtout savoir ce qu’il a pensé du mien.
- Good news ! The boss liked Matthieu’s draft very much.
- That doesn’t change anything for me ! What I’d really like to know is if he liked mine.
- C’est bien, mais ça va faire une belle jambe à tous les salariés du secteur privé qui ont manifesté aussi mais pour qui rien ne va changer.
- Following mass strikes, the government decided to bring forward the age of retirement for all civil servants.
- Very well, but it won’t get too far all the employees of the private sector having also demonstrated, but for whom nothing is going to change.
La référence à la « belle jambe » nous vient tout droit de l’habillement masculin du passé. Les hommes de la haute société étaient à l’époque de la monarchie française aussi soucieux de leur apparence que les femmes. A partir du XIIème siècle, les hommes élégants portaient sur les mollets des « bas-de-chausses », c'est-à-dire des collants qui moulaient et mettaient en valeur la forme de la jambe. C’était un des éléments les plus importants de l’habillement.
« Faire la belle jambe », au XVIIème siècle signifiait faire le beau, essayer de se montrer le plus possible. Et lorsque ces élégants apprenaient une information dont ils ne se souciaient pas, ils disaient « cela ne me rendra pas la jambe mieux faite ».
Au XIXème siècle, l’expression a perdu la négation et est devenue « ça me fait bien la jambe » dans un sens ironique. De nos jours, sous sa forme actuelle « faire une belle jambe », cette expression appartient à un langage très familier. En anglais, nous pouvons trouver les équivalents “that doesn’t change anything for [me]”, “that won’t get [me] too far”.
Exemple 1 :
- Bonne nouvelle ! Le patron a beaucoup apprécié le projet de Matthieu.- Ça me fait une belle jambe ! Je voudrais surtout savoir ce qu’il a pensé du mien.
- Good news ! The boss liked Matthieu’s draft very much.
- That doesn’t change anything for me ! What I’d really like to know is if he liked mine.
Exemple 2 :
- Suite aux grèves massives, le gouvernement a décidé d’avancer l’âge de la retraite pour les fonctionnaires.- C’est bien, mais ça va faire une belle jambe à tous les salariés du secteur privé qui ont manifesté aussi mais pour qui rien ne va changer.
- Following mass strikes, the government decided to bring forward the age of retirement for all civil servants.
- Very well, but it won’t get too far all the employees of the private sector having also demonstrated, but for whom nothing is going to change.