Commençons, si vous le voulez bien, par un portrait. Celui de Iouri Dmitriev, russe et historien d’une des périodes les plus délicates du pays : la Grande Terreur sous Staline. Cet homme de 70 ans est aujourd’hui l’un des plus vieux prisonniers politiques de Russie. Son crime ? Avoir répertorié et localisé les sépultures des victimes de cette période. Les familles lui disent merci, mais le pouvoir, lui, l’a banni. Loin, très loin de Moscou. Dans un goulag inhumain.
Pendant ce temps, d’autres compatriotes se permettent tout le luxe imaginable. Quoi de plus honteux que de voir des célébrités russes se vautrer dans une station de sports d’hiver française alors que des citoyens ordinaires souffrent sur le front en Ukraine ?
Le week-end à Courchevel de « people » russes, invités par une marque de vêtements, a déclenché une salve de critiques à Moscou.
Restons, s’il vous plaît, sur les sommets enneigés des Alpes, mais côté suisse, maintenant. À Davos très précisément. C’est dans cette station ultra-chic que s’est tenu, comme tous les ans, le Forum économique mondial. Mais d'économie il en a été peu question, tant le match Macron-Trump a tout capté. Le président français, chaussé de lunettes à la Top Gun, a fait un discours très offensif sur les valeurs de l’Europe. Son homologue américain, lui, a répondu en moquant son look et sa volonté d’empêcher Washington d’envahir le Groenland. Des propos méprisants et humiliants. Reste à savoir in fine pour qui…
Ah, le pouvoir ! Il est évidemment dans la démonstration lors d’un événement international, mais il est tout aussi fort en coulisses. Même lorsque l’on n’est qu’un conseiller de l’ombre, une éminence grise. C’est ce que nous montre avec brio Le Mage du Kremlin, le film qui fait un carton actuellement en France. Ce long métrage du réalisateur Olivier Assayas continue à faire beaucoup d’entrées chaque jour. Un exploit pour un sujet qui n’est pas forcément grand public. Mais il faut dire que l’adaptation de l’ouvrage éponyme de l’Italo-suisse Giuliano da Empoli est magistrale.
Sans plus tarder, je vous suggère de prendre place à bord de cet engin qui va nous transporter dans une région froide et austère, faite de cours d’eau, de forêts et de… bagnes. Bienvenue en Mordovie, terre célèbre pour ses goulags.
Dans un coin glacé de Mordovie, à 500 km à l’est de Moscou, un homme de 70 ans s’acharne à survivre. Jour après jour. D’ailleurs, lorsqu’il parle à sa famille et à ses amis au téléphone, environ deux fois par semaine, il n’a qu’une phrase, rapporte le quotidien Le Monde du 28 janvier : « Je suis vivant ». Son nom ? Iouri Dmitriev. Sa faute ? Être un historien, un spécialiste des crimes du Stalinisme. Une période que Poutine a décidé de glorifier au mépris de la vérité, et qui explique que ce prisonnier politique croupisse depuis 2016 au goulag.
Courchevel, paysage de carte postale et théâtre d’une débauche de luxe, étalée sur les réseaux sociaux. Le 15 janvier, comme le relate Le Figaro, Rendez-Vous, une chaîne de magasins de vêtements russe installée dans la prestigieuse station de ski française, a eu la mauvaise idée d’y célébrer ses 25 ans d’existence. Son programme ? Quatre jours de faste réservés à une poignée de VIP russes. Des célébrités et des influenceurs, dont Ksenia Sobtchak, la « Paris Hilton russe », fille d’un proche de Poutine.
Rien ne manquait pour éblouir ces personnalités habituées à mener grand train. Ski, balades e
À Davos, station de ski suisse où s’est tenu le Forum économique mondial, la scène aura marqué les esprits. Le 20 janvier, Emmanuel Macron débarque avec des lunettes d’aviateur bleutées façon Tom Cruise dans Top Gun. Un problème de vaisseau sanguin à l'œil l’oblige à se protéger. Son look plaît tant que le modèle « Pacific S 01 » de la marque française Henry Jullien voit ses ventes subitement exploser. Ainsi protégé, le chef de l’État se lance dans un réquisitoire sévère contre Trump, accusé de vouloir écraser l’Europe. Le lendemain, Donald Trump s’en saisit pour un numéro humiliant. « What t
C’est un sacré succès. Un triomphe. « Le tsar du box-office », osent même quelques médias. De fait, sorti le 21 janvier, le film Le Mage du Kremlin explose : plus de 30 000 entrées en France le premier jour. Le meilleur démarrage de la semaine, puis un classement en troisième position, sept jours plus tard, des longs métrages ayant accueilli le plus de spectateurs. Il faut dire que le récit d’Olivier Assayas, l'un des plus grands réalisateurs français, collectionne de nombreux atouts.
La matière brute, d’abord. Il s’agit de l’adaptation du best-seller éponyme de Giuliano da Empoli, ex-conseill