Le pouvoir, c'est celui du Pape François, qui d'un mot peut sauver tout un peuple ou, au contraire, signer sa condamnation à mort. On verra ce qu'il fera en Birmanie. Ou encore, celui de Christian Lindner, chef de file trentenaire d'un petit parti, le Parti libéral-démocrate, qui par la volonté des Allemands est parvenu à faire vaciller Angela Merkel. Mais c'est aussi celui d'un Emmanuel Macron qui gouverne en monarque, quitte à provoquer un sentiment de ras-le-bol chez les Français. La puissance de la décision s'incarne aussi par la tentative du Premier ministre français de réindustrialiser le pays. On voudrait tellement y croire.... Elle apparaît également dans la lutte contre le tabac que l'exécutif vient de relancer, sûr de son bon droit. Mais qu'en disent les Français ?
Et, maintenant, le monde entier, quelle idée va-t-il se faire du pape et de ses préceptes ? Tout dépend en fait de l’habileté dont il fera preuve en Birmanie. Face à une implacable junte militaire. Car voyez-vous, cette visite officielle s'effectue sur fond de crise des Rohingyas.
Le pape en Birmanie : Attention danger
L'intérêt avec ce pape-ci, du moins à mon goût, c'est que ses visites officielles sont tout autant spirituelles que politiques, et donc passionnantes à observer. C'est peut-être encore plus vrai cette fois-ci où il a entamé le 27 novembre un voyage en Birmanie, suivi d'un déplacement au Bangladesh voisin, dont il repartira le 2 décembre. Pourquoi cette visite en Asie, décidée il y a deux ans, est-elle si délicate et donc intéressante, me demanderez-vous ? Car elle va obliger François à opérer des choix, à dénoncer sans accuser. À faire de la Realpolitik et à se montrer diplomate.
Je vous rappelle les enjeux : d'un côté, la crise de Rohingyas. Une ethnie de confession musulmane opprimée, comme toutes les minorités, d'ailleurs, en Birmanie depuis la dictature militaire. Cet été, elle a subi un nettoyage ethnique dans ce pays où 88 % de la population est bouddhiste. Le pape, qui à de nombreuses reprises avait dit l'attention qu'il portait à cette question, s'y retrouve cette fois confronté directement. Comment va-t-il s'y prendre face à la junte militaire ?
L'homme qui a fait tomber Merkel
Il se fait greffer des cheveux, adore s'exhiber sur YouTube en tee shirt sur son canapé ou en train de se raser, demande à l'un des photographes de Sting de faire son cliché et parade au volant de sa Porsche 911. Christian Lindner bichonne tellement son ego surdimensionné qu'il en serait presque risible. Mais depuis le 19 novembre, les Allemands n'ont plus envie de se moquer de cette gravure de mode, ex-patron d'une agence de publicité reconverti en politique. Car « Selfie-Made Man » comme l'a surnommé Der Spiegel fragilise Angela Merkel, ébranle la stabilité du pays et, par là-même, celle de la zone euro.
Le leader du petit parti libéral, le FDP, a en effet claqué la porte des négociations en cours depuis le 18 octobre. Des négociations qui visaient à trouver une coalition de gouvernement entre des tendances aussi opposées que Les Verts, les conservateurs ( CDU de Merkel et CSU) et les libéraux. « Il est préférable de ne pas gouverner que de mal gouverner », s'est justifié le trentenaire – il n'a que 38 ans.
À lire les réactions des journaux, son explication n'a convaincu personne. « Le FDP n’a pas fait échouer la “coalition Jamaïque” par accident, mais intentionnellement, écrit
Macron sur tous les fronts. Gare à l'overdose
Je ne sais pas si vous connaissez les « Martine ». « Martine à la plage », « Martine fête son anniversaire », « Martine petit rat de l'opéra », « Martine adore son frère ».... Chaque situation de la vie courante est prétexte à construire une histoire avec Martine pour héroïne. Cette collection de livres pour petites filles qui existe depuis 1954 est un énorme succès : ils ont été traduits en une trentaine de langues. Comparaison n'est pas raison mais, lorsque j'observe la vie politique française actuelle, j'ai l'étrange impression de me retrouver dans les Martine. Sauf que…le personnage principal s'appelle Macron.
Ces dix derniers jours, on a ainsi « Macron choisit Castaner pour présider son mouvement »,
« Macron consulte en vue des élections européennes de… 2019 », « Macron et la politique de la ville, à Tourcoing », « Macron tente d'amadouer les maires à l'Elysée », puis « Macron parle aux maires de France », « Macron va remanier le gouvernement », « Macron à la journée des femmes », le 25 novembre.
Il n'y a pas un jour où le nom du président de la République n'apparaisse pas. À croire qu'il n'y a pas de gouvernement, de parlement, de mouvement politique. Il n'y a que
Industrie : c'est reparti pour un tour
Si j'étais raisonnable, j'arrêterais d'y croire. Cela fait maintenant des décennies que nos politiques de droite comme de gauche nous promettent une réindustrialisation de la France… sans que cet engagement soit suivi d'effet. Résultat, on frôle la catastrophe : la France se classe au huitième rang mondial des nations industrielles. Sa production manufacturière est inférieure de 7 % à celle d'avant la crise de 2008. Et, cerise sur le gâteau, les usines ont perdu un million d’emplois entre 1995 et 2013. Un million d'emplois ! C'est d'autant plus énorme que les ouvriers n'ont en général pas retrouvé de travail. Pour la bonne et simple raison qu'il n'y en a plus. Qu'il s'est délocalisé en Europe de l'Est, en Asie, ou ailleurs encore. Des territoires entiers vivent sous perfusion de l'État. C'est la déprime assurée. On s'étonnera ensuite que ces électeurs potentiels ne plébiscitent pas la mondialisation…
Donc, lorsque l'exécutif annonce le 20 novembre dernier sa volonté de relancer la machine, je me prends à espérer que cette fois-ci ça marche. Concrètement, que nous propose le Premier ministre ?
D'abord, de défendre nos grandes entreprises françaises, on appelle cela des fleurons, cont
Tabac : le nouveau tour de vis
La vitesse, l'alcool, le tabac, la sexualité, la dépendance aux jeux de hasard, l'addiction aux écrans… C'est extraordinaire comme l'État prend soin de nous ! Car oui, l'État est bon ! Non, il ne veut pas restreindre nos libertés mais désire au contraire nous protéger… de nous-mêmes. De nos petites faiblesses coupables. Tiens, je vous donne un exemple récent.
Le 16 novembre, au Sénat, a lieu un débat sur le renforcement de la lutte contre le tabagisme. Une grande tendance actuellement. Une sénatrice suggère alors qu'il faut s’intéresser « aux incitations culturelles à fumer. Je pense au cinéma qui valorise la pratique », explique-t-elle. Elle propose donc d'interdire la cigarette dans les films au motif que ces images banaliseraient le geste et pousseraient à la consommation. Or le tabac, première cause de mortalité évitable en France, tuerait chaque jour 200 personnes. L'élue se garde bien de préciser combien d'individus meurent quotidiennement des pollutions contre lesquelles les États refusent de lutter efficacement, mais… passons !
Ni une ni deux, la ministre de la santé acquiesce et annonce qu'une nouvelle loi est en préparation allant dans ce sens. Car 70 % des longs métrages