Pourvu que le nouveau gouvernement de coalition autrichien ne dure pas si longtemps. Formé de la droite conservatrice et de l'extrême droite, il va commencer à exercer ses fonctions dans les prochains jours. Une chose est certaine : les démocrates ne vont pas rigoler…
Autriche : Bruits de bottes
L'actualité est tellement foisonnante, les nouvelles se succèdent à un rythme trépidant de sorte que souvent j'ai tendance à passer de l'une à l'autre sans me préoccuper de la suite. Aussi, pour ne rien vous cacher, je m'étais empressée d' « oublier » si l'on peut dire que l'Autriche était sur une mauvaise pente. Mais depuis le 16 décembre dernier, il est impossible de continuer à regarder ailleurs. L'extrême droite revient en force à la tête de ce pays d'Europe centrale. Et franchement, ce n'est pas une bonne nouvelle.
Roumanie : l'indépendance de la justice en danger
Le plus frappant à Bucarest, ce sont les gens. Les visages fermés, les regards un peu fuyants, les conversations à mi-voix dans les transports. Loin de ces Roumains joviaux et fêtards, de ces latins de l'Est, que je côtoie à Paris. Lorsque de retour d'un séjour dans la capitale roumaine, j'ai livré mon sentiment à une amie, elle a eu cette explication : « Evidemment, les gens redeviennent comme avant ! ».
Avant, c'était à l'époque communiste, où survivre était un combat de chaque instant. Si la situation économique s'est améliorée, la population a encore du mal à joindre les deux bouts. Mais « avant » renvoie aussi au temps de la corruption massive qui a gangrené ce que le Conducător appelait le paradis des prolétaires. Or, si depuis son adhésion à l'Union européenne en 2007, la Roumanie a mené une politique sans concession pour lutter contre ce fléau, le pays fait désormais marche arrière.
Les sociaux-démocrates au pouvoir depuis décembre 2016 sont en train de faire voter trois textes qui affaiblissent l'indépendance de la justice dans sa lutte contre la corruption. Le 7 décembre, un premier a été adopté par les députés. Les deux autres le seront avant la fin décembre. Ils devraie
Macron veut sauver le monde
Un micro-cravate accroché à sa veste, il arpente « La Scène musicale » bâtie sur l'île Séguin, là où se dressaient naguère les usines Renault. Dans ce complexe culturel de Boulogne-Billancourt, à deux pas de Paris, les mots d'Emmanuel Macron claquent comme une gifle : « On est en train de perdre la bataille », « On ne va pas assez vite et c'est ça le drame. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas », « On aura tous à rendre des comptes », « le train du climat n'attend pas ».... Deux ans, jour pour jour, après la signature de l'Accord de Paris sur le climat, le président français veut réveiller les consciences. Obliger les grands de la planète à agir pour l'environnement. À trouver des financements pour la lutte contre le réchauffement climatique.
Alors, il les a réunis. C'était le 12 décembre lors du « One Planet Summit », un mini-sommet d'une journée organisé par l'Elysée, en dehors des négociations faites dans le cadre de l'ONU qui venaient de s'achever quelques semaines plus tôt. Le calendrier pouvait paraître un peu surprenant, Macron n'en a que faire ! Mais du coup, il n'y avait pas vraiment foule. Outre quelques organisations internationales, des entreprises et des ONG, une q
Soyez Zen
L'initiative est incroyable. Du moins pour la France. Le 12 décembre dernier, une cinquantaine de personnes, des députés et des collaborateurs, ont participé à une présentation de la méditation en pleine conscience. Sous les ors et les dorures de la République, le psychiatre Christophe André, praticien à l’hôpital Sainte-Anne et célèbre pour ses livres à succès, a expliqué à nos représentants les bienfaits de cette pratique indienne ancestrale sur le stress et les émotions. À partir du mois de janvier, un cours devrait d'ailleurs leur être proposé chaque semaine, à l'Assemblée nationale.
À l'origine de cette idée, la député socialiste Delphine Batho et son homologue d'En Marche, Pacôme Rupin. « La méditation est recommandée pour les responsables politiques », estime ce diplômé en méditation et neurosciences, et pratiquant depuis quatre ans. « Un travail sur notre intériorité peut nous aider à prendre du recul et à mieux gérer des situations tendues. » Et Dieu sait qu'elles sont légions au Palais Bourbon !
C'est également le commentaire que les élus britanniques ont pu faire, eux qui, depuis 2013, bénéficient d'un programme baptisé « Mindful nation », à la Chambre des communes. Prog
L'omerta à la radio publique
J'ai grandi avec France Inter. Ma grand-mère déjà écoutait cette radio du service public, puis mes parents et, tout naturellement, j'ai suivi. Ces grandes voix m'ont accompagnée tout au long de ma vie, de sorte que j'ai l'impression parfois qu'elles font un peu partie de ma famille. Aussi en apprenant que l'une d'elles avait largement failli, je me suis sentie trahie. Flouée. Car bien que les responsables de cette radio connaissent parfaitement la faiblesse de Patrice Bertin, ils l'ont laissé à l'antenne. Ils se sont tus pendant trente ans.
Bien sûr, les temps étaient autres et Patrice Bertin, un sacré journaliste. Un exemple pour la profession. En trente-cinq ans, il a été tour à tour vedette du journal de 19h, chef de l’info, directeur adjoint de la station, puis directeur de la rédaction et conseiller à la présidence de Radio France. Un monument du journalisme radiophonique. Et malgré ces trois dernières années à la direction des programmes « seulement », rien n'entame son aura. Il aura fallu que Le Monde et le site Mediapart enquêtent pour que le scandale éclate. Et que l'on apprenne, les 10 et 11 décembre, que Bertin était accusé par quatre femmes au moins de harcèlement sexu