Ne nous laissons pas non plus manipuler par les extrémistes. C'est du moins le message que ma modeste personne voudrait faire passer après la manifestation de samedi, à Varsovie.
Manifestation nationaliste à Varsovie. Le début de la fin ?
Je sais, c'est facile. Mais il arrive un moment où juste dire ce que l'on voit suffit à décrire l'atmosphère d'une manifestation. À décrypter le message politique. Alors, allons-y. Démarrons avec les mots d'ordre – « Nous voulons Dieu », « Dieu, honneur et patrie », « Gloire à nos héros » – puis passons au politique – « À coups de marteau, à coups de faucille, battre la racaille rouge » – pour glisser vers la xénophobie – « La Pologne pure, la Pologne blanche », « Foutez le camp avec vos réfugiés » et terminer sur un appel au meurtre de masse : « Priez pour un holocauste des islamistes ». S’il est inutile de commenter ces appels à commettre un génocide et au repli sur soi, il me paraît en revanche important de préciser qu'ils ont été proférés en Europe, en 2017. Et plus exactement, à Varsovie, en Pologne, le samedi 11 novembre, lors de l'un des plus grands rassemblements de l'extrême droite de ces dernières années.
Les Paradise Papers, ou comment faire confiance à ceux qui nous dirigent ?
Chaque jour amène son lot de révélations et de surprises. Oh, la liste n'est jamais exhaustive, c'est impossible, mais elle a au moins le mérite de donner un aperçu de l'ampleur des dégâts causés par l'optimisation fiscale, une pratique qui permet aux grosses fortunes et multinationales d'échapper au fisc. En toute légalité. C'est le tout dernier scandale planétaire et il porte le joli nom de « Paradise Papers ».
Dix-huit mois après les « Panama Papers », le Consortium international des journalistes d’investigation se penche sur des millions de documents, issus pour l'essentiel du cabinet international d’avocats Appleby, basé aux Bermudes. Quatre cents journalistes ont travaillé dessus pendant un an. Et depuis le 6 novembre, 96 médias, dont Le Monde, dévoilent les secrets de ce business offshore.
Allez, je ne résiste plus au plaisir de vous livrer quelques noms. Les politiques, d'abord. La reine d’Angleterre – oui, Elisabeth II ! – détient des intérêts dans plusieurs fonds d’investissement installés dans des paradis fiscaux. Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a administré une société enregistrée aux Bermudes, le conseiller économique de la Maison Blanche, Gary Cohn, en
Pénurie de beurre en France : un scandale et une honte
Jusqu'ici, tout allait bien. Bien sûr, comme tout le monde, j'avais entendu parler d'une pénurie de beurre en France, mais la nouvelle me laissait indifférente. Dans tous les commerces où je me rendais, je voyais les différentes marques de la matière grasse en vente. Les quantités en rayon me paraissaient suffisantes. J'étais donc à deux doigts de penser que nous avions affaire à un coup de communication. Cette annonce… ne correspond pas à la réalité, je pensais.
Puis, il y a quelques jours, j'ai eu un choc. Dans mon supermarché habituel, le beurre avait disparu. Les étagères réfrigérées étaient... vides ! Et quelle n'a pas été ensuite ma surprise de constater que la plupart des grandes surfaces vendaient de tout sauf du beurre. C'est vrai à Paris comme dans tout le pays, y compris dans des régions comme la Bretagne ou la Normandie, pourtant productrices de beurre. Selon une enquête du quotidien Le Monde datée du 6 novembre, entre le 23 et le 30 octobre, « il manquait la moitié de l’offre dans les rayons – contre 30 % la semaine précédente, alors que la situation était à ce moment là déjà qualifiée d’inédite. » Je l'avoue tout net cette disette est hélas une spécificité française.
Charlie Hebdo à nouveau dans l'œil du cyclone. Ou le droit à la caricature
Les mots font froid dans le dos. « On va vous égorger » ; « Deuxième round à venir à Charlie » ; « Si personne se décide, moi, j’irai »…Voici quelques-unes des centaines d'intimidations que le journal satirique et anticlérical, Charlie Hebdo, reçoit depuis le 1er novembre dernier et qui expliquent qu'il a porté plainte pour « menaces de mort » et « apologie publique d'un acte de terrorisme ». Prenant très au sérieux ces appels au meurtre, le parquet a d'ailleurs ouvert, le 6 novembre dernier, une enquête préliminaire. Personne en France n'a oublié l'attaque terroriste du 7 janvier 2015 contre l'hebdomadaire qui avait fait douze morts, dont huit membres de la rédaction.
Cette fois, c'est moins la religion qui est caricaturée que l'une de ses figures les plus médiatiques en France, Tariq Ramadan. Le fringant islamologue est accusé, depuis peu, de viol par deux jeunes femmes. « Charlie » a donc choisi de lui consacrer sa une. Et pourquoi pas ? Sous le titre : « Viol, la défense de Tariq Ramadan », on voit l'universitaire suisse en érection affirmant : « Je suis le 6ème pilier de l'Islam ». Au pays de Voltaire, un simple dessin et quelques mots… suffisent à déchaîner une vraie folie me
Prix littéraires, ou ce que ces livres disent – peut-être – sur notre époque
Ils descendent lentement le mythique escalier Ruhlmann du tout aussi mythique restaurant parisien, Drouant. Les flashs crépitent et les caméras se bousculent. À l'extérieur de cet établissement ouvert en 1880, huit policiers pour gérer le flot des journalistes et endiguer celui des curieux. Encore quelques secondes et Didier Decoin va annoncer le lauréat du prix Goncourt 2017. Le Tout Paris réuni pour le plus grand événement littéraire de l'année retient son souffle. Puis, Decoin rompt enfin le suspens. Le Goncourt est attribué à Eric Vuillard pour « L’ordre du jour », aux Éditions Actes Sud. Immédiatement, Frédéric Beigbeder, qui préside le jury du Renaudot, enchaîne. Le vainqueur de cet autre prix s'appelle Olivier Guez pour « La disparition de Josef Mengele », aux Éditions Grasset. Il est un peu plus de 12h45 en ce 6 novembre ensoleillé et l'assemblée peut reprendre ses agapes. Car on mange bien chez Drouant. Et particulièrement ce jour-là. Huîtres, pâté en croûte, Saint-Jacques, homard, poule faisane, fromage et dessert. Le tout accompagné de Margaux, Pouilly-fuissé et deux cuvées de Champagne. Qui dit mieux ?
Si ces festivités constituent bien sûr un moment particulier dans la