Suite à la tuerie de Las Vegas il y a une dizaine de jours, commençons par réfléchir sur ce problème uniquement américain : le contrôle des armes.
Je vous propose d’en faire le Featured Topic de notre Speaking Studio cette semaine.
Le contrôle des armes : impossible aux États-Unis
Le massacre de Las Vegas, le 1er octobre, l’un des plus meurtriers de l’histoire des États-Unis, n’est que le dernier en date d’une longue série : à ne remonter qu’au 12 juin 2016, soit dans les seize derniers mois, un éditorial du New York Times note laconiquement : « 477 jours. 521 tueries de masse. Zéro action de la part du Congrès. »
Demain, tous végans ?
Peut-on manger du tofu et être heureux ? Surtout en France, où la gastronomie traditionnelle garde une place centrale à la viande.
Le 23 septembre dernier, un débat organisé par le journal Le Monde mettait en présence d’une part Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214 (L214 est un article du code rural qui définit les animaux comme des êtres sensibles) et Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, d’autre part.
Madame Lambert a notamment dénoncé les vidéos prises secrètement dans des abattoirs et diffusées sur les réseaux sociaux par L214 – vidéos qui ont indigné un grand nombre de gens, sans nécessairement les convaincre. Même sans beaucoup de sympathie pour l’élevage industriel, on continue à consommer viandes et autres produits animaliers, que ce soit par envie, par goût, ou simplement par habitude.
Comme vous le savez, le véganisme, un mouvement fondé par l’Anglais Donald Watson en 1944, repose sur le refus de toute forme d’exploitation animale, selon le principe que les animaux ne sont pas une ressource à notre disposition mais nos cohabitants sur la planète.
Brigitte Gothière explique qu’un monde végan serait
Le chiffonnier parisien, pionnier du recyclage
Une illustration datant de 1819 et reproduite dans le journal Le Monde du 28 septembre, représente un chiffonnier parisien au travail. L’article est consacré à un livre récemment paru, Les Chiffonniers de Paris, d’Antoine Compagnon.
« On y trouve les trois éléments qui définissent le chiffonnier », explique l’auteur : « le crochet avec lequel il fouille le coin des bornes, la hotte où il recueille ce qu’il trouve, et la lanterne qui l’éclaire la nuit (au mépris des ordonnances de police). »
Avant l’invention de la pâte issue de la fibre de bois, le papier (inventé par les Chinois au 3 >ème siècle avant l’ère chrétienne) était fabriqué à partir de vieux chiffons recyclés.
Au 19ème siècle, l’imprimerie et la presse qui se développaient à un rythme accéléré ont créé une demande croissante de papier. Le chiffonnage est ainsi devenu, pendant une soixantaine d’années, une profession cruciale, et réglementée : 6 000 chiffonniers étaient enregistrés à la fin du Second Empire, mais il y en avait bien sûr beaucoup plus.
Préfigurant notre préoccupation actuelle, le recyclage était la règle à cette époque.
L’auteur cite Victor Hugo qui, dans Les Misérables, mentionne que rien ne se perdait : les
Le français, assiégé par l’anglais ?
L’autre jour, j’étais en conversation avec ma sœur, qui ne parle pas anglais, lorsqu’un mot utilisé par elle m’a forcé à l’interrompre : j’entendais quelque chose comme « beurre-naute ». Même après le lui avoir fait répéter, je ne comprenais toujours pas. – « C’est un mot anglais », dit-elle, « b-u-r-n-o-u-t » . Burnout. Évidemment !
Nous nous taquinons souvent, elle et moi, sur le sujet des anglicismes qui pénètrent – ou devrais-je dire qui infectent ? – de plus en plus la langue française.
Ce n’est pas un problème nouveau. En 1964, déjà, l’écrivain et polémiste Étiemble publiait son fameux livre Parlez-vous franglais ? Mais sa critique, et les efforts de l’Académie française pour préserver la pureté de la langue n’ont pas empêché les choses d’empirer.
Pour être clair, j’adore l’anglais mais je trouve dommage et un peu ridicule la tendance de parsemer la conversation de mots anglais simplement parce que c’est… cool. Dommage parce qu’il existe le plus souvent un équivalent français – épuisement dans le cas de burnout. Ridicule parce que cela trahit un conformisme servile.
La cause de ce phénomène est évidente : depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les Ét
Yémen, la guerre occultée
Le golfe d’Aden dans la mer d’Arabie est l’une des grand-routes du commerce mondial : les porte-conteneurs et les pétroliers – protégés contre les pirates par des navires de guerre – y défilent continuellement en direction de la mer Rouge, du golfe d’Oman, et du sous-continent indien.
Sur la côte nord du golfe s’étend le Yémen, jadis le théâtre des contes des Mille et une Nuits, plus récemment l’un des pays les plus pauvres du monde, et aujourd’hui en voie de destruction totale par la guerre, la famine et le choléra, au milieu d’une indifférence presque générale.
La guerre au Yémen oppose d’un côté des forces pro-gouvernementales, soutenues par une coalition d’États arabes sous la direction de l’Arabie saoudite et regroupées dans le Sud, et de l’autre, les rebelles houthistes et les fidèles de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, soutenus par l’Iran, qui contrôlent Sanaa, la capitale, et le nord du pays depuis septembre 2014.
Il s’agit bien d’une guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui se disputent la prépondérance au Moyen Orient. C’est aussi un conflit religieux entre deux branches de l’Islam : l’Iran est en majorité chiite, l’Arabie saoudite est en majorité sun