En France, fort de sa baisse dans les sondages, le gouvernement Macron a passé les deux derniers mois à déminer le terrain. Résultat : le code du travail commence à être détricoté et, surprise, les syndicats ne bougent pas. Peu de voix se font également entendre dans un autre domaine : celui du procès d'une mère de djihadiste. Avait-elle le droit d'aider son fils à partir en Syrie ? Il y a des moments où le silence est d'or. Ce n'est pas l'avis de Leïla Slimani dont le livre sur la sexualité au Maroc vient d'être sélectionné pour le prix Renaudot. Et oui, ça y est, nous y sommes à la fameuse rentrée littéraire. Et je ne peux vous promettre qu'une chose : ça va castagner !
« À l'aide ! Nous sommes pris au piège sur une petite île contrôlée par des cinglés! ». Voilà certaines des pancartes que l'on pouvait lire à la marche du 9 septembre à Londres. Objectif : Demander à Theresa May de renoncer au Brexit. Mais comment y arriver ? Et avec quelle légitimité ? C’est parce que cette situation soulève des questions difficiles que je vous propose de faire de ce sujet le Featured Topic de notre session de Speaking Studio cette semaine.
Marche contre le Brexit à Londres
David y était-il ? J'avoue que je n'ai pas appelé ma cousine pour savoir si son mari a défilé avec ses compatriotes, le 9 septembre à Londres, pour demander à Theresa May de renoncer au Brexit. J'ignore s’il faisait partie de ces milliers de Britanniques qui par des actions de protestation pensent pouvoir obliger les politiciens à revenir sur ce divorce. Je ne sais même pas s’il adhère à cette stratégie imaginée par « La marche du peuple pour l'Europe », le groupe qui a appelé à manifester en ce samedi après-midi, entre Hyde Park et Westminster. Et ce… pour la troisième fois depuis le référendum du 23 juin 2016.
Le non de Merkel à la Turquie
La tension est à son comble en ce 3 septembre. Répartis sur quatre chaînes de télé, vingt millions de téléspectateurs assistent à ce duel inégal. D'un côté, le poids lourd, Angela Merkel, chancelière allemande et candidate à un quatrième mandat, le 24 septembre prochain. De l'autre, le challenger, Martin Schulz, représentant des sociaux-démocrates ( SPD), en retard d'une quinzaine de points sur sa rivale. Ce débat, le seul de cette élection, semble joué d'avance. Pourtant, en ce début de soirée, le leader du SPD veut encore y croire.
Avec le premier thème, l'immigration, Schulz reproche à Merkel d'avoir décidé seule de l'ouverture des frontières aux réfugiés. Sur la défensive, elle concède qu’il y a « un problème d'intégration ».
Il tente alors de pousser l'avantage avec l'entrée de la Turquie en Europe. Le social-démocrate dit vouloir la fin des discussions d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne. Surprise, elle se tait. Un temps. Puis, rétorque sans ciller : « Je ne vois pas l'adhésion arriver et je n'ai jamais cru que cela puisse survenir ». Elle ajoute : « Je discuterai avec mes collègues pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune à ce sujet afin que nous puissi
Les syndicats français KO. Ou presque
Vous avez remarqué ? On a des cracks au gouvernement. Des cadors, des as de l'embrouille, des champions en séduction. Parce que sinon je ne vois pas comment expliquer que la réforme ultra libérale de notre code du travail ne déclenche pas l'ire des syndicats.
Imaginez que le 22 septembre, seront adoptées en conseil des ministres six ordonnances qui renforcent les pouvoirs des chefs d'entreprises sur les salariés. C'est presque un siècle de conquêtes sociales remises en question, au nom de la nécessaire adaptation à la réalité économique. À la fin du mois, ces textes entreront en vigueur… et personne ne proteste. Ou si peu. À croire que nos syndicats, d'habitude si prompts à occuper la rue, ont été ensorcelés. Courtisés, puis anesthésiés… seraient peut-être des termes plus justes. Car en réalité, le Premier ministre et sa ministre du travail ont été extrêmement habiles dans la gestion des contre-pouvoirs. Je vous raconte cette grande leçon de politique.
Premier acte, le gouvernement à peine formé annonce qu'il va s'attaquer au code du travail, responsable, selon lui, d'une partie du chômage de masse que la France connaît depuis près de trente ans. Ce fameux code constitué d'un empil
La mère d'un djihadiste français jugée pour financement du terrorisme
C'est l'une de ces histoires passionnantes à entendre mais qu'aucun d'entre nous ne voudrait vivre pour rien au monde. C'est l'un de ces gestes que l'on fait, sans même vraiment y réfléchir, parce que lorsqu'un enfant, votre enfant, vous appelle au secours, vous accourez. Vous tentez de le sauver, lui qui, pourtant, est devenu un meurtrier.
Le procès de Nathalie Haddadi s'est tenu le 5 septembre au Tribunal correctionnel de Paris. Le 28 septembre prochain, le jugement sera rendu. Le procureur a requis dix-huit mois de prison pour « financement du terrorisme » et « complicité de violation de l’interdiction de sortie du territoire ». La quadragénaire est groggy. Il est quatre heures du matin et elle vient de passer douze heures à essayer d'expliquer ses motivations.
La voix faible, le regard un peu perdu, Nathalie revient sur son parcours. Née en Algérie, elle s'installe en France en 2003 et travaille dans l'est de la France, comme conseillère commerciale. Son mari, lui, reste au pays. L'aîné des garçons, Abbes Bounaga, pose très vite problème. Vols, trafic de drogue, violences. En 2014, il est emprisonné à Strasbourg. Entré comme petit délinquant, il ressort cependant en djihadiste
Le bal des grands prix littéraires débute
Mon Dieu, que tout cela est chic et délicieusement parisien ! Après la rentrée des classes, démarre la rentrée littéraire, un moment médiatique et culturel capital dans ce pays qui se veut encore le champion mondial de la littérature. Certes, sur les 517 romans attendus en librairie d'ici à la mi-octobre, dont 390 français, la qualité laisse parfois à désirer. Mais heureusement, il y a nos fameux prix qui mettent un peu d'ordre dans tout cela.
Pendant plusieurs semaines, les passionnés de lecture vont se déchirer afin de savoir qui mérite le Goncourt, le plus important, le Renaudot, le Femina, l'Interallié, le Médicis… pour ne parler que des plus prestigieuses récompenses. Car les médias distribuent aussi leur bon point, et le font savoir. Toute cette excitation du petit milieu littéraire parisien peut paraître un peu surjouée et vaine face à la gravité de l'actualité internationale, c'est vrai. Mais c'est une vision très simpliste. Je vous donne un exemple.
Le 4 septembre, le jury du Renaudot a ouvert le bal. Il sera suivi, le 13 septembre, par celui du Médicis, et le 14 par le Fémina. À peine, la liste de ces 21 romans et essais est-elle connue qu'un nom retient mon attention :