À l’international, la politique s’est invitée dans les relations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne et elle s’est exprimée sous la forme d’un conflit économique. De fortes tensions commerciales depuis que Donald Trump s’est mis en tête de punir les Européens. Menaces de nouveaux droits de douane, insultes, tout y passe pour essayer de faire plier Bruxelles, qui relativise les intimidations. La politique est un rapport de forces. La diplomatie, aussi. Mais cette dernière a au moins le mérite de donner une chance au dialogue apaisé. Il est temps que Trump se conduise comme un homme d’État.
En France, ces jours-ci, la politique a rimé avec populisme. L’extrême droite de Marine Le Pen a organisé sa traditionnelle cérémonie du 1er mai à Mâcon, une petite ville de Bourgogne. Dans leurs discours, la leader du Rassemblement national et son dauphin ont remis en avant les thèmes de la préférence nationale, de l’immigration et du sentiment de déclassement. On aurait pu éviter de mentionner cette démonstration de démagogie, si le parti n’était pas en tête dans les sondages pour 2027.
Signe des temps, peut-être, le monde culturel met un point d’honneur à participer à la critique de la société. Le Festival de Cannes 2026, qui a démarré hier, revendique une programmation particulièrement engagée, marquée par les guerres, les mémoires historiques et les atteintes aux libertés démocratiques. Plusieurs films sélectionnés interrogent aussi directement les fractures du monde contemporain, confirmant ainsi la volonté du festival de faire du cinéma un espace de réflexion et de résistance.
Enfin, même la cérémonie des Molières a pris, cette année, une tonalité revendicative. Derrière les récompenses et les hommages au théâtre, de nombreux artistes ont exprimé à haute voix leurs inquiétudes face aux difficultés économiques du secteur et à la montée des intolérances.
Un nouveau coup d’éclat. Ces derniers jours, Donald Trump n’a pas pu s’empêcher d’envoyer sur son réseau social un message menaçant aux Européens. Et c’est reparti pour un énième conflit !
L’avantage avec Donald Trump, c’est qu’il assure le show. Une idée au moins par jour, toutes plus saugrenues les unes que les autres. C’est ainsi que le président des États-Unis, frustré que ses alliés européens ne lui obéissent pas au doigt et à l’œil, a décidé de relancer la guerre commerciale.
Vendredi 1er mai, Trump a menacé à nouveau l’Union européenne de sanctions douanières. Sur son réseau Truth Social, il a annoncé une hausse des taxes sur les voitures et les camions européens : 25 %, contre 15 % aujourd’hui. Une décision censée entrer en vigueur dès le 11 mai.
Dans une mise en scène qui se voulait solennelle, Marine Le Pen a démarré le 1ᵉʳ mai par un rituel désormais bien établi : un hommage à Jeanne d’Arc. Un classique chez Le Pen père, perpétué par Le Pen fille. Mais cette année encore, pas de commémoration au pied de la statue parisienne, à deux pas du Louvre. Non, cap sur la Bourgogne ! Direction Alise-Sainte-Reine, une modeste commune de Côte-d’Or, où la députée d’extrême droite est venue déposer une gerbe, accompagnée d’un élu local… mis à l’index pour ses publications racistes et anti-vaccins.
Changement de décor dans l’après-midi : Mâcon, en Saône-et-Loire. Dans la salle du Spot, près de 5 000 sympathisants attendent leurs leaders : Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le public est acquis à la cause, impatient de voir ses chefs ensemble sur l’estrade. Marine, comme l’appellent ses soutiens, prend la parole. Elle répète ses classiques : nécessité de défendre une « identité sociale et économique » française, besoin d’une protection sociale recentrée à l’échelle nationale. Le discours est rodé, Jordan Bardella enchaîne. Avec autant de succès.
Ce qui, cependant, se veut une démonstration de force politique est en réalité le dernier spec
La montée des vingt-quatre marches a toujours été un moment d’extravagance. En 2022, par exemple, Tom Cruise arrivait au son des avions de chasse pour présenter Top Gun : Maverick. Deux ans plus tard, Bella Hadid défiait presque le règlement avec une robe transparente devenue virale. Entre tenues exubérantes, yachts luxueux amarrés face à la Croisette et soirées privées sous très haute sécurité, le Festival de Cannes fait, chaque année, lui aussi, son cinéma. Là, le spectacle est au moins autant dans les salles noires qu’à l’extérieur du Palais des Festivals.
Cette 79e édition, qui se tiendra du 12 au 23 mai, s’annonce particulièrement politique. Dans un monde marqué par les guerres, les fragilités des démocraties, et les débats autour de l’intelligence artificielle, Iris Knobloch, présidente du Festival, a insisté sur le rôle de Cannes comme espace de résistance culturelle. « Nous ne fermons pas les yeux », a-t-elle affirmé lors de la conférence de presse présentant l'événement, le 9 avril dernier. Elle a aussi rappelé que le rôle du Festival, né dans un monde en crise en 1939, est de « donner de la visibilité » aux œuvres cinématographiques sous pression politique.
Cette année, le
Aux Molières, les applaudissements avaient cette année un goût amer. Lundi 4 mai, pour la 37e cérémonie du théâtre français, retransmise en prime time sur la chaîne publique France 2, les paillettes n’ont pas tout à fait réussi à masquer les inquiétudes d’un secteur sous tension. Comme toujours, la ministre de la Culture a servi de cible. Catherine Pégard, fraîchement nommée rue de Valois, a encaissé les piques destinées à sa prédécesseuse, Rachida Dati, qui était détestée du milieu artistique. Mais, fait rare, aucun scandale n’a éclaté.
Il faut dire que le principal syndicat, la Confédération Générale du Travail, n’avait pas été invité à prendre la parole alors qu’un vaste plan de licenciements secoue tout le secteur culturel, faute de finances. Les festivals de l’été, dont le fameux Avignon, sont menacés. Sans parler des petits théâtres…
Sur scène, des premiers aux derniers lauréats, les discours ont laissé filtrer une inquiétude diffuse, presque sourde, face à l’état du monde culturel. C’est Alex Vizorek qui a donné le ton. Pour la troisième fois maître de cérémonie, l’humoriste belge a déroulé les reproches avec ironie : manque d’argent, narcissisme, misogynie, conformisme, extr