De la bravoure, il en a fallu à la Commission européenne pour dire « Stop ! » à la Chine. Un moment inattendu pour ce gouvernement de l’UE, souvent jugé technocratique et timoré. Il a osé présenter un projet de loi sur un protectionnisme industriel européen, encore fragile, mais révélateur d’un changement. Il aurait eu tort de se priver. Pékin comme Washington font de même de manière déguisée. Tout-puissant, l’Empire du Milieu menace les 27 de rétorsions. L’Europe tient bon et réaffirme son droit à la souveraineté économique dans un monde sous tension.
En France, l’effort est passé par une prise de conscience. Il a fallu regarder en face la faiblesse des capacités militaires. Après des décennies de désarmement et de budgets contraints, Paris a compris qu’il fallait changer de trajectoire. Se hisser collectivement à la hauteur des dangers pour reconstruire une armée crédible. Ultra-moderniser, coûte que coûte, avec un objectif clair : être prêt en 2030. Ce mouvement trouve sa traduction concrète dans « Orion », cet exercice militaire grandeur nature, symbole d’un saut capacitaire et opérationnel.
Gabriel Attal sait qu’il devra, lui aussi, franchir un cap. Aller au-delà de sa réserve, de sa pudeur, pour viser plus haut. L’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron s’engage dans une ambition qui exige des renoncements. Se raconter, exposer une part intime de lui-même, est un levier politique. Dans son tout nouvel ouvrage, En homme libre, il met en scène cette histoire personnelle pour tenter de s’attirer les sympathies de potentiels futurs électeurs.
Enfin, chez certains jeunes, le dépassement devient une obsession. Réussir, performer, intégrer les meilleures écoles ou tenir le rythme d’études exigeantes impose une pression constante. Ils veulent aller plus loin, toujours plus loin. Mais cet effort intense s’accompagne parfois de dérives. Les psychostimulants deviennent l’un de leurs outils. Ils se dopent pour faire la course en tête. Et comme le montre une enquête du Monde, ce choix n’est pas sans conséquences. Pourtant, pour eux, c’est le prix à payer pour dépasser les autres. Et eux-mêmes.
Commençons, si vous le voulez bien, en faisant un zoom sur un conflit de plus en plus visible : celui qui oppose l’Europe à la Chine. À l’origine de cette bataille, il y a un projet de loi à Bruxelles sur la préférence industrielle.
Et si le simple fait de se défendre était déjà perçu comme une provocation ? C’est le sentiment qui prédomine après la nouvelle passe d’armes entre la Chine et l’Union européenne. Jugez plutôt !
Lundi 27 avril, Pékin hausse le ton. Dans un communiqué de presse inhabituellement offensif, le ministère du Commerce prévient que si Bruxelles adopte un texte qu’il juge désastreux pour les intérêts chinois et continue à ignorer ses « suggestions », des contre-mesures seront prises.
Une guerre sans vainqueur ni vaincu, mais avec un message politique clair : la France se prépare. Jeudi 30 avril, entre les champs jaunes de colza de l’est de la France, l’exercice militaire Orion s’achève dans les camps d’entraînement militaires de Suippes et Mailly-le-Camp. Sous les yeux satisfaits – rassurés ? – d’Emmanuel Macron, venu clore le plus vaste exercice d’entraînement de la France depuis la fin de la guerre froide. Hélicoptères Caïman en raid, frappes sur « cibles à haute valeur », tirs d’artillerie guidés par drones, essaims de drones… le chef de l’État a qualifié cette démonstration de « succès ». Elle constitue, selon lui, « un signal clair envoyé tout à la fois à nos alliés et à nos adversaires ».
À l’Élysée, la parole est également sans ambiguïté : « Orion est un laboratoire grandeur nature de la guerre de demain. » Un scénario fictif de guerre qui tire des leçons de la guerre en Ukraine et tente de s’y adapter. Ainsi, cet entraînement a permis de juxtaposer la maîtrise d’armes hypertechnologiques et la bataille sur le terrain, plus prosaïque, dans les tranchées et la boue.
L’exercice s’est déroulé en quatre phases étalées sur quatre mois avec l’implication de 12
Mercredi 22 avril, Gabriel Attal est tout sourire. Un stylo à la main, dans une librairie du très chic 16e arrondissement, l’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron dédicace son tout nouvel ouvrage : En homme libre. Entouré de cadres du parti qu’il préside, Renaissance, il ne fait pas véritablement un exercice littéraire. Il donne plutôt le coup d’envoi de sa course à l’élection présidentielle.
À 37 ans, le jeune loup du parti présidentiel s’inscrit dans une tradition bien établie : celle des prétendants à l’Élysée qui publient un livre pour façonner leur image. Capter l’attention des Français. Se rendre sympathique. Pour ce faire, Attal dévoile sa vie intime. Il se découvre, persuadé que le récit de son parcours personnel peut renforcer sa crédibilité politique.
Ainsi, sans pudeur, il y évoque notamment la mort de son père, ses blessures familiales, sa sexualité et l’homophobie dont il dit avoir été la cible. Il juge nécessaire d’officialiser sa relation avec le commissaire européen français, Stéphane Séjourné. Reste à savoir si le registre personnel va suffire à l’humaniser, lui qui est souvent perçu comme technocratique et ambitieux.
Pour convaincre de ses compétences, l’ancien
On les appelle les « smart drugs » et elles commencent à faire des ravages, si l’on en croit une longue enquête publiée dans Le Monde. Initialement prescrites pour traiter le TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), ces médicaments sont aujourd’hui détournés par un nombre croissant d’étudiants. Le but : améliorer leurs performances. Quitte à mettre leur santé en danger.
Naya, 20 ans, se souvient encore de sa première prise de méthylphénidate, le principe actif de la Ritaline. Bloquée dans ses révisions, l’étudiante en master d’affaires publiques accepte un comprimé proposé par une amie diagnostiquée, elle, TDAH. Presque immédiatement, elle ressent une concentration intense. Inhabituelle. Un « coup de boost » intellectuel qui la pousse à renouveler l’expérience à chaque grosse charge de travail. En toute illégalité. Mais elle n’est apparemment pas la seule.
Selon une enquête menée en 2017 et 2018 auprès de plus de 46 000 jeunes, près d’un quart des 18- 25 ans a déjà avalé des substances psychoactives. Ce sont plus particulièrement des étudiants inscrits dans des filières exigeantes, comme la santé et le droit-économie. Pression scolaire oblige. Dans les études où le