La transition est d’abord politique. En Europe, un virage sécuritaire est en passe d’être acté. Un texte pour, entre autres, renvoyer les sans-papiers dans des hubs en dehors de l’UE a été voté par la droite et l’extrême droite. Si ces nouvelles règles étaient définitivement adoptées, elles pourraient être appliquées dès cet été et redéfinir l’identité même du continent. On passerait alors d’une terre refuge à un territoire qui met en danger les personnes les plus vulnérables. Une évolution dont on se passerait bien.
En France, les élections municipales ont mis en évidence un changement depuis longtemps perceptible. Certes, les partis traditionnels restent majoritairement aux commandes des mairies. La droite se retrouve à la tête du plus grand nombre de municipalités, suivie par la gauche socialiste, puis les centristes. Mais les extrêmes montent inexorablement. Pour la première fois, un grand nombre d’élus de l’extrême droite de Marine Le Pen et de l’extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon vont siéger dans des conseils municipaux. Ces hommes et ces femmes sont bien décidés à faire entendre leur voix, à peser sur les décisions, quitte à bloquer le système démocratique. Sans résistance de notre part, ils vont essayer de nous faire adopter de nouvelles pratiques politiques et citoyennes.
La transition est également économique. La reprise de la verrerie Arc en constitue un bel exemple. Héritière d’un savoir-faire qui remonte au XIXème siècle et d’une histoire industrielle forte, l’entreprise qui était en redressement judiciaire vient de passer dans de nouvelles mains. Mais chacun a bien conscience que plus rien ne sera comme avant. Arc va désormais devoir se réinventer pour faire face à la concurrence internationale, aux mutations technologiques et aux impératifs écologiques. Sans réorientation, pas de survie.
Une mutation, même imposée, peut aussi se révéler particulièrement bénéfique. C’est le grand enseignement qu’il faut tirer de la rétrospective Matisse qui se tient au Grand Palais, à Paris, jusqu’à l’été. Le chef de file du Fauvisme a 80 ans, il est très malade et supporte difficilement la station debout. Ce handicap lui impose de s’adapter. Il aurait pu décider de ranger ses pinceaux, il choisit au contraire de tout réinventer. Et c’est cet élan créateur et créatif qu’il nous est donné aujourd’hui d’admirer.
Le 26 mars, un séisme a secoué le Parlement européen, réuni à Bruxelles. Pour la première fois, la droite et l’extrême droite ont uni leurs voix pour fermer les portes du continent aux immigrés. Le début d’une nouvelle ère.
Le tournant est serré et il est largement assumé. Jeudi 26 mars, le Parlement européen a entériné – provisoirement – un durcissement clair de la politique migratoire visant à faciliter les reconduites aux frontières et à créer des « hubs de retour ». Ces centres situés hors de l’Union européenne sont censés accueillir des migrants déboutés du droit d’asile, à qui une obligation de quitter le territoire a été signifiée. Rien n’est encore définitif. Mais cette orientation est portée de longue date par une majorité d’États membres. Elle a d’ailleurs été applaudie par la droite et l’extrême droite. Ils étaient debout dans l’hémicycle bruxellois.
Les politiciens sont franchement amusants. Ils déroulent – presque – toujours des récits victorieux, sans reconnaître leurs échecs. Le deuxième tour des élections municipales du 22 mars dernier n’a pas fait exception à cette tradition. Tous les partis ont mis en avant des résultats qu’ils jugent « encourageants », y voyant même des signaux positifs pour… l’élection présidentielle de 2027 !
Soyons clairs ! Statistiquement, c’est la droite qui a gagné ces élections, en décrochant plus de 1 200 mairies. Elle a remporté de nombreuses agglomérations de taille moyenne, comme Brest, Clermont-Ferrand, ou encore Toulouse. Le bloc de gauche reste en deuxième position, avec environ 800 municipalités. Le centre vient en troisième avec près de 600 communes. Le Rassemblement national – parti d’extrême droite dirigé par Marine Le Pen – revendique une augmentation importante du nombre de ses élus locaux
Sauvée ! La verrerie Arc est sauvée. Du moins, pour le moment. Le groupe français, spécialisé dans la conception et la fabrication de verres et d’articles de table, vient en effet de trouver un nouveau repreneur. Le 20 mars, le tribunal de commerce de Lille, dans la métropole du nord de la France, a validé l’offre de rachat de l’entreprise. Et les salariés des quatre principales marques – Luminarc, Cristal d’Arques Paris, Arcoroc et Chefs & Sommelier – affichent un réel soulagement, tant cette décision constitue une excellente nouvelle pour une région durement touchée par la désindustrialisation.
Créée en 1825 dans la ville d’Arques, dans le Pas-de-Calais, la société Arc est devenue, dans les années 1970, le numéro un mondial des arts de la table. L’entreprise a alors massivement investi pour mondialiser sa production et sa distribution, se dotant notamment de trois usines supplémentaires
Peintures, dessins, livres illustrés, textiles, vitraux, gouaches découpées, le Grand Palais voit grand. Très grand avec Matisse, 1941–1954. Une rétrospective qui, du 24 mars au 26 juillet 2026, propose une plongée dans les dernières années de création du peintre. Avec plus de 300 œuvres exposées, cet événement raconte, bien plus qu’une fin de vie, un nouveau début. Une renaissance artistique.
1941, la Seconde Guerre mondiale bat son plein. Henri Matisse a 80 ans, il souffre de calculs biliaires et d’un cancer du côlon. Après une opération, il va mal. Il ne peut rester plus d’une heure debout. Et les médecins, inquiets, lui laissent six mois à vivre. Loin de le déprimer, le diagnostic – erroné, car il mourra en 1954 – lui donne au contraire le sentiment d’entamer une seconde vie : « Mon opération a été une chose extraordinaire pour moi, au point de vue mental. Elle m'a équilibré l'esprit