Dans sa forme la plus brutale — la guerre — il devient un accélérateur de chaos dont les conséquences dépassent largement le champ militaire. La guerre en Iran en est aujourd’hui l’exemple le plus clair : des combats en apparence localisés mais dont les répercussions se diffusent à l’échelle mondiale. Des pans entiers de l’économie globale sont touchés, à commencer par le tourisme. Les vacanciers n’osent plus partir loin. Ou n’en ont tout simplement plus les moyens, avec la hausse du prix des billets d’avion. Les professionnels craignent le pire pour cet été si les heurts se poursuivent. Ils ont raison.
On le sait, les rapports entre Donald Trump et Emmanuel Macron ont toujours été plus ou moins conflictuels, mais le 1er avril dernier, le président américain a franchi une ligne rouge. Et, cette fois, son homologue français ne s’est pas laissé faire. Le chef de l’État français, en visite officielle en Asie, a refusé de répondre aux remarques personnelles et humiliantes faites par Trump à son encontre lors d’un déjeuner avec la presse. En revanche, le locataire de l’Élysée ne s’est pas privé de lui donner un cours magistral de politique étrangère et de stratégie. À chacun son niveau !
L’ambiance est aussi à la querelle chez les écologistes depuis le résultat très décevant de leur parti aux élections municipales de mars dernier. Les Verts ont perdu de très grandes villes comme Strasbourg et Bordeaux. En toute logique, la secrétaire nationale, Marine Tondelier, aurait dû démissionner. Au lieu de cela, elle s’accroche à son poste et rejette cet échec patent sur les candidats malheureux. Fidèle à sa stratégie jusqu’au-boutiste, elle va même jusqu’à envisager de se présenter aux présidentielles de 2027. À l’intérieur de la formation, évidemment, ça tangue. Son opposition prédit une nouvelle catastrophe, qu’elle veut empêcher. On n’a pas fini de les voir se disputer.
À Paris, enfin, les annonces du nouveau maire – le socialiste Emmanuel Grégoire – provoquent déjà une forte contestation dans les rangs de la droite. Et plus largement auprès d’un certain nombre d’habitants de la capitale, qui voient d’un très mauvais œil les restrictions qui vont être mises en place sur la question du logement. M. Grégoire a, en effet, dit vouloir faire de la question de l’habitat dans la capitale l’une des grandes priorités de son mandat. Il souhaiterait, par exemple, mettre fin aux locations saisonnières, réduire le nombre de résidences secondaires et construire davantage de logements sociaux en préemptant et réquisitionnant des immeubles du centre-ville. Entre les pro et les anti-Grégoire, la bataille pour Paris ne fait que commencer.
Rien ne va plus au Moyen-Orient. La guerre en Iran et les frappes visant les États du Golfe persique se sont poursuivies sans relâche, jusqu’à l’annonce d’un cessez-le-feu dans la nuit du 7 au 8 avril, conclu pour une durée provisoire de quinze jours. Dans cette atmosphère belliqueuse, les touristes hésitent de plus en plus à voyager. Et les professionnels du secteur lancent un cri d’alerte.
La guerre en Iran et son extension au Moyen-Orient continuent de faire des dégâts. Y compris dans le domaine économique. Hôtels à moitié pleins, plages désertées, locations annulées... Un peu partout sur la planète, le même scénario se répète : les touristes évitent un grand nombre de destinations phares, ce dont tous les professionnels du tourisme s’inquiètent. À raison, car le conflit devrait provoquer une perte de 116 millions de touristes dans le monde en 2026, selon une étude du cabinet Tourism Economics parue le 19 mars. Un chiffre colossal, qui ne tient même pas compte du Moyen-Orient.
En tournée du 31 mars au 3 avril, en Asie, à Tokyo puis à Séoul, Emmanuel Macron pensait dérouler une séquence diplomatique classique : renforcer les alliances dans l’Indopacifique et vanter l’attractivité de la France. Mais les propos humiliants de Donald Trump ont déplacé le centre de gravité du voyage. Et en France, c’est l’indignation qui prédomine.
Mercredi 1er avril, lors d’un déjeuner privé, le président américain s’en prend à son homologue français, mêlant attaques personnelles et sarcasmes infamants. « Macron, que sa femme traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire », ose-t-il dans une vidéo brièvement publiée puis retirée, rapporte Le Monde. Allusion à une séquence virale montrant Brigitte et Emmanuel Macron en pleine scène de ménage. Trump croit bon d’ajouter qu’il a sollicité un soutien militaire français dans le Golfe, avant d’imite
« Les emmerdes, c’est comme les cons, ça vole toujours en escadrille ! » C’est l’une de ces petites phrases que la France entière connaît et qui a valu à son auteur, l’ancien président de la République Jacques Chirac, une vraie cote de sympathie. Y compris chez ses adversaires. Jamais cette maxime n’a sonné si juste pour Marine Tondelier : la secrétaire nationale des Écologistes enchaîne les échecs politiques. Un luxe qu’elle va pouvoir s’offrir encore pour combien de temps ?
Depuis 2022, date à laquelle elle a pris les rênes du parti, rien ne va plus. En 2024, la formation ne disposait que de 16 000 adhérents, alors qu’elle tablait sur l’arrivée d’un million de nouveaux membres sur cinq ans. Les élections européennes, la même année, sont un second fiasco : 5,5 % des voix, soit l’un des plus faibles scores du mouvement depuis trente ans. Quant aux municipales de mars dernier, si quelques
À peine installé dans son fauteuil de maire de Paris, le 29 mars, Emmanuel Grégoire annonce la couleur : le logement sera le thème central de son mandat. Le successeur d’Anne Hidalgo est clair : « Sur le logement, il faudra aller vite et fort. Parce que c’est la première préoccupation des Parisiennes et des Parisiens ». De fait, aujourd’hui, trouver un toit, puis payer un loyer à Paris tourne de plus en plus souvent au cauchemar.
Selon l’Insee, la capitale a encore perdu 10 000 habitants en un an. La métropole se vide de ses classes moyennes, tandis que le mètre carré atteint les 9 500 euros et que les loyers augmentent sous l’effet d’une offre réduite. Dans le même temps, on observe que près de 20 % des logements restent vacants ou sont des résidences secondaires.
Face à cette équation, la nouvelle équipe promet de créer 60 000 logements durant son mandat de six ans, moitié sociaux, moiti