On démarre avec ce que l'on a appelé les « convois de la liberté ». Il s'agit de regroupements de véhicules qui, en essayant de bloquer des routes et des villes, veulent faire pression sur les gouvernements. Ce mouvement canadien s'est exporté en Europe. Le 14 février, des manifestants ont essayé de prendre Bruxelles.
Ils sont partis vers 10 heures. Par centaines. Des voitures plus que des camions. L'ambiance était, comme la veille, plutôt joyeuse. Le dimanche 13 février, au soir, les protestataires s'étaient donnés rendez-vous dans le nord de la France. Sur un parking isolé, à dix kilomètres de Lille. Une fois réuni, ce millier de véhicules a donné un concert de klaxons qui couvrait les cris de ralliement des passagers « On lâche rien », « Liberté liberté ». Beaucoup brandissaient des drapeaux français, comme fiers de leur appartenance.
En ce 14 février au matin, on se presse de partir. Il s'agit d'arriver en tout début d'après-midi, à Bruxelles, capitale de la Belgique et siège des institutions européennes. Les Français vont être rejoints par des Hollandais venus de La Haye. Ni les uns ni les autres ne sont les bienvenus en Belgique. Les autorités ont pris soin d'interdire toute manifestation dans la capitale « avec des véhicules motorisés » et ont pris des mesures « pour empêcher le blocage de la région Bruxelles-Capitale. » Mais les convois dits de la liberté s'en moquent. Ils veulent manifester contre le pass-vaccinal, qui réserve aux personnes immunisées contre le Covid-19 l’accès à pratiqu
Ils sont cinq cents, venus de toute l'Europe en cette journée du 3 février, veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Pékin. À leur tête, Loten Namling. Un artiste tibétain vivant depuis 32 ans en Suisse. Chaussé de skis sur lesquels le mot « liberté » est peint, Namling traîne derrière lui un drapeau chinois. Il est en colère : « La Chine a détruit mon pays, la Chine a détruit ma culture. Jamais il ne faudrait octroyer l’organisation des Jeux olympiques à des meurtriers de masse et des dictateurs.»
Une dénonciation de la politique de Pékin qui, au mépris du droit international, a rattaché la région himalayenne de facto à la Chine, en 1951. Les manifestants acquiescent. Ils portent des bannières aux couleurs du Tibet et des masques chamarré. Ils sont là, au pied du siège du Comité international olympique (CIO). Ces exilés protestent devant la superbe bâtisse de 5 000 mètres carrés située à côté du lac Léman, à Lausanne, en Suisse. Un lieu idyllique qui jouxte la vieille demeure de Pierre de Coubertin. Un ensemble luxueux dont la construction a coûté 128 millions d'euros. Il est vrai que le CIO a les moyens. Comme la plupart des grandes fédérations sportives
Mercredi 9 février, début d'après-midi. Le téléphone de Christian Jacob, le président du parti Les Républicains, sonne. Sur l'écran, un nom s'affiche : Eric Woerth, député de l’Oise et fidèle de la droite. Tout naturellement, Jacob se dit qu'ils vont fixer un nouveau rendez-vous, celui du jour même ayant été annulé. Il décroche et entend son vieux copain de l'Assemblée nationale lui avouer la raison de son absence : il va rejoindre Emmanuel Macron. Depuis des semaines déjà, la rumeur bruissait. C'est désormais acté. Ce très proche de Nicolas Sarkozy quitte son parti pour soutenir le président de la République aux élections présidentielles. Et ce alors même que ce dernier n'a pas encore annoncé sa candidature. Officiellement, du moins. Cette nouvelle a fait sensation, mais, à gauche, elle n'a pas suscité de commentaires. Forcément. Le parti socialiste voit, lui aussi, ses rangs s’éclaircir.
Outre ceux qui ont rejoint Christiane Taubira, deux poids lourds du parti socialiste s'apprêtent à passer à leur tour chez Macron : François Rebsamen et Claude Bartolone.
C'est l'histoire de quelques semaines, dit-on. Mais l'affaire semble entendue car... avantageuse pour tous. Elle l'est pour le
En ce froid après-midi du 10 février, la fine fleur du journalisme économique et politique hexagonal se retrouve dans une ville industrielle de l'est de la France, Belfort. Plus précisément, dans l'usine de Steam Power de General Electric. La scène que les journalistes découvrent à leur arrivée est impressionnante. Elle a été scénographiée par le conseiller en image d'Emmanuel Macron, Arnaud Jolens. « La turbine Arabelle, monstre rutilant de 300 tonnes, est éclairée telle une pièce de collection par des spots lumineux. Elle sert d’arrière-plan au discours d’Emmanuel Macron, dont la voix résonne comme dans une cathédrale », écrit le reporter du Monde. Tandis que des affiches « France 2030, c’est ici que ça se passe ! » encadrent le chef de l’État. Le décorum est volontairement imposant. À l'image de la décision que le président de la République annonce : la renaissance du nucléaire civil français.
Concrètement, le chef de l’État veut prolonger les centrales nucléaires existantes qui peuvent l'être au-delà de cinquante ans. Il annonce aussi vouloir faire construire d'ici à 2050 au moins six réacteurs nucléaires de type EPR 2. Les travaux pour ces nouveaux EPR devraient démarrer en 202
Le lundi 29 janvier 1962, une foule extrêmement chic se presse au 30 bis rue Spontini dans le tout aussi chic 16e arrondissement de Paris. Les habitués reconnaissent la Princesse Anne d'Angleterre, la Baronne de Rothschild, le chorégraphe Roland Petit, l'écrivaine Françoise Sagan et tous les professionnels de la mode. Ce brillant aréopage est venu assister au retour du « petit prince de la mode », comme le Tout Paris l'a surnommé. Il s'agit de la présentation de la première collection d’Yves Saint Laurent sous son propre nom.
Le caban ouvre le défilé. Le mannequin porte cette veste de marin avec un pantalon de shantung blanc et des mules. Là, Saint Laurent brise un tabou : il ouvre la garde de robe des hommes aux femmes. Il l'adapte pour donner aux vêtements féminins du confort et de l'élégance. Tout un monde qui est aujourd'hui célébré...
Depuis le 29 janvier et jusqu'au 15 mai 2022 prochain, soit soixante ans jour pour jour après son premier défilé, une exposition anniversaire est consacrée à ce couturier de génie. « Yves Saint Laurent aux musées » se déploie dans six musées parisiens en même temps : le Centre Pompidou, le Musée d’Art Moderne de Paris, le Musée du Louvre, le Musée