Parlons d'abord du grand gagnant des élections législatives en Autriche du 29 septembre. Sebastian Kurz, chancelier ultra-conservateur, a flirté avec l'extrême-droite. Il cherche désormais un nouveau partenaire pour sa coalition. S'allier avec les Verts pourrait être une solution. Le populiste ancrerait alors son pays au centre. Une bonne nouvelle pour les Autrichiens, et pour l'Europe. Comment, dans un autre domaine, ne pas citer la jeune Greta Thunberg, militante écologiste suédoise, qui tente de pousser les dirigeants politiques à s'engager pour la défense de la planète ? Le 23 septembre, un sommet spécial « urgence climatique » a eu lieu à New York. A-t-il servi à quelque chose ?
En France, nous rendons cette semaine hommage à un président de la République atypique. Jacques Chirac vient de nous quitter. Il a été souvent décrié, il aura parfois été notre honneur. C’est ce que nous retenons désormais. Irène Frachon aussi mérite que nous lui tressions des lauriers. Grâce à elle, les malades ne risquent plus de problèmes cardiaques en prenant du « Médiator ». Mieux, les fabricants de ce médicament sont actuellement jugés. Enfin, certains changent notre regard sur le quotidien. Ils en montrent l'infinie beauté. C'est ce qu'a fait le peintre Degas avec ses toiles consacrées à l'Opéra. Une magnifique exposition lui est dédiée. Il ne nous reste plus qu'à la visiter.
Mais je vous propose d'abord de revenir un peu à la politique. Dans ce qu'elle a de plus passionnant, à mon avis. Le chancelier ultra-conservateur, Sebastian Kurz, vient de remporter les élections législatives en Autriche. Mais pour gouverner, il va lui falloir s'allier. Et donc –peut-être– changer.
L'Autriche vote –encore– Kurz
L'affaire s'annonce difficile. En l'état, mission impossible. Le 29 septembre au soir, les militants conservateurs fêtent la victoire de leur parti, le ÖVP –Parti populaire autrichien– et surtout celle de leur champion, Sebastian Kurz. Le chancelier de l'Autriche vient de remporter les élections législatives avec 37 % des voix des plus de six millions d'électeurs. Soit sept points de plus qu'en 2017, année où l’homme pressé de la politique autrichienne a été élu à la tête du pays. Il avait alors 31 ans.
Un sommet pour rien ?
L'invitation était prestigieuse. Elle émanait du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Elle visait à nous pousser. À nous engager. Encore un peu plus vite, encore un peu plus loin. L'affiche aussi était prometteuse. Greta Thunberg, la militante écologiste suédoise de 16 ans et l'égérie de la jeunesse mondiale, ferait un discours. Les médias du monde entier seraient représentés. Nombreux. Chaque chef d'État disposerait de trois minutes pour s'exprimer à la tribune. Le 23 septembre, le sommet sur « l'urgence climatique » serait donc l'occasion d'agir et de communiquer. De dire aux citoyens du monde que l'on comprend la situation : la planète est en danger. Et que l'on entreprend de la sauvegarder.
Bizarrement, la grande majorité des chefs d'État a vu les choses différemment. Soixante-six ont répondu présent à l'appel . Soixante-six, seulement, sur les cent trente-six qui, chaque année, participent à l'Assemblée générale de l'ONU. Soixante-six nations qui, en majorité, sont en voie de développement et ne pèsent que 6,8 % des émissions de gaz à effet de serre. En revanche, de grandes puissances comme les États-Unis, le Brésil ou l'Australie ont boudé cette rencontre.
La France pleure Chirac
À l'annonce de son décès, le 26 septembre à midi, la France s'est comme arrêtée. Toutes les chaînes de télévision, de radio, les sites ne parlent plus que de Jacques Chirac. Dix-huit ans maire de Paris, trois fois ministre, deux fois premier ministre –une exception–, douze ans président de la République. Le « Chi », comme l'appelaient les humoristes, était le pilier de la droite française. Un monument de la politique. D'ailleurs, Emmanuel Macron l'a bien compris. Il a annulé un déplacement et, à 20 heures, il s'est adressé à la nation pour dire ce que beaucoup ressentent : « Nous perdons un homme d’État que nous aimions autant qu’il nous aimait ».
Puis, fait totalement inédit, il a ouvert l'Elysée aux citoyens qui souhaitaient lui rendre hommage. Des centaines sont venus immédiatement. Spontanément. Car l'homme est unanimement loué. De l'extrême gauche à l'extrême droite, tous saluent son côté « sympathique », sa chaleur humaine. Comme le raconte, au Figaro, un ex-fonctionnaire de Corrèze, son fief : « «Il avait un contact extraordinaire. Il arrivait quelque part, personne ne le connaissait: cinq minutes après, les gens avaient l’impression de le connaître depuis des années. » Bon
Irène Frachon, celle par qui le scandale arrive
C'est l'ambiance des grands jours. Sur le vaste parvis du tribunal de grande instance de Paris, les journalistes se bousculent. Ils tendent des micros aux victimes ou à leurs représentants. Ils tentent d'obtenir quelques mots des avocats tandis qu'ils ne quittent pas Irène Frachon d'une semelle .
Irène porte un fin collier doré autour du cou, une robe et une petite veste bleue, toutes simples. Ses cheveux blancs, mi-longs, sont tirés en arrière dans un chignon un peu lâche. Il fait beau, en ce 23 septembre à midi, et cette mère de quatre grands enfants affiche une mine radieuse. Elle pensait être angoissée, mais non ! Finalement, elle se sent « joyeuse et légère », confie-t-elle au nouvelobs.com. Ravie d'assister à la première audience, alors qu'elle-même ne comparaîtra que le 12 novembre prochain en tant que témoin. On comprend cette assiduité. Le procès qui s'ouvre est le fruit de son incroyable combat.
Un combat qui a duré douze ans. Douze ans de lutte contre le plus puissant fabriquant de médicaments français, les laboratoires Servier, et l'organe qui le soutenait, l’Agence nationale du médicament. Il s'est soldé par l'interdiction de vendre le « Médiator ». Cet antidiabétique
Degas à Orsay
C'était un théâtre modeste, au 12 de la rue Le Peletier, à deux pas du boulevard des Italiens. Hilaire Germain Edgar de Gas avait à peine vingt ans, mais il y passait souvent ses journées. Celui qui allait devenir Degas aimait observer les classes destinées aux petits rats de l'Opéra. Il adorait regarder les ballerines répétant à l'infini les mêmes mouvements mécaniques, sous le regard exigeant du maître de ballet, Jules Perrot. Puis, quand un incendie a détruit Le Peletier, c'est au Palais Garnier que le futur chef de file des impressionnistes s'est transporté. Il s'est installé au Foyer de cet Opéra flambant neuf et a poursuivi ses investigations. Il y a joué les voyeurs. Il était fasciné par ces moments intimes où les artistes relâchent l'effort et ne disciplinent plus leur corps. Une discussion entre trois danseuses distraites, une jeune danseuse, fatiguée, qui baille, des corsets que l'on resserre juste avant la représentation… Voilà ce qu'il a peint durant cette période. Au XXIème siècle, on parlerait d'un formidable reportage dans les coulisses de l'Opéra pour qualifier ce travail. Au XIXème siècle, la critique évoquait une peinture juste d'un monde qui fait rêver. Elle nous