Je vous invite d'abord à une réflexion sur la difficile transition démocratique en Tunisie. L'un des postulants à la fonction suprême vient d'être arrêté... Et maintenant ?
Présidentielle tunisienne : le dérapage
C'est une arrestation tout droit sortie d'un film d'action. Le 23 août, vers quinze heures, une trentaine de policiers se tient à l'abri des regards, au péage de Medjez el-Bab, sur l'autoroute qui relie Béja à Tunis. Ils attendent. Peu après, la Land cruiser noire de Nabil Karoui, 56 ans, apparaît, suivie de plusieurs autres véhicules. Ceux des conseillers politiques, des journalistes. Le convoi est immédiatement pris en étau par une quinzaine de véhicules de police qui bloquent la route. Des civils en descendent et les encerclent.
SOS, éléphants en danger
C'est un appel au secours dont on ignore encore s’il sera entendu. Lors de la dix-huitième Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui se tient à Genève du 17 au 28 août, la secrétaire générale a lancé un avertissement solennel : « Le déclin de la nature est sans précédent ». Face à elle, cent quatre vingt-trois pays, des milliers d'experts et de responsables politiques venus d'Asie, d'Afrique et d'Amérique... Des continents différents, des intérêts divergents, donc.
Pourtant, il y a urgence. Un million d’espèces risque de disparaître. Parmi elles, la vipère à queue d'araignée, la tortue marine (qui existe depuis cent vingt millions d'années), le tigre sauvage d'Asie, le rhinocéros et, plus emblématique, l'éléphant. Selon le Great Elephant Census, il n'en restait plus que 400 000 sur le continent africain en 2015 alors que ces animaux représentaient plusieurs millions au milieu du XXème siècle. Rien qu'entre 2007 et 2014, on déplore la perte de 30 % des pachydermes de savane et de 60 % des éléphants de forêts. En cause ? La déforestation galopante pour accroître la superficie des terres cultivables des agricu
Faut-il parler à Poutine ?
Devant la quarantaine de journalistes français et russes présents, chacun y a mis du sien. Le 19 août en fin d'après-midi, un hélicoptère aux couleurs de la Russie venu de Marseille se pose au pied du fort de Brégançon, la résidence d'été des présidents français. Vladimir Poutine en descend, un bouquet de fleurs à la main. Il l'offre à son hôtesse, Brigitte Macron, qui l'attend en haut des marches du fort, à côté de son époux. « C'est un endroit magnifique », déclare le chef de l'État russe dès son arrivée dans la petite cour ensoleillée. Puis, il complimente le couple sur leur « teint superbe ». L'atmosphère semble détendue, on pourrait presque croire à un dîner entre copains.
La réalité est tout autre. Le chef du Kremlin a été reçu par son homologue français pendant quatre heures et demie, dont deux heures d'entretien en tête-à-tête sur des sujets explosifs.
À cinq jours du G7 qui s'est tenu à Biarritz du 24 au 26 août, cette réunion « de travail » est une façon de garder le contact avec Moscou. Une bonne idée ? Les avis sont partagés.
Pour certains, la Russie est peu fréquentable. Il faut la bouder et la sanctionner. Les détracteurs de Poutine lui reprochent, par exemple, son ann
Universités d'été : le grand retour
C'étaient trois jours un peu spéciaux. Ils se retrouvaient toujours le dernier week-end du mois d'août, du vendredi au dimanche, à La Rochelle, station balnéaire chic de l'Atlantique, entourés d'une foule de gens. Des militants, des politiques et des journalistes. Dans la journée, ils assistaient aux ateliers thématiques, écoutaient les discours, participaient à des débats et guettaient les petites phrases assassines. Le soir, les terrasses des bons restaurants étaient pleines de responsables locaux et nationaux ainsi que de journalistes triés sur le volet. Il était question des grandes orientations politiques, des petites stratégies personnelles mais aussi de séduction. L'été s'achevait à peine, le rosé coulait à flots, ils se sentaient bien. Ils pratiquaient l'entre-soi et avaient une incroyable impression de puissance.
Après plusieurs années d'absence, le Parti socialiste a renoué avec cette fameuse tradition. Il a tenu sa grande université d'été du 23 au 25 août à la Rochelle. La plus prestigieuse de toutes, même si les autres formations ne sont pas en reste. Les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon se sont rassemblés du 22 au 25 août à Toulouse, tout comme les écologistes. Les Répub
Rentrée littéraire : ça redémarre
C'est l'un des moments clés de la vie intellectuelle française. L'un de ces grands rendez-vous qu'il faut suivre, à défaut de pouvoir en être l'un des acteurs. Nous appelons cela la rentrée littéraire. Le terme rentrée renvoyant bien sûr à celle des classes, le 2 septembre. Cette expression un peu pompeuse - et tellement parisienne – désigne la parution de centaines de livres, tous genres confondus. Une sortie en masse qui intervient à deux moments de l'année. En janvier-février, puis fin août-début septembre. Nous y sommes.
Mais derrière cette dénomination prometteuse se cache d'abord une réalité économique. Si des centaines d'ouvrages sont publiés à cette époque de l'année, c'est que nous approchons des prix littéraires, puis des fêtes. L'édition est aussi un business. Il faut vendre pour pouvoir continuer à publier. Les prix se transforment en un énorme coup de pouce pour les écrivains. Et plus particulièrement, le Goncourt, qui décerne la plus prestigieuse récompense littéraire du monde francophone. Le 3 septembre, son jury va annoncer sa première sélection. Elle sera suivie de celles des Prix Renaudot, Médicis et Femina. Editeurs et auteurs n'ont pas fini de se faire du souci…