Arménie : les jeunes à la manœuvre
À Erevan, en Arménie, une étrange révolution secoue les rues depuis trois semaines. Pas de mise à sac, pas de violence, pas de voiture brûlée… La contestation se fait au son de la musique, avec des défilés et dans l’euphorie. Et ce sont les étudiants les têtes pensantes.
Dix ans président, puis Premier ministre, c’est Serge Sarkissian qui a mis le feu aux poudres, en voulant modifier la Constitution. Et sa démission, annoncée le 23 avril dernier, n’a pas suffi pour calmer la contestation montée de la rue et la grève générale qui paralyse le pays. Désormais, les Arméniens réclament que le parti de Sarkissian rende le pouvoir. Il faut dire que les députés, pour l'essentiel du parti majoritaire Républicains, ont empêché le 1er mai la désignation du héros de la rue, Nikol Pachinian, comme Premier ministre.
La crise sociale suit le président jusqu’en Océanie
Dire que le climat social français est tendu serait un euphémisme : les mouvements de grève, notamment dans les transports, s’éternisent et les affrontements entre forces de police et ZADistes à Notre-Dame-des-Landes instillent une ambiance de conflit. C’est en laissant derrière cette atmosphère lourde que le président de la République, Emmanuel Macron, s’est envolé le 30 avril vers l’Australie pour un voyage de trois jours, avant de se rendre en Nouvelle-Calédonie pour commémorer les massacres d’Ouvéa.
Les Français se délectent habituellement de ces images de ces voyages officiels. Mais cette fois, le faste et le décorum n’ont pas suffi à éteindre la polémique qui est née en France après les violences du 1er mai. Au milieu des traditionnels cortèges syndicaux parisiens, plus d’un millier de black blocs s’étaient mêlés à la foule des manifestants pour commettre des violences. Bilan : six voitures incendiées, un McDonald's détruit, deux concessions automobiles pillées. Le rendez-vous que s’étaient donnés ces casseurs était parfaitement connu de la Préfecture de police, puisqu’elle avait alerté les commerçants et leur avait conseillé de baisser les rideaux de fer. De plus, le simple f
La tour de demain
Un peu biscornue, noire et blanche, la tour Elithis dresse ses 57 mètres et ses 63 appartements au cœur du quartier Danube de Strasbourg. Elle attire l'œil et la curiosité. Elle est en effet la première tour d'habitation qui produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme.
Totalement futuriste, elle présente une large façade exposée au sud, bardée de capteurs solaires, qui permet aux appartements de profiter du moindre rayon de soleil. Au nord, pas de façade, mais une sorte d'arête, qui se comporte comme une aile d'avion sur laquelle glisse le vent des deux côtés sans s'y heurter. Des installations photovoltaïques assurent chauffage, eau chaude et éclairage. Chaque foyer devrait voir sa facture énergétique atteindre, au maximum, 80 euros par… an (20 fois moins que la moyenne nationale) ! Et encore, les habitants vont être encouragés à dépenser moins. Pour cela, une expertise en temps réel de leur consommation leur arrivera sur leur smartphone ou leur tablette, leur permettant d'ajuster au mieux leur dépense, analysant prise par prise, appareil par appareil. Le coach digital pourra par exemple leur indiquer que le soleil donne sur l'une de leurs fenêtres et qu'en ouvrant les volets leur
Le plastique n’est pas si fantastique
Le 3 février dernier, vous êtes peut-être passés à côté de la Journée internationale sans paille. Moi aussi, j'avoue ! Pourtant, la communication orchestrée pour l'occasion était particulièrement spectaculaire : une vidéo montrant les 8 douloureuses minutes nécessaires pour retirer une paille en plastique de la narine d'une tortue au Costa Rica. Il faut croire qu' Édouard Philippe a été plus attentif que nous au dossier, puisqu'il a consacré tout un volet de son discours de politique générale à cet épineux problème : il vise un objectif de 100 % de plastiques recyclés à l'horizon 2025. L'amas de plastique qui flotte dans l'océan Pacifique est certes très préoccupant, mais… loin ! Alors que les méfaits de cette diabolique matière sont présents jusque dans nos assiettes : 100% des moules que nous mangeons en contiennent, 93% de nos eaux minérales et la plupart des poissons sauvages ! Selon les experts, nous sommes tout près d'un problème de santé publique.
Le plan se devait donc d'être ambitieux : le Premier ministre a expliqué qu'il allait falloir « sortir de l'économie linéaire du je fabrique/je consomme/je jette à une économie circulaire qui consiste à recycler ». Un changement de
Le canal de la discorde
Il y a 150 ans, l'inauguration du canal de Suez créait un événement d'une répercussion planétaire incroyable. Prouesse technique, il constituait surtout une révolution de la navigation et du commerce mondiaux. Reliant Suez à Port Saïd, il permettait désormais aux navires de passer de la Méditerranée à la mer Rouge, sans plus avoir à contourner la Corne de l'Afrique. Ces 200 kilomètres de voie navigable allaient durablement bouleverser l'économie et la physionomie de la région et devenir le symbole du nationalisme arabe après sa nationalisation en 1956 par le président Nasser.
Mais avec l'accroissement des échanges mondiaux, le Canal, trop étroit, trop fréquenté et avec des infrastructures vieillissantes, avait bien des difficultés à répondre aux besoins de la navigation moderne. Les navires étaient parfois contraints d'attendre leur tour de passage plus de 24 heures. L'Egypte a donc décidé d'investir pour moderniser, agrandir, reconstruire le canal et ses infrastructures.
Le nouveau canal a été doublé sur certaines portions pour atteindre 300 mètres de large par endroit. Ce qui permet aux plus grands porte-containers de se croiser aisément. Si aujourd'hui 60 navires par jour peuvent