En Russie, Vladimir Poutine se situe dans un certain héritage politique. Il continue d'incarner la figure de l'Homo sovieticus. Ancien agent du KGB, il reste prisonnier d'une conception du pouvoir directement héritée de l'Union soviétique. Une conception faite d'autoritarisme, de verticalité et de mensonges. Cette pratique dictatoriale engendre une déconnexion de plus en plus forte des réalités de la Russie en guerre et elle pourrait, à terme, coûter cher au pays. À moins que la société ne finisse par se révolter.
En France, Emmanuel Macron revendique, lui, un tout autre héritage : celui de l'abolition de la peine de mort. Lors du 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort, le chef de l'État a opposé une fin de non-recevoir à toute remise en cause de cette conquête républicaine. Alors que les exécutions repartent à la hausse dans plusieurs pays, Macron défend un héritage humaniste légué par les abolitionnistes français et rappelle que certaines avancées démocratiques ne sauraient être remises en cause. Une position qui l'honore et qui inscrit son quinquennat dans la postérité.
Au musée d'Orsay, c'est un héritage familial qui ressurgit aujourd'hui, près de quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le petit-fils d'un riche collectionneur juif allemand réclame la restitution du tableau L'Hôpital Saint-Paul à Saint-Rémy-de-Provence, peint par Vincent van Gogh en 1889. Il estime que l'œuvre a été spoliée par les nazis avant de se retrouver en France. Entre devoir de mémoire, justice et droit, l'État devra trancher à l'automne. Mais rien n'est gagné.
Enfin, à Avignon, c'est un patrimoine vivant qui célèbre son anniversaire. Près de quatre-vingts ans après sa création par le metteur en scène Jean Vilar, le festival de théâtre demeure l'un des plus précieux héritages culturels français. Mais derrière les applaudissements et l'effervescence estivale, le monde du spectacle s'interroge sur sa capacité à transmettre cet héritage aux générations futures, alors que les restrictions budgétaires fragilisent la création.
Il ne se passe plus une semaine sans que l'on ne s'interroge sur Vladimir Poutine, qui s'entête à faire la guerre à l'Ukraine, et peut-être demain à un pays d'Europe de l'Est. Dans cette perspective, une journaliste du Monde a ausculté le dirigeant de la Russie. Et son diagnostic est sans appel. Nous avons face à nous un Homo soviéticus pur jus.
C’est suffisamment rare pour être souligné. Le Monde, sous la plume de Marie Jégo, dresse un long portrait de Vladimir Poutine extrêmement bien documenté. Une question se pose : qui est-il aujourd’hui ? La réponse est claire. C’est à un président qui gouverne en faisant totalement abstraction de la réalité. Par choix. Par méconnaissance aussi, car les mauvaises nouvelles ne franchissent jamais le seuil du bureau de ce dictateur. Le début de la fin ?
Empêché de briguer un nouveau mandat, Emmanuel Macron profite de chaque prise de parole publique pour laisser une trace de son passage à l'Élysée. Lors du 75ᵉ anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il s'était engagé à accueillir en France, pour la deuxième fois, le Congrès mondial contre la peine de mort. La neuvième édition s'est tenue le 30 juin à la Maison de la Radio et de la Musique à Paris. C'est devant un auditoire acquis que le président a porté un plaidoyer abolitionniste. Il est temps.
En effet, selon l'ONG Ensemble contre la peine de mort, la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Irak sont les quatre pays ayant procédé au plus grand nombre d'exécutions en 2024. Emmanuel Macron y a ajouté Israël et plusieurs pays du Sahel qui, dit-il, pourraient avoir des projets remettant en cause le mouvement abolitionniste.
Mais ils ne sont pas les seuls. Quarante-cinq ans après l'abolition de la peine capitale et près d'un an après la panthéonisation de son ardent défenseur, Robert Badinter, la France voit revenir ce débat qu'on croyait oublié, comme l'a dénoncé le président. Cette résurgence est sans doute liée aux derniers faits divers particulièrement sord
À 97 ans, Klaus Kallmann conserve une mémoire étonnamment précise. Né à Berlin en 1928 et installé aujourd'hui aux États-Unis, le vieil homme se souvient parfaitement de L'Hôpital Saint-Paul à Saint-Rémy-de-Provence. La toile, peinte par Vincent van Gogh en 1889, qui était accrochée dans la villa de son grand-père, Felix Kallmann. Avocat berlinois renommé, ce dernier était aussi un grand collectionneur d'art et un Juif allemand… Ce statut lui a valu d’être persécuté et dépouillé par les nazis.
Depuis neuf ans, son petit-fils demande donc justice. Comme l'a révélé Le Monde, Klaus Kallmann réclame la restitution de la toile exposée actuellement au musée d'Orsay, à Paris. Sa demande est examinée par la Commission pour la restitution des biens et l'indemnisation des victimes de spoliations antisémites. Elle doit rendre une recommandation à l'automne. Mais le dossier est loin d'être tranché.
Fin mai 2026, après des mois d'investigations, la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 choisit de… ne pas conclure. Oui, reconnaît son responsable, David Zivie, la famille Kallmann a « été victime de persécutions antisémites et subi des spoliations da
Une fois par an, Avignon devient le centre du monde. Pas seulement parce que la cité des Papes compte parmi les plus belles villes du Sud chic, mais aussi – surtout ? - car elle accueille le fameux Festival d'Avignon. Pour sa 80ᵉ édition, du 4 au 25 juillet, la fête du théâtre se retrouve un peu gâchée. En cause ? Les coupes budgétaires.
L'histoire de ce rendez-vous commence en 1947. Cette année-là, Jean Vilar, metteur en scène et figure majeure du théâtre du XXᵉ siècle, est invité par le critique et collectionneur Christian Zervos et le poète René Char à présenter Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot dans la Cour d'honneur du Palais des papes. Il hésite. Habitué aux petites scènes, il juge le lieu inadéquat et propose un autre projet : créer trois spectacles : Richard II, de Shakespeare; Tobie et Sara, de Paul Claudel et La Terrasse de midi, de Maurice Clavel. Le succès est immédiat. En quelques années, ce festival qui mêle textes contemporains et chefs-d'œuvre méconnus s'affirme comme un laboratoire du renouveau théâtral. À cette réussite s'agrège une seconde histoire : le « Off ».
Né il y a soixante ans, ce festival dans le Festival accueille de jeunes troupes qui n'ont qu'