Commençons par observer ce qui se passe en Chine. Là, dans cette culture aux traditions millénaires, des femmes osent bousculer l’ordre établi. Elles refusent de reproduire le modèle de leurs mères : se sacrifier pour un mari, une famille. Un nombre croissant de jeunes Chinoises choisissent au contraire l’indépendance, travaillent pour conquérir leur autonomie financière et revendiquent un célibat heureux. Une liberté qui heurte les habitudes autant qu’elle inquiète les dirigeants, préoccupés par l’effondrement de la natalité. Mais ces féministes ne sont pas prêtes à reculer.
C’est un pas particulièrement audacieux qu’Emmanuel Macron a franchi. Une initiative que certains ne lui pardonneront sans doute jamais. Le président de la République le sait, mais il a estimé qu’il était temps que la France « répare » les conséquences de l’esclavage. Il est le premier chef d’État à employer publiquement ce terme hautement sensible, sans que l’on sache encore précisément quelles mesures pourraient être proposées aux acteurs de la mémoire. Cette déclaration a été faite à l’occasion du 25e anniversaire de la Loi Taubira, qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.
Au château de Versailles, aussi, il fallait une bonne dose de courage pour se lancer dans une telle entreprise : la restauration de la chambre de Louis XVI, au cœur de ses appartements privés. Un chantier qui a duré plus de quarante ans, tant la Révolution avait détruit le mobilier et dispersé les objets aux enchères. Malgré l’absence de nombreuses pièces d’origine, les conservateurs du plus célèbre palais de France ont choisi de relever ce défi presque impossible. Leur pari a fini par porter ses fruits.
Enfin, JR a beau être un artiste de renommée internationale, il lui fallait du cran pour s’attaquer à un monument aussi emblématique. Quarante ans après Christo, qui avait emballé le Pont-Neuf en 1985, l’artiste s’est lancé à son tour dans une métamorphose spectaculaire. Il a transformé le plus ancien pont de Paris en immense grotte de pierre. Avec ses 120 mètres de long, La Caverne du Pont-Neuf est impressionnante.
Leur révolte ne se voit pas au premier coup d’œil et pourtant, elle imprègne petit à petit la société. La nouvelle génération de Chinoises se sent de plus en plus féministe et cultive des lieux ainsi que des réseaux où elle peut se retrouver.
Sous les néons d’une des nombreuses salles d’escalade qui fleurissent à Pékin, des jeunes femmes en brassière se hissent le long des murs, se filment, s’encouragent à voix haute. Sans même se connaître, parfois. Tout est fait pour développer un sentiment de sororité. Ici, le personnel est uniquement féminin, les cours sont mixtes ou réservés aux dames, les protections hygiéniques sont gratuites, et les abonnements prévoient même des « jours de règles offerts ». Derrière cette salle ouverte en janvier dernier par l’influenceuse An Jiu - 700 000 abonnés sur Xiaohongshu - se joue bien plus qu’une mode sportive : une révolution féminine. C’est cette plongée dans le féminisme à la chinoise que nous propose un excellent reportage du Monde, publié le 25 mai.
Dans la salle des fêtes de l’Élysée, jeudi 21 mai, le décor a des airs de rendez-vous avec l’histoire. Sous les ors de la République, Emmanuel Macron s’avance devant quelque 300 invités. Au premier rang, Christiane Taubira, ancienne députée de Guyane et ex-garde des Sceaux, dont le nom reste attaché à la loi du 10 mai 2001. Des élus ultramarins, des parlementaires, des ambassadeurs africains et Khaled El-Enany, directeur général de l’Unesco, sont aussi présents. Le moment est solennel : vingt-cinq ans après, la France commémore l’adoption de la Loi Taubira, celle qui a fait du pays le premier au monde à reconnaître la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Mais ce soir-là, Emmanuel Macron ne s’est pas contenté de célébrer cette mémoire longtemps oubliée. Il a repris à son compte le mot de « réparations ». Une revendication ancienne des sociétés civiles caribéennes et africaines. « Comment réparer un tel crime ? C’est une question qu’il ne faut pas refuser », a-t-il lancé, tout en prévenant qu’il ne fallait pas « faire de fausses promesses ». On n’en sait pas plus, pour l’instant.
Cette ouverture tranche avec la position française adoptée deux mois plus tôt à l
Sous les soies bleu ciel retissées à la main et les dorures ravivées feuille après feuille, la chambre privée de Louis XVI a retrouvé son éclat à Versailles. Située au premier étage du château, à quelques mètres de la galerie des Glaces et de la chambre officielle où le roi mettait en scène son lever devant les courtisans, cette pièce intime est rouverte au public depuis le 14 avril, après un chantier titanesque de plus de quarante ans. Bien plus qu’une restauration, c’est une prouesse technique menée comme une enquête archéologique, selon Le Monde.
Versailles n’en est pas à son premier chantier royal. La chambre de la reine avait déjà été recréée dans les années 1970. Mais pour celle du roi, tout semblait perdu. De cette pièce où Louis XVI a dormi, le plus souvent seul, entre 1775 et sa fuite de Versailles le 6 octobre 1789, il ne restait presque rien. Aucun meuble, aucun dessin, aucun plan. Seulement un fragment d’étoffe conservé dans les archives de la maison lyonnaise Tassinari & Chatel, l’une des plus anciennes manufactures de soierie françaises, et quelques descriptions écrites. Le reste avait disparu dans les enchères révolutionnaires de 1793.
Dans les années 1980, le château
Au cœur de Paris, le Pont-Neuf étire ses arches de pierre au-dessus de la Seine. Malgré son nom, il est le plus ancien pont de la capitale encore debout. Reliant les deux rives en passant par l’île de la Cité, il porte une part de l’histoire de Paris. À partir du 6 juin, le monument sera encore plus au centre de l’attention. Sous l’impulsion de l’artiste JR, il se transforme en grotte géante, au beau milieu de la ville. Son nom : La Caverne du Pont-Neuf.
L’installation, monumentale, a de quoi arrêter les passants. Cent vingt mètres de long, vingt mètres de large, jusqu’à dix-huit mètres de haut : une structure gonflable enveloppe le pont et lui donne l’allure d’une falaise ouverte sur la Seine. Le gonflage, réalisé en une nuit, a été l’étape la plus spectaculaire d’un projet préparé depuis plus d’un an. Sur la toile, le trompe-l’œil mêle blanc, noir et nuances de gris pour composer une roche artificielle.
L’œuvre rend clairement hommage à Christo et Jeanne-Claude, qui avaient emballé le Pont-Neuf en 1985 dans une toile ocre devenue mythique. Quarante ans plus tard, JR reprend le flambeau, avec l’accord de la fondation du couple disparu. À l’époque, Christo et Jeanne-Claude avaient dû