L'histoire se répète et, bizarrement, les puissants semblent ne rien avoir appris. Ou comment expliquer qu'un État emprisonne une adolescente ? Sa libération fait le tour du monde.
Ahed Tamimi : l'héroïne des Palestiniens
Elle a de longs cheveux blonds bouclés et porte un keffieh blanc et noir. Sur son jeune visage coulent des larmes de joie, d'émotion. Elle les essuie machinalement. Son père marche à ses côtés. On le sent fier, comme transporté. C'est qu'à 17 ans sa fille est devenue une héroïne. Le symbole de la lutte des Palestiniens contre l'État d'Israël. En ce 29 juillet, un mur de caméras attend Ahed Tamimi dans son village, Nabi Saleh, en Cisjordanie. Elle vient d'être libérée d'une prison israélienne après huit mois de détention. Tout comme sa mère, d'ailleurs, arrêtée en même temps qu'elle. Mais qu'est-ce que la justice reproche à cette adolescente issue d'une famille de résistants ?
Nous sommes le 15 décembre 2017. Deux soldats israéliens sont dans la cour de la jeune fille, appuyés contre un mur. Ahed et sa cousine Nour leur hurlent de partir. Ils ne bougent pas. Elles leur donnent des coups de pied, des coups de poing et des gifles. La scène est filmée, et elle devient immédiatement virale. Elle est forte. Deux jeunes filles désarmées s'attaquant à mains nues à deux militaires suréquipés. Le symbole de cinquante ans de lutte. Des images imparables. L'affaire aurait pu s'arrêter là.
Mais
Juncker en Amérique : Mission (im)possible ?
Que se sont-ils dit ? Comment sont-ils parvenus à limiter l'escalade ? Nul ne le sait. Le 25 juillet, pendant deux heures, Donald Trump et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, se sont entretenus en tête à tête dans le Bureau Ovale. Tout le monde prédisait un échec cuisant. À la surprise générale, ce rendez-vous de début d'après-midi s'est soldé par une conférence de presse, montée à la dernière minute, dans la Roseraie de la Maison Blanche. Le message des deux chefs de l'exécutif était univoque : il n'y aura pas de guerre commerciale entre les États-Unis et l'Union européenne. Mieux, ces puissances occidentales veulent travailler ensemble pour parvenir à avoir « zéro droit de douane, zéro barrière non tarifaire et zéro subvention sur les biens industriels hors automobile », comme le précise le communiqué de presse commun. En gros, il s'agit d'une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Concrètement, les Européens se sont engagés à acheter plus de gaz naturel et de soja américains. Ce qui ne sera pas sans poser de problème dans la mesure où 94% du soja planté aux États-Unis est… génétiquement modifié pour résister aux désherbants. Mais apparem
Affaire Benalla : le premier point faible de Macron
Commençons par la liste, non exhaustive, des avantages. Salaire mensuel de 10 000 euros, voiture de la flotte de l'Elysée, appartement quai Branly, l'un des endroits les plus réputés de la capitale, possession d'un badge donnant accès à tous les locaux de l'Assemblée nationale, mais aussi permis de port d'armes, séances de tir avec les équipes de protection du président, entraînements de boxe avec les gendarmes…
Rien n'était trop beau pour le chouchou de Macron. Alexandre Benalla, 26 ans, officiellement chargé de mission au cabinet du président, responsable de la sécurité du premier personnage de l'État. Un titre ronflant pour désigner un job de garde du corps. Privé. Dans un pays qui jusqu'ici confiait cette délicate mission aux services de police et de gendarmerie. Mais dans le monde du Macron on fait apparemment plus confiance aux copains qu'aux fonctionnaires.
Alexandre Benalla est en effet devenu très proche du locataire de l'Elysée. Il est même l'un des rares à posséder les clés de la villa du Touquet où le couple Macron passe souvent ses week-ends. À l'Elysée, dans les déplacements officiels ou privés, ce gosse des banlieues, diplômé d'une licence de droit, est omniprésent. La
1984, c'est maintenant
L'initiative risque de faire école, c'est sans doute la raison pour laquelle elle fait autant de bruit. Certes plusieurs établissements en France ont déjà fait appel à cette innovation technique et plus de 5000 enseignants l'utilisent quotidiennement. Mais jamais encore, sans doute, une école privée catholique de renom, installée au cœur du Paris des bobos. En plein dixième arrondissement, dans le nord de la capitale.
Confronté à un fort taux d'absentéisme l'an passé, le collège-lycée privé catholique Rocroy-Saint-Vincent-de-Paul a décidé d'équiper ses 1700 élèves d'un badge connecté qui signale instantanément les absences. Le but étant de prévenir immédiatement les parents que leur rejeton est tout simplement en train de « sécher » les cours.
Le premier jour de la rentrée, le 3 septembre, chacun recevra donc un porte-clés qu'il gardera sur lui toute la journée, relié, grâce à la technologie bluetooth, à un logiciel. Au début de chaque cours, l’enseignant se rend sur l'application qui se connecte automatiquement aux badges et fait l'appel. Il peut ainsi démarrer son cours aussitôt. Ce gadget va également vérifier si personne ne manque durant les sorties scolaires. Fin du fin, ce me
Retour de « Le grand échiquier »
Je m'en souviens comme si c'était hier. Pour l'occasion, mon père rentrait toujours plus tôt à la maison. Nous, les enfants, avions déjà dîné et tentions vainement d'étirer la soirée en longueur, reculant le moment où nous devrions aller nous coucher. À 20h15 pourtant, nos protestations ne bénéficiaient plus d'aucun délai de grâce. Nous devions aller dans notre chambre, éteindre la lumière et dormir. Ou du moins rester calmes. Car à 20h30, mes parents installés devant la télé ne toléraient plus le moindre bruit : ils regardaient Le grand échiquier. L'émission mensuelle diffusée pendant dix-huit ans à partir de 1972, durait entre trois et cinq heures et elle passionnait la grande majorité des Français. Curieuse, il m'arrivait subrepticement de me glisser derrière la porte entrouverte du salon pour voir ce qui captivait tant mes parents. Ma déception était généralement à la hauteur du risque que j'avais pris : énorme.
Dans cette lucarne, on y voyait en effet un homme, Jacques Chancel, présenter un invité prestigieux, essentiellement du monde de la culture. La star de la soirée était interviewée longuement, sans que ses propos soient coupés chaque deux minutes. Puis l’invité chantait