Boualem Sansal : de la prison à l’Académie française
11 February 2026
Il y a encore quelques mois, Boualem Sansal comptait les jours derrière les barreaux d’une prison algérienne. Depuis le jeudi 29 janvier, l’écrivain franco-algérien est dans la lumière. Il est devenu « Immortel ». Homme de lettres, il a été élu à l’Académie française dès le premier tour, par 25 voix sur 26. Un quasi-plébiscite, tempéré seulement par un bulletin blanc, pour cet homme de 81 ans qui va désormais siéger dans le fauteuil numéro 3, vacant depuis la mort de l’avocat Jean-Denis Bredin. Dans Le Monde du 29 janvier, il confie sa « sidération » devant ce vote qui lui donne l’impression d’« entrer dans l’histoire de la France » en devenant le 746e membre de l’institution.De fait, l’Académie française a été fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu. Elle est chargée de veiller sur la langue française, d’en fixer les règles et d’en défendre l’usage. Sous sa coupole, située sur le très beau quai de Conti, quarante « Immortels » cooptés à vie incarnent une certaine idée de la littérature, de l’esprit et du temps long.
Boualem Sansal revient de loin. De passage dans son pays natal, l’Algérie, il s’y fait arrêter et condamner, en novembre 2024, à cinq ans de prison pour « atteinte