Carlos Ghosn reste en prison
19 December 2018
Au Japon, on le nomme « le suspect Ghosn ». En France, au Liban ou au Brésil, pays dont l'ex président de Nissan est citoyen, on continue à l'appeler respectueusement Carlos Ghosn. Qu'importe que celui qui a été l'un des plus puissants patrons du monde soit détenu depuis le 19 novembre dernier dans la prison de Kosuge, à l'est de Tokyo, sa capacité à redresser les sociétés en faillite continue de susciter une certaine admiration. Ainsi au Liban, des portraits de l'enfant du pays ont été placardés dans les rues de Beyrouth. Leur slogan ? « Nous sommes tous Carlos Ghosn. ». En France, on se veut plus discret, mais non moins zélé. Au siège de Renault, à deux pas de Paris, les cadres entretiennent la légende. Le patron passerait son temps à lire et recevoir des visites de diplomates, raconte-t-on. Il serait dans un état d'esprit vaillant et combatif. Il va en avoir bien besoin, car son calvaire est loin d'être terminé.
Le 10 décembre, Ghosn a été mis en examen pour avoir minoré ses revenus au Japon entre 2010 et 2014. Dans la foulée, il a été placé en garde à vue pour des faits similaires, survenus entre 2015 et mars 2018. On lui reproche de ne pas avoir déclaré 38 millions d'euros sur