En Espagne, un hommage à la Constitution au goût un peu amer
12 December 2018
La fête n’a pas vraiment été complète jeudi dernier en Espagne. Le rendez-vous avait pourtant été préparé de longue date. Il faut dire qu’on n’a pas tous les jours quarante ans, et que c’était le cas, ce jour-là, de la Constitution espagnole. Un texte approuvé par une large majorité lors du référendum du 6 décembre 1978 : plus de deux tiers des électeurs se rendent aux urnes, et 88% d’entre eux votent oui à la nouvelle Constitution. À l’époque, ce n’est pas vraiment un référendum comme les autres. Trois ans plus tôt, en novembre 1975, le dictateur Francisco Franco est mort. Il avait dirigé pendant près de quatre décennies un régime totalitaire dans la péninsule ibérique, et après sa disparition… tout le monde se demande ce qui va se passer. Son successeur est déjà connu : c’est le roi Juan Carlos, mais il est difficile de dire, à la mort du dictateur, quel sera le régime qui succèdera à la dictature.
Pendant trois ans, il va y avoir des négociations auxquelles participent toutes les formations politiques, dont certaines, comme le parti communiste, vont être légalisées. Ce n’est pas simple avec un vieux monde —celui du franquisme—, qui ne veut pas mourir, et des idées nouvelles —ce