Référendum au Kurdistan irakien
4 October 2017
Erbil est en fête en ce 25 septembre. À peine les bureaux de vote viennent-ils de fermer que dans les rues de la capitale du Kurdistan irakien résonnent des cris de joie, des chants et des airs folkloriques improvisés. Ici et là, des groupes de jeunes hommes dansent fraternellement. Des feux d'artifices éclairent le ciel noir. Et partout, sur les murs, entre les immeubles, aux portières des voitures flottent les drapeaux kurdes – un drapeau rouge, vert et blanc, orné d’un soleil. C'est que cela fait un peu plus d'un siècle qu’ils attendent ce moment historique. L'occasion de statuer sur leur sort, sur celui de cette région autonome, située au nord de l'Irak. La possibilité de dire - à plus de 92 % - que oui, ils souhaitent vivre dans un état souverain. Mais la joie n'aura été que de courte durée. Car ce vote démocratique suscite inquiétudes et tensions dans cette poudrière moyenne-orientale. D'abord, la communauté internationale déteste qu'un peuple veuille reprendre sa destinée en main car cela va généralement de pair avec un redécoupage des frontières. Sur le papier, toutes les nations ont le droit à l'autodétermination. En réalité, c'est le principe de l'intangibilité des fronti