Le français, assiégé par l’anglais ?
11 October 2017
L’autre jour, j’étais en conversation avec ma sœur, qui ne parle pas anglais, lorsqu’un mot utilisé par elle m’a forcé à l’interrompre : j’entendais quelque chose comme « beurre-naute ». Même après le lui avoir fait répéter, je ne comprenais toujours pas. – « C’est un mot anglais », dit-elle, « b-u-r-n-o-u-t » . Burnout. Évidemment ! Nous nous taquinons souvent, elle et moi, sur le sujet des anglicismes qui pénètrent – ou devrais-je dire qui infectent ? – de plus en plus la langue française.
Ce n’est pas un problème nouveau. En 1964, déjà, l’écrivain et polémiste Étiemble publiait son fameux livre Parlez-vous franglais ? Mais sa critique, et les efforts de l’Académie française pour préserver la pureté de la langue n’ont pas empêché les choses d’empirer.
Pour être clair, j’adore l’anglais mais je trouve dommage et un peu ridicule la tendance de parsemer la conversation de mots anglais simplement parce que c’est… cool. Dommage parce qu’il existe le plus souvent un équivalent français – épuisement dans le cas de burnout. Ridicule parce que cela trahit un conformisme servile.
La cause de ce phénomène est évidente : depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les Ét