Commençons par la tentative du gouvernement espagnol d'empêcher par tous les moyens possibles les Catalans de voter pour l'indépendance, le 1er octobre prochain. Un test très intéressant, me semble-t-il, pour tous les séparatistes d'Europe. Nettement plus désolante, en revanche, est la situation de la Turquie. On se demande vraiment qui va parvenir à stopper Erdogan sur le chemin de la dictature. Sans doute pas Emmanuel Macron, occupé pour l'instant ailleurs, et notamment par les finances publiques. Quand il était candidat, il disait vouloir nous faire un cadeau en supprimant la taxe d'habitation. Il pensait sûrement que nous ne savions pas compter ! Il ferait bien de faire preuve d'une grande vigilance concernant ses administrés… mais aussi ses citoyens perdus. C'est toute la problématique du sujet suivant : que faire face à un éventuel retour en France d'une famille de djihadistes ? Nous sommes tous invités à y réfléchir avec l'histoire de M. Enfin, après les affres de la réalité, je vous propose de plonger dans la douceur de la fiction avec le feuilleton de l'été de TF1.
En Espagne comme ailleurs, la vie politique est toujours une question de pouvoir et de contre pouvoir. Les Catalans exigent au moins le droit de vote pour décider s’ils veulent être indépendants ou pas. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy veut interdire la tenue du scrutin. Mais qui a le droit de quoi ?
Espagne : Le gouvernement menace les Catalans
Nous ne nous connaissons pas. Je ne sais pas qui vous êtes, pour qui vous votez, quel type de métier vous exercez. À la limite, vous en savez plus sur moi. Mais je me disais que peut-être nous pourrions essayer… je dis bien essayer… de faire table rase de tout ce qui généralement nous détermine, pendant les quelques minutes que dure cette chronique, pour réfléchir le plus honnêtement possible à ces questions : qui détient le pouvoir ? Un peuple qui vote lors d'un référendum ou un gouvernement élu légitimement ? Comment se déterminer entre ces deux principes du droit international : l'intangibilité des frontières, et donc l'intégrité territoriale, d'un côté… et, de l'autre côté, le droit à l'autodétermination des peuples ? J'en suis consciente, le dilemme est cornélien, je le trouve pour cette raison passionnant. Et c'est actuellement en Espagne qu'il s'illustre sans doute le mieux.
Turquie : Qui peut arrêter Erdogan ?
Plus un jour ne passe sans son lot de nouvelles violations. Je vous en donne quelques exemples. Le 15 juillet, devant une foule énorme, Recep Tayyip Erdogan promet d' « arracher la tête des traîtres » lors de la commémoration de la tentative de putsch de l'année passée. Une menace directe adressée aux partisans de son ennemi intime, Fethullah Gülen.
En un an, le régime a mis derrière les barreaux plus de 50 000 personnes. 100 000 autres au moins ont perdu leurs emplois. Le même jour, Yeliz Koray, la rédactrice en chef du journal régional, Kocaeli Koz, est arrêtée à son domicile. Elle avait osé s'interroger sur le déroulement de ce putsch et ses conséquences. Son nom s'ajoute donc à ceux des cent soixante journalistes emprisonnés.
Le 17 juillet, le gouvernement prolonge de trois mois l'État d'urgence. Quelques heures plus tard, l’agence de presse progouvernementale Anadolu révèle la localisation de forces spéciales américaines et françaises au nord de la Syrie, mettant ainsi en danger la sécurité des soldats dont certains noms ont par ailleurs été divulgués.
Le 18 juillet, la directrice d'Amnesty International en Turquie, Idil Eser, est maintenue en prison au côté de ci
Réforme de la taxe d'habitation : le vrai-faux cadeau de Macron
Je me souviens parfaitement de ce drôle de 22 mars au matin. Nous étions une vingtaine de journalistes réunis dans le local de campagne d'Emmanuel Macron, dans le quinzième arrondissement, au sud de Paris. Au menu de cette conférence de presse, une présentation par Jean Pisani-Ferry, économiste de renom, de quelques-unes des propositions chiffrées du candidat. Comme à leur habitude, les journalistes prenaient des notes... tout en jetant un coup d'œil sur les dépêches AFP de leur téléphone. Tout d'un coup, la nouvelle est tombée : le prétendant à l'Elysée veut supprimer la taxe d'habitation pour… 80 % des Français. C'était une vraie surprise, énorme. Cela signifiait des milliards de pertes pour les municipalités.
Immédiatement, tout le monde a demandé des précisions au malheureux Pisani-Ferry visiblement pas au courant de l'annonce. Gêné, il s'est retourné vers quelques experts assis derrière lui qui, fébrilement, ont cherché des précisions sur leur smartphone. Finalement, ils ont trouvé : cette mesure allait redonner du pouvoir d'achat aux ménages. Excellent ! Elle permettait aussi – surtout ? - à Emmanuel Macron, dont la campagne patinait à ce moment-là, d'apparaître, encore u
Étrangers engagés dans l'État Islamique : que faire de ceux qui veulent rentrer en France ?
C'est l'une de ces enquêtes au long cours que le quotidien Le Monde fait encore parfois. L'une de ces histoires qui pose à toutes nos sociétés la même question : des Occidentaux partis vivre volontairement dans l'État Islamique peuvent-ils rentrer ?
Le samedi 8 juillet, à 19 heures, dans la vieille ville de Mossoul, en Irak, des hommes du bataillon des forces antiterroristes découvrent, dans une cave, une femme et ses quatre enfants. « Elle ne pèse pas plus de 40 kilos. Dans ses bras, un nourrisson de 5 mois, amorphe. ( ...) deux fillettes de 3 et 8 ans flottent dans leurs robes colorées et le garçon de 5 ans a le visage creusé par la faim », nous dit le Monde du 17 juillet. Dans un arabe rudimentaire, M., la femme, explique venir de France. Son mari, dit-elle, n'est pas un combattant de l'EI. Il était parti chercher de l'eau et n'est pas revenu. Arrêtés, puis transférés le 11 juillet à Bagdad, ils attendent depuis les visites consulaires. Mais le récit ne s'arrête pas là.
Grâce à des sms que les journalistes échangeaient avec ces Français depuis mai, on apprend que A., le mari, déjà condamné en France pour ses liens avec des terroristes, emmène femme et enfants vivre « l'
TF1 lance un nouveau feuilleton pour l'été. Intellos s'abstenir !
Je vous entends déjà me dire que décidément, je râle tout le temps. Mais, vous savez bien qu'en France, c'est presque un sport national. Et vous allez voir, vous allez peut-être finir par me donner raison. Voilà. Moi, j'adore que l'on me raconte des histoires, j'aime les films populaires.... Bref, je n'ai pas de problème particulier avec la culture de masse. Car, comme vous l'aurez remarqué, dans l’expression « culture de masse », il y a d'abord le mot « culture ». Or avec « Demain nous appartient », la nouvelle série d'été que la chaîne de télévision privée, TF1, diffuse depuis le 17 juillet, je ne la vois pas, la culture.
Le décor, par exemple, de ce 26 minutes tourné à Sète, dans le sud de la France, est d'un classique : Mer, soleil, immenses propriétés... Les dialogues ? Ils sont indigents. Réduits au strict minimum. L'histoire ? Elle est sans originalité. Une mère cherche son fils mystérieusement disparu après que des bateaux ont explosé. Suspectant une quelconque responsabilité de son rejeton dans la collision, elle tente de le protéger. Dans le même temps, le corps de sa sœur est retrouvé sur une plage. Rivalités entre clans, amour, jalousies, meurtres, que voilà une be