Je vous propose pour commencer de démarrer avec Sanna Marin, cheffe du gouvernement finlandais… pour quelques semaines encore.
Sanna Marin savait que ces élections législatives seraient serrées, mais la Première ministre de la Finlande pensait pouvoir l’emporter. Le dimanche 2 avril, au soir, la sociale-démocrate a pourtant été obligée de se rendre à l’évidence. Avant même que l’ensemble des bulletins soient dépouillés, elle a reconnu sa défaite et félicité le vainqueur du scrutin : le centre-droit qui a obtenu 20,8% des voix, suivi de l'extrême-droite, avec 20,1%, tandis que son parti, le SDP, n’a recueilli que 19,9 % des suffrages, soit, malgré tout, une progression par rapport aux précédentes législatives.
Il est debout, souriant dans son costume bleu foncé, agrémenté d’une cravate tartan. Dans son dos, une immense affiche, bleue elle aussi, annonce : « Stronger for Scotland ». Le mot d’ordre est repris sur le devant du pupitre jaune sur lequel il pose de temps en temps les mains. En ce lundi 27 mars, Humza Yousaf jubile. Il vient d’être élu à la tête du Parti national écossais (SNP), le mouvement qui prône l’indépendance de l’Écosse. Il sait ce que cela signifie : il va prendre les rênes de la nation. Lui, ce petit-fils d’immigrés pakistanais arrivés en Écosse dans les années 60 sera élu, le lendemain, au poste de Premier ministre. Il deviendra, à 37 ans, le plus jeune Premier ministre de l'histoire de l'Écosse, et l'un des plus jeunes officiants à cette fonction actuellement dans le monde.
Le 28 mars, après sa désignation, encore ému, il se confie : « Jamais mes grands-parents n’auraient imaginé ce destin. Un de mes grands-pères travaillait à la compagnie des bus de Glasgow, l’autre à l’usine Singer » de Glasgow. Et comme pour mieux marquer encore le chemin parcouru, il ajoute : « C'est un jour de fierté pour moi et ma famille, et j'espère que c'est aussi un jour de fierté pour l’É
C’était au milieu des années 80, à Bonn, la petite ville - un peu provinciale - qui tenait alors lieu de capitale à l’Allemagne de l’Ouest. Les fonctionnaires des transports publics avaient annoncé une grève pour demander une hausse des salaires. Les étudiants français, dont j’étais, s’attendaient donc à une paralysie et se préparaient à marcher. Mais, le jour dit, quelle ne fut pas notre surprise de voir les tramways et les bus rouler comme à l’accoutumée. Seul un brassard rouge accroché aux bras des salariés signifiait qu’ils étaient en grève. Une « non-grève », dont nous nous sommes longtemps moqués. Ces mouvements de protestation doux se sont répétés sous la même forme durant plusieurs décennies. On avait fini par s’y habituer.
Il faut croire que près de quarante ans plus tard, les mœurs en matière de revendications ont changé. Le 27 mars dernier, toute l’Allemagne était à l’arrêt. Impensable. Pourtant, pendant 24 heures, les salariés des aéroports, du rail, du fret maritime, des sociétés d'autoroutes et des transports locaux ont débrayé. À Berlin, plus aucun transport en commun. Dans les gares, aucun train sur les grandes lignes. Quant aux avions des principaux aéroports, dont
À l’Élysée, toutes les précautions ont été prises. Pas question que, pour son premier déplacement en région depuis deux mois, le président de la République se fasse chahuter. Impossible qu’Emmanuel Macron se retrouve nez à nez avec des manifestants anti-retraite alors qu’il veut préparer les esprits à un autre sujet. Conscients des risques de débordements qui écorneraient un peu plus encore l’image du président, ses conseillers ont donc tout calculé.
Annoncée pour le 26 janvier, et depuis maintes fois reportée, la date définitive de ce plan visant à améliorer la gestion de l'eau en France a été gardée secrète jusqu’au dernier moment. Finalement, le « plan Eau » a été présenté le 30 mars dans une petite commune des Hautes-Alpes.
Le lieu est magnifiquement trouvé : Savines-le-Lac, une commune située à côté du lac de Serre-Ponçon. Certes, il s’agit de la plus grande réserve d'eau douce d'Europe de l'Ouest : venir y parler de la lutte contre la sécheresse fait sens. Mais l’autre raison de ce choix réside dans la géographie. Savines est une commune relativement isolée et difficile d’accès. Les manifestants ont d’ailleurs eu du mal à s’en approcher. Et ceux qui y sont parvenus ont vite é
Les médias se concentrent sur lui, Laurent Berger. « Et si c’était son heure ? », se demande le newsmagazine Le Point, début mars. « Le visage des batailles de la retraite », titre, mi-février, le quotidien Le soir, de Bruxelles. « L’homme-clé qui agace le gouvernement », annonce Le Figaro, plus récemment. Il faut se rendre à l’évidence, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail, la CFDT, intéresse. Il ne cesse d’étonner. Je vous donne un exemple. Le 29 mars, on apprenait que les syndicats étaient – enfin – invités par la Première ministre à discuter à Matignon.
Certes, on ne connaît pas l’ordre du jour , mais ils ont été conviés, c’est déjà cela. Après tout, c’est ce que demandent tous les syndicats depuis des semaines. Mais l’invitation arrive peut-être trop tard dans le conflit. À moins que, fort de trois mois de bataille des retraites, Laurent Berger ait décidé de durcir le ton. En tout cas, c'est lui qui’impose le sujet de la rencontre. La retraite, bien sûr. « J'en parlerai, j'en parlerai », insiste-t-il lors d’une interview sur France Info, le 29 mars. « Et si on me dit 'vous ne pouvez pas en parler', il faudra sortir. Mais on va parler des