La COP 25 devrait nous permettre de prendre des décisions pour atténuer le réchauffement climatique, mais les représentants des États semblent ne pas prendre conscience de l'urgence de la situation. Demain sera trop tard pour la planète.
En France, c'est notre modèle social qui risque de disparaître. Le gouvernement veut transformer nos systèmes de retraite, hérités de l'après-guerre. Il faudrait les adapter au XXIème siècle. Une décision que les Français rejettent en majorité. Il y a aussi le problème de l'OTAN. Emmanuel Macron s'interroge sur la pertinence de cette alliance atlantique, avec une Amérique isolationniste et une Turquie qui fait cavalier seul. Le récent sommet de Londres a été houleux. Mais Macron a fini par convaincre : une réflexion de fond va être menée. Enfin, on en demande beaucoup trop aux agriculteurs aujourd'hui. Comment être un paysan respectueux de l'environnement et pouvoir en vivre ? C'est leur porte-parole, la charismatique Christiane Lambert, qui nous interroge. Elle mérite bien qu'on lui tire le portrait !
Aujourd'hui, c'est à la chancelière d'Allemagne que je souhaite tirer mon chapeau. Alors que l'antisémitisme fait un retour tragique dans son pays, elle en appelle au souvenir du passé. Elle rappelle que la Shoah est indissociable de l'identité allemande.
Le visage fermé, toute de noir vêtue, elle semble parfois proche des larmes. Le 6 décembre, à 10 h 30 précises, Angela Merkel pénètre pour la première fois de son mandat dans le camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau. Le soleil est radieux, les températures glaciales. Entre 1940, date de la construction d'Auschwitz I, et 1945, celle de la libération par les Soviétiques, 1,1 million de personnes, dont 90 % de Juifs, y ont été assassinées.
La chancelière débute cette visite par un dépôt de gerbe au Mur de la mort, où des milliers de détenus y ont été fusillés. Elle est accompagnée d'une délégation composée du premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, de représentants de la communauté juive, et surtout de survivants du plus grand camp de concentration nazi. Puis, elle se rend au bloc 5, lieu où l'on entassait les biens volés aux victimes. Ils y sont restés.
La planète traverse un moment crucial, mais la grande majorité de ses habitants n'y prête qu'une vague attention. Voilà, tout le paradoxe de la COP 25. La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques se tient du 2 au 13 décembre, à Madrid. À l'IFEMA, un ensemble de sept bâtiments accueillant en général les foires. Durant deux semaines, les cent quatre-vingt-seize délégations présentes négocient dans le but de prendre de vrais engagements sur la réduction du réchauffement climatique. Et d'endiguer l'effondrement de la biodiversité. On n'y est pas encore.
Concrètement, il faudrait que nous limitions le réchauffement climatique mondial à 1,5 °C. Or, selon les relevés effectués par l'Organisation météorologique mondiale, entre janvier et octobre 2019, la température moyenne de la planète a augmenté d'environ 1,1 °C en comparaison avec la période pré-industrielle. À en croire l'OMM, la période 2010-2019 est « presque certainement » la plus chaude jamais enregistrée. À ce rythme-là, nous aurons pris 4 à 5 degrés supplémentaires d'ici la fin du siècle. Une véritable catastrophe.
Elle se traduit déjà par une multiplication des ouragans et des inondations. On assiste impuiss
C'était le 5 décembre à sept heures du matin. Chaussée de solides godillots, emmitouflée, j'ai pris la route. Une bonne heure de marche à travers les rues de Paris ensommeillé, quatre kilomètres pour aller du centre au nord de la ville. Par des températures proches de zéro. Dehors, la nuit est éclairée de sapins de Noël, de guirlandes et de lumières scintillantes. Les lampadaires aux éclairages jaunes orangés ajoutent au charme de cette promenade forcée. On se croirait revenu à une autre époque, il y a bien longtemps. Avant le bruit, la pollution, l'agressivité d'une publicité omniprésente. Que Paris était romantique ce jour-là !
Et pourtant, la journée s'annonçait terrible. Depuis des semaines, le gouvernement parlait du « mur du 5 décembre ». Une expression pour désigner l'opposition d'une partie du pays à la réforme des retraites qu'il veut mener. L'exécutif s'est bien gardé de donner tous les détails de cette remise à plat. Il a en gros annoncé la fin des 42 « régimes spéciaux » qui permettent à certaines catégories de partir plus tôt à la retraite en raison de la pénibilité de leur profession. Second axe majeur ? Il souhaite que nous changions de système en nous faisant passer
Nous sommes le 3 décembre, au soir, dans les salons flamboyants du Palais de Buckingham, à Londres. À la veille de la célébration des 70 ans de l'OTAN. Les vingt-neufs membres de l'alliance atlantique se retrouvent pour un dîner avec la reine et certains membres de la famille royale. Dans les salons de la résidence d'Elisabeth d'Angleterre, un petit groupe se forme et attire l'attention. On y voit Emmanuel Macron, de dos, en pleine discussion avec Justin Trudeau, Boris Johnson, le Néerlandais Mark Rutte, et la princesse Anne. Les responsables politiques rient aux dépens de Trump, selon la chaîne canadienne CBC. Trudeau explique en effet que son homologue américain allonge toujours ses conférences de presse, ce qui met tout le monde en retard. Mais en plus, Trump aurait annoncé que l’organisation du prochain G7 aura lieu à Camp David... sans prévenir personne. « On pouvait voir son équipe qui tombait des nues », raconte, hilare, le Premier ministre canadien. L'anecdote a particulièrement plu à notre président, qui est depuis plusieurs semaines en conflit ouvert avec Trump et le président turc Erdogan. Notamment à propos de l'OTAN.
Début novembre, dans une interview au magazine The
Christiane Lambert quitte ses chaussures de ville, enfile ses bottes en caoutchouc, une combinaison blanche, et part inspecter la ferme. Sa ferme dans le Maine-et-Loire. Elle fait une caresse à Haribo, l'âne, donne une tape à Cajou, le chien, et jette un rapide coup d'œil au potager. Puis, elle traverse la route et se rend dans l'exploitation porcine. Un bâtiment ultra-technologique où elle et son mari élèvent deux cents trente truies et leurs petits avant de les envoyer à l'abattoir. Cette fille de petits paysans du Massif Central dit adorer ses bêtes et avoir besoin de savoir si elles vont bien. Elle refuse de décrocher de ce métier qu'elle n'exerce plus que les week-ends. Car du lundi matin au jeudi soir, l’agricultrice travaille dans le, très chic, huitième arrondissement de Paris, au siège du premier syndicat paysan de France, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Depuis avril 2017, Christiane Lambert préside aux destinées de la majorité des agriculteurs français. Bourreau de travail, elle défend leurs intérêts avec une vigueur incroyable et un indéniable talent médiatique.
Il ne se passe pas un mois, sans que cette stratège en chef ne fasse parler d'el