La dangereuse chute d'un géant de l'automobile
28 November 2018
La scène est à peine croyable. Le 19 novembre au matin, le jet privé de Carlos Ghosn se pose tranquillement sur le tarmac de l'aéroport de Tokyo. Mais le patron du groupe Nissan-Renault n'a pas même le temps d'en descendre que des agents de l'unité spéciale d'enquête du bureau du procureur pénètrent dans le luxueux avion et interpellent le monstre sacré de l'automobile. Après une interrogation d'une journée, ils le placent en garde à vue dans le centre de détention de Kosuge, à Tokyo. Là, l'homme qui a gagné 16 millions d'euros en 2017, le troisième patron le mieux payé de France, se retrouve dans une cellule de six mètres carrés, à coucher par terre sur un futon, avec trois bols de riz par jour pour seule nourriture. Le prisonnier est à l'isolement total avec des gardiens qui ont la réputation d'être intraitables. Et il a peu de soutien de l'extérieur. Son avocat ne peut l'assister lors des interrogatoires, en vertu de la loi nippone. Quant à sa femme, elle n'est autorisée à lui rendre visite que si la rencontre se déroule en japonais. Or, elle ne le parle pas…Et pourtant, le capitaine d'industrie franco-libano-brésilien aurait bien besoin d'être entouré. Les Japonais le soupçonne