Yvette Horner : mort d'une icône populaire
20 June 2018
Il y avait ces cheveux bruns et mi-longs, parfaitement permanentés avant que cette tignasse bouclée ne vire au rouge, voir à l'orange fluo. Il y avait ces yeux trop maquillés, ce rouge à lèvres voyant, cette peau laiteuse. Et sur ses épaules, les solides bretelles de son accordéon qui ne la quittait jamais. Pas un de ses cent vingt-cinq disques enregistrés sans cette image de « Vevette », accompagnée de son piano du pauvre. Ah, en soixante-dix ans de carrière, elle en a fait danser, Yvette Horner, des p'tits gars dans les bals musette ! L'été, ils la retrouvaient sur le Tour de France. C'était les années 50-60, l'époque de Louison Bobet, Jacques Anquetil et Raymond Poulidor. Les fans se massaient sur le bord des routes, autant pour voir leurs héros en plein effort que leur idole à l'accordéon. Perchée sur une voiture de la caravane publicitaire, elle jouait jusqu'à sept heures sous le cagnard pour son public. Ce public qui ne l'a jamais lâchée. Une dernière fois, il viendra lui dire son admiration, le 19 juin, en l'église de Saint-Roch à Paris. Et le lendemain à la cathédrale de Tarbes. Car depuis le 11 juin, la reine de l'accordéon nous a quittés. Elle avait 95 ans.
Née à Tarbes d