Les « passeurs » de Calais
5 July 2017
D'abord, il y a Béatrice Huret, 44 ans. Les cheveux mi longs, habillée de noir et portant de hauts talons. Cette formatrice auprès d’adultes en réinsertion habite à la campagne, près de Calais, dans le nord de la France. Rien ne prédestinait cette mère d'un fils de 19 ans, cette veuve d'un policier et, la vie est étrange, cette ex-militante du Front national à comparaître en ce mardi 27 juin, au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. Accusée d'avoir aidé des Iraniens à passer illégalement au Royaume-Uni. Rien, si ce n'est son amour fou pour Mokhtar, un Iranien pour lequel elle est prête « à donner sa vie ».À la barre des prévenus, se trouve également Laurent Caffier, 42 ans. Contremaître dans une société de nettoyage le jour, cet amateur de pêche est un militant actif de l'association « No Border ». Son engagement vaut à ce père de famille qui vit avec femme et enfants dans un petit pavillon au sud de la ville de Boulogne-sur-mer, le surnom de « Zorro de la jungle ».
Deux autres personnes siègent à leur côté. Ghizlane Mahtab, une jolie trentenaire et mère de quatre enfants qui gagne sa vie chez Mac Do. C'est chez cette Calaisienne que les réfugiés venaient chercher un