Manuel Valls ou le reniement fait homme
5 July 2017
C'est un parcours qui en dit long sur les mœurs politiques que je voudrais vous raconter. Sur la capacité de nos dirigeants à se dédire pour mieux rebondir, leur faculté à se renier pour ne pas sombrer. Il s'appelle Manuel Valls, a été Premier ministre socialiste de François Hollande et se voyait déjà occuper l'Elysée. C'était il y a un an. Une éternité. Aujourd'hui, l'ex chef de gouvernement est redevenu un obscur député de la banlieue parisienne. Et encore, cette maigre victoire lui est contestée. Mais il s'accroche. Il a déjà tant abandonné de lui-même pour en arriver là. Après trente-sept ans au Parti socialiste, Manuel Valls a lâché son parti, le 27 juin dernier, pour courir rejoindre les rangs d'Emmanuel Macron, son pire ennemi.L'affrontement démarre à la fin de l'année 2015. Il ne se passe alors plus une semaine, plus une réunion de gouvernement ou une séance à l'Assemblée nationale, sans que Manuel Valls, premier ministre, ne réprimande, ne critique ou n'humilie ouvertement Emmanuel Macron, ministre de l'économie. Le brillant banquier de chez Rothschild n'est pas en reste. Il répond par un silence méprisant, des coups tordus ou des sms moqueurs, parfois en-dessous de l