Portraits d’expats « identitaires »
29 March 2017
La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, dit-on.Un jour de 2014, Romain, un mécanicien lillois de 25 ans, a décidé de quitter la France. Quelque chose ne lui convenait plus dans le pays où il avait grandi. Et il avait envie d’aller voir ailleurs. Il a pris sa moto et a roulé, sans but, vers l’est. Il s’est retrouvé à Budapest, et il y est toujours.
C’est seulement après coup qu’il a réalisé ce qui l’incommodait en France : la diversité ethnique et culturelle. Et ce qui lui plaît en Hongrie : « Ici, il y a une homogénéité et je me sens chez moi, (parmi) des hommes de souche européenne, des catholiques ».
Une enquête du Monde parue le 3 février révèle que dans une communauté française qui a, ces dernières années, atteint plusieurs milliers dans les pays de l’Est, ce discours est devenu assez courant. Il n’est pas difficile de trouver des expatriés qui évoquent sans détour, sans gêne, et sans haine apparente la « question culturelle » et qui se revendiquent comme des « émigrants identitaires ».
Leurs motivations varient.
L’un d’eux, installé en Pologne, déclare : « Je pense qu’il est important de croiser dans la rue plus de gens qui nous ressemblent, et c’est le cas i