Celle des Syriens, en tout cas, n'est pas prête d'être réparée. Le clan Assad et les groupes rebelles n'arrivent pas à se mettre d'accord sur quoi que ce soit, tandis que la population est attaquée par la Turquie et le régime. Le cauchemar continue.
Syrie : L'impasse
Finalement, ce sera non. Les principales forces d'opposition syriennes à Bachar al-Assad, regroupées sous le sigle CNS ( Comité des négociations syriennes ), ont donné leur réponse dans la nuit du 26 au 27 janvier. Elles n'avaient aucune intention de participer au congrès sur la Syrie organisé par les Russes à Sotchi, les 29 et 30 janvier derniers. Leur décision rejoint celle de douzaines de groupes rebelles qui avaient déjà décliné l'invitation. Pour eux, le gouvernement syrien n'a pas assez fait de concessions. Ce que bien évidemment conteste le représentant d’Assad, qui accuse les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Arabie Saoudite et la Jordanie de vouloir réduire les pouvoirs du président syrien. Le dialogue de sourd continue.
Pourtant, les deux parties avaient accepté de participer à une neuvième session sous l'égide de l'ONU pour essayer de trouver une solution pacifique à ce conflit vieux de près de sept ans.
À quoi sert Davos ?
« Davos, c’est la machine à café du monde, l'endroit où s’échangent des idées, mais il n’y a pas d’organe de gouvernance de Davos qui prendrait des décisions pour le reste du monde. Ce n’est pas vrai du tout ». Voilà ce qu'expliquait, en 2014, Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand. En habitué de ces réunions au sommet, il ajoutait : « Il faut oublier ce mythe de Davos comme club des super riches, si c'était le cas, je ne viendrai pas. » Peut-être. Mais pour participer au 48ème Forum économique mondial, qui s'est tenu du 23 au 27 janvier, dans une station de ski suisse nommée Davos, encore fallait-il s'acquitter d'une cotisation annuelle qui va de 50 à 500.000 euros, d'un ticket d'entrée dont le prix n'est pas communiqué et de quelques nuits d'hôtel à prix d’or !
De plus, sur les 2000 participants - grands patrons, chefs d’État et de gouvernement, prix Nobel, universitaires, représentants d’ONG, de grandes institutions internationales et quelques célébrités - peu crient famine. Rien que cette année Davos a accueilli, par exemple, Donald Trump, Angela Merkel, Theresa May, l'actrice Cate Blanchett ou les patrons de Total, Google, IBM, Goldman Sachs, JD.com.... Pas vr
Macron, ou la diplomatie des rois
La pièce est majestueuse. Cent vingt mètres de long, treize mètres de large, elle occupe la quasi-totalité du premier étage de l’aile sud du château de Versailles. Cette salle, la plus grande du Palais imaginé par Louis XIV, est baptisée la « galerie des Batailles ». Et elle possède une spécificité : trente-trois tableaux représentant les grandes batailles qui ont marqué l'histoire de la France. Depuis la victoire de Clovis à Tolbiac jusqu’à celle de Napoléon à Wagram, en 1809, toutes les dynasties y sont représentées. Toutes les victoires, y compris celles de la Révolution et de l’Empire, y figurent. Le message est simple, selon le site du château : « la France s’est faite dans des combats contre des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur ; elle est désormais glorieuse, apaisée et prête à entrer dans une nouvelle ère fondée sur la paix et la prospérité ».
Ce lieu époustouflant a donc servi, le 22 janvier, de décorum au dîner de gala offert aux 140 patrons de multinationales étrangères et françaises, parmi les plus puissantes de la planète. En réalité, le repas, concocté par le chef étoilé Alain Ducasse, venait clore un sommet baptisé « Choose France », organisé toute la journée
Les matons n'en peuvent plus
Il faut écouter les mots pour essayer de comprendre. Ceux d'Abdelkader, par exemple, surveillant depuis vingt-sept ans. Il travaille à la prison de Vendin-le-Vieil, dans le nord de la France. Celle-là même d'où est parti le conflit, le 11 janvier dernier, après que trois gardiens ont été gravement agressés par un détenu djihadiste. « On va au travail pour aller se faire écorcher, pour 1.500 euros par mois », dit-il au Journal du Dimanche du 25 janvier. (…) « Le matin, on boit un café entre nous, et on se demande ce qui va nous tomber dessus. Lorsqu'on arrive le matin, on est en stress. On ouvre la cellule d'une personne qui a pris 20 ans de prison! S'il a passé une mauvaise nuit, ou s'il n'a pas réussi à avoir sa famille par téléphone, vous faites comment pour le gérer ? ». Puis, ce quinquagénaire qui en a pourtant vu des vertes et des pas mûres confie : « Aujourd'hui, je suis démuni. J'ai peur. On est tout seul, et on n'est soutenu par personne. Tout le monde regarde son nombril, et se dit "pourvu qu'il ne m'arrive rien" ». Le témoignage d'Abdelkader est loin d'être unique.
Depuis le 11 janvier, les agressions du fait de détenus radicalisés se multiplient et la peur change de cam
Esclavage : en France aussi
Astan K. a 31 ans. Mariée et mère de deux enfants, elle travaille dans une crèche de la région parisienne et parle parfaitement français. En ce 22 janvier après-midi, c'est pourtant presque une adolescente timide qui se tient face à la barre du tribunal correctionnel de Nanterre. Il lui a été tellement difficile d'obtenir ce procès : plus de onze ans. Et puis, la prévenue, une cousine de son père, Madame Diallo est absente. Elle n'entendra pas les accusations portées pendant deux heures par Astan. Pas plus que son avocat, lui non plus n'est pas présent. Ils ont demandé un nouveau renvoi de l'affaire. C'est le quatrième. Cette fois, le tribunal l'a rejeté. Il a décidé d'écouter la terrible histoire d'Astan et ses cinq années d'esclavage. Dans un appartement de Châtenay-Malabry, à quelques encablures de Paris.
En août 2000, Astan, 13 ans, rencontre Tenin Diallo, à un mariage au Mali. Cousine éloignée de son père, elle lui propose de l'emmener en France. « Je devais faire des études et m’occuper des enfants de temps en temps. Je lui ai fait confiance », raconte-t-elle. Deux semaines après son arrivée, la Malienne, qui ne parle que bambara, comprend sa méprise. Sa parente refuse qu'el