Berlin et Paris sont au plus mal. Les dirigeants des deux pays ont passé la semaine à se disputer sur la question du protectionnisme. Le ton est monté.
Ils ne sont d’accord sur rien. Et pas seulement parce qu’ils possèdent des personnalités aux antipodes : Olaf Scholz est introverti, tandis qu’Emmanuel Macron est extraverti. Non ! Même si ces données comptent, y compris en politique, ce qui se joue en ce moment entre l’Allemagne et la France est ailleurs : ces États à la tête des deux principales économies de l'Union européenne n’ont tout simplement pas les mêmes intérêts. Ni au niveau national ni donc au niveau européen. Et ils ne se privent pas de le faire savoir publiquement.
Lundi 30 septembre, le monde entier a tourné ses yeux vers le Royaume-Uni. En effet, le pays où est née la Révolution industrielle a définitivement fermé sa dernière centrale à charbon, située à Ratcliffe-on-Soar, dans les Midlands de l'Est. Un moment historique qui fait du Royaume-Uni le premier pays du G7 à sortir totalement de cette énergie fossile. L’objectif ? Parvenir à produire une énergie 100 % propre d’ici à 2030.
Soyons clairs : le geste est d’abord symbolique. Si la centrale de Ratcliffe-on-Soar fonctionnait depuis près de 60 ans, le charbon ne représente actuellement plus qu'environ 1 % de la production d'électricité du pays. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.
La dépendance britannique au charbon remonte à la première Révolution industrielle, lorsque de vastes réserves de ce combustible fossile ont permis l’émergence de villes industrielles telles que Manchester et Newcastle. L’exploitation du charbon, qui remonte au Moyen Âge, s’est accélérée avec l'invention de la machine à vapeur, faisant du pays le leader mondial de l'industrie charbonnière et de la production d’électricité. La première centrale à charbon britannique a vu le jour à Londres en 1882, marquant le dé
L’ambiance était au chahut. Au brouhaha. Hostile. Les députés de La France insoumise, le parti très à gauche de Jean-Luc Mélenchon, ont même brandi leur carte d'électeur dès le début de séance à l'Assemblée nationale, le 1er octobre dernier. Ils voulaient ainsi protester contre le fait que la France est gouvernée à droite alors que la gauche est arrivée en tête des élections législatives du mois de juillet dernier. Le nouveau Premier ministre aurait pu s’offusquer de cette atmosphère, voir se sentir gêné par cette bruyante opposition. Il n’en a rien été. Imperturbable, Michel Barnier a prononcé un discours très attendu : sa déclaration de politique générale. Un exercice obligatoire qui consiste, pour tout nouveau chef de gouvernement, à dessiner une ligne politique et à expliquer ce qu’il compte faire.
Durant une heure vingt-trois, Michel Barnier a ainsi exposé ses « cinq chantiers prioritaires » : « Niveau de vie »; « services publics », école et santé en tête; « sécurité »; « immigration » et « fraternité ». Il s’engage, par exemple, à ramener le déficit à 5% du PIB en 2025, et sous les 3% en 2029, alors qu’il devrait atteindre 6% cette année. Et ce, en supprimant des dépenses pu
Jeudi 2 octobre, Saint-Ouen. Une ville collée au nord de Paris, une banlieue dite rouge, une cité longtemps populaire qui se gentrifie à grande vitesse. Le mythique Stade Bauer du Red Star, le club de foot local, accueille des personnalités politiques socialistes de premier plan. Il y a, par exemple, l’ancien président de la République, François Hollande, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, l’ex-premier ministre Bernard Cazeneuve, ou encore le député européen qui monte, Raphaël Glucksmann. Tous sont venus ce jour-là témoigner de leur soutien à Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen depuis 2020 et vedette du jour. L’édile lance, en effet, son mouvement politique, « La France humaine et forte ». Une première pierre dans sa course à l’Élysée ? Tout est possible pour cet ambitieux à l’ascension fulgurante que la presse allemande a même baptisé « Obama sur Seine ».
À 51 ans, cet homme politique s'est fait remarquer pendant les Jeux olympiques de Paris en faisant de Saint-Ouen la ville hôte des athlètes brésiliens. Figure atypique de la gauche, il est né dans un quartier populaire au sein d’une famille modeste d’origine marocaine, et s’est très tôt engagé en politique. D’ab
Lee Miller fait son grand retour à Saint-Malo. Pour le 80ème anniversaire de la libération de la station balnéaire située en Bretagne, une exposition - Saint-Malo assiégée - nous permet de découvrir des photos inédites de la fin de la guerre. Cinquante-quatre clichés uniques, pris entre le 13 et le 17 août 1944, lors de l’arrivée des troupes américaines de la 83ème division d’infanterie dans la ville fortifiée. Un travail signé d’une artiste américaine emblématique du surréalisme et une photographe de talent appelée Lee Miller.
Pourtant, ces images poignantes de civils malouins fuyant leurs maisons en ruine, de soldats américains anxieux de ce qui les attend ou de prisonniers allemands abattus par la défaite n’auraient jamais dû voir le jour. En effet, Lee Miller n’avait pas pour mission de couvrir des combats, mais l’histoire en a décidé autrement.
Correspondante pour le magazine Vogue, Lee Miller débarque en Normandie le 12 août 1944. Sa mission : couvrir le « jour d'après » à Saint-Malo. La photographe pense alors se rendre dans une zone pacifiée. Pourtant, à son arrivée, la ville est encore le théâtre d'affrontements violents. En effet, les troupes allemandes, menées par le colo