| Catherine: | Le 18 mars, des avocats et magistrats ont manifesté devant le ministère de la Justice contre un projet de loi examiné ce jour-là : la loi SURE, c’est-à-dire Sanction utile rapide et effective. L’objectif de cette loi est de rendre le traitement de certaines affaires beaucoup plus rapide afin que les tribunaux soient moins engorgés. En effet, les délais actuels pour qu’une affaire soit jugée sont plus longs que jamais : 6 ans en moyenne pour juger une affaire de viol, 8 ans pour les meurtres. Pour ce qui est de la violence conjugale, comme l’a rappelé la semaine dernière un article du Monde, le nombre d’affaires est toujours plus important. Récemment, la procureure générale de la cour d’appel, Marie-Suzanne Le Quéau, a lancé au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, cette alerte désespérée : « Nous sommes dans une situation proche de la submersion ». Les femmes se sentant plus libres de dénoncer les violences qu’elles subissent, le nombre de plaintes a explosé. En revanche, le nombre de condamnations n’est pas beaucoup plus élevé, ce qui signifie que les accusés sont moins susceptibles d’être condamnés. Pire encore, cette violence touche toutes les générations et donc les femmes plus jeunes ne sont pas vraiment mieux protégées. |