Adieu, Marjane !
10 June 2026
Andrea Raffin / Shutterstock
Marjane Satrapi avait l’allure des femmes que rien ne semble pouvoir abattre.
Un regard noir incandescent,
une voix râpeuse usée par les cigarettes,
un débit rapide comme une rafale. Elle avançait avec une énergie
brute, forgée par l’exil,
les deuils et les combats.
Toujours debout. Toujours en mouvement. Jusqu’à ce que
la tristesse finisse par l’emporter. L’autrice de bandes dessinées est morte à 56 ans, le 4 juin dernier. Un peu plus d’un an après la disparition de Mattias Ripa, son mari. « L’amour de sa vie », comme ses proches l'ont écrit
dans un communiqué repris par
Le Monde. Une disparition qui laisse
abasourdis ses proches, les Français et une partie de l’Iran.
Car Marjane Satrapi était devenue bien davantage qu’une dessinatrice
ou une réalisatrice : elle était une voix talentueuse.
Une voix qui porte. Elle avait explosé au début des années 2000 avec
sa BD Persepolis, publiée
en quatre tomes entre 2000 et 2003. Dans ce récit autobiographique en noir et blanc, elle racontait
l’enfance d’une petite fille confrontée à la révolution islamique, à la guerre et à l’exil en France. Il ne s’agissait pas d’un manifeste, mais d’une histoire intime. La sienne. Pourtant, des millions de