Carlos Ghosn : La fureur de vivre
15 January 2020
Andrei Kholmov / Shutterstock.com
Nous sommes le 8 janvier 2020, 14 heures. Heure de Paris. Un horaire compatible avec
les fuseaux nord américains et asiatiques. Cent cinquante journalistes venus du monde entier
se pressent dans les vastes locaux du syndicat de la presse, à Beyrouth, ville dans laquelle le fugitif est arrivé le 30 décembre dernier.
Les flashs crépitent,
le capitaine d'industrie déchu a le visage fermé. Concentré sur cette conférence de presse dont il a choisi la date, le lieu et l'heure. Ghosn
est aux commandes, comme autrefois.
Concentré aussi sur sa colère, qu'il canalise pour mieux frapper.
Laver l'humiliation que
la justice nippone, dit-il, lui a infligée. Comment peut-il oublier que le 8 janvier 2019,
il y a un an jour pour jour, il
a été amené devant le tribunal de Tokyo...
une laisse à la taille ? Alors,
dès qu'il prend la parole,
il ne retient pas ses coups.
Le Franco-libano-brésilien a été emprisonné en novembre 2018 à Tokyo pendant 130 jours,
avant d'être libéré sous caution en avril 2019 et
assigné à domicile avec interdiction de quitter le Japon. Il dépeint un système judiciaire
moyenâgeux : « J’ai été interrogé huit heures par jour,
de jour comme de nuit. J’avais droit à trente minutes