La chasse à courre, un anachronisme féodal
18 January 2023
Un samedi matin, au cœur de la forêt de Compiègne, à 70 kilomètres de Paris, se déroule un cortège où chacun, ou presque, chasse en même temps qu’il est chassé. D’abord, le cerf qui détale et tente de semer ses poursuivants : une cinquantaine de chiens qui traquent son odeur. Ensuite viennent les veneurs, à cheval, galopant derrière leurs limiers. Derrière, une escorte de « suiveurs » à pied, à vélo ou en voiture, passionnés par cette tradition pluriséculaire. Puis les militants antichasse, qui les talonnent pour gêner les opérations et empêcher la mort de l’animal. Enfin, les gendarmes, qui surveillent tout ce petit monde.
Les auteurs d’une tribune publiée dans Le Monde du 8 janvier fournissent quelques détails sur la réalité de ce rituel. La traque de l’animal peut durer des heures, durant lesquelles il court à toute allure, dans un énorme stress. Lorsqu’à bout de forces, il finit par s’effondrer, il est transpercé avec une arme blanche, un épieu ou une dague, s’il n’a pas été déchiqueté par les chiens ou foudroyé par un arrêt cardiaque. Ceux qui échappent à la mort immédiate sont souvent blessés à vie ou condamnés à agoniser.
L’opposition à l