Afrin, et maintenant ?
28 March 2018
Je ne lui ai pas parlé depuis ce terrible coup de fil. C'était un soir de mars et je voulais juste prendre de ses nouvelles. Elle a décroché, en pleurs. Son fils de vingt ans venait de se faire tuer par les forces turques à Afrin. Elle ne se plaignait pas. À quoi bon les mots, quand la mort vous a tout volé ? Les grandes douleurs se passent de commentaire. J'aurais voulu la réconforter, mais qu'avais-je à dire à cette mère ? Rien. Rien si ce n'est que l'Occident et la Russie avaient lâchementabandonné les Kurdes de Syrie, nos alliés contre Daech. Les seuls qui se sont battus sur le terrain. Nous les avons laissés se faire massacrer sous nos yeux. Sans bouger, sans en parler. Pour ne pas fâcher la Turquie d'Erdogan. C'est ignoble et court termiste. Vous qui êtes très loin peut-être n'avez-vous jamais entendu parler d'Afrin. C'est une ville kurde située dans le gouvernorat d'Alep, au nord-ouest de la Syrie. À quelques encablures de la Turquie, qui ne craint rien d'autre que la formation d'un État kurde à ses frontières. D'où le lancement d'une offensive baptisée - ironie des mots - « Rameau d’olivier », le 20 janvier dernier. Son but avoué est d'anéantir les Kurdes des Unités de prot