Au retour du front : des années de stress post-traumatique
8 November 2017
Quand Sandra a vu tous les élèves affluer dans la cour du collège à la rentrée, rapporte le journal Le Monde, son cerveau s’est comme déconnecté : les enfants ressemblaient à des adultes et formaient une masse menaçante. Obéissant à ses réflexes d’ancienne soldate, elle s’est plaquée le dos au mur, la tête bourdonnante, le cœur battant. C’est seulement en fixant les yeux sur l’écolier dont elle devait s’occuper qu’elle est parvenue à tenir jusqu’à la fin de la récréation. Rentrée chez elle à la fin des classes, elle s’est effondrée.Cela fait neuf ans que Sandra, la quarantaine, est rentrée d’Afghanistan où elle a servi dans l’armée comme aide-soignante. Et neuf ans qu’elle subit les effets du stress post-traumatique – un terme aseptisé qui désigne les profondes blessures psychiques résultant de l’exposition à la violence.
Au début, face à la dépression, aux cauchemars, aux crises de panique et d’angoisse, Sandra ne pouvait compter que sur elle-même.
Connu sous ce nom aux États-Unis depuis la guerre du Vietnam, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) a longtemps été tabou dans les rangs de l’armée française. C’est seulement depuis quelques années que l’institution militaire acce