En Algérie, la rébellion contre un nouveau mandat de Bouteflika
13 March 2019
Il y a des choses qui sont parfois difficiles à expliquer. Depuis la fin de l’année dernière, la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat ne faisait guère de doute en Algérie. Malgré ses 82 ans, malgré le fait qu’il ne s’exprime plus en public depuis son accident cardio-vasculaire en 2013. Cette condition physique et ses absences prolongées ne semblaient pas empêcher une réélection pour le président à la tête du pays depuis 20 ans. L’annonce officielle de sa candidature, le 10 février, n’avait pas provoqué de réaction. Les Algériens paraissaient résignés et indifférents face à cette situation. Et puis, d’un seul coup, tout a changé. La résignation a laissé place à la colère. L’indifférence a laissé place à la mobilisation. C’était le 22 février. Après des appels lancés sur les réseaux sociaux, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, Alger, pour protester contre la candidature de Bouteflika. Cela peut avoir l’air anodin, mais dans un pays comme l’Algérie, où tout rassemblement est officiellement interdit depuis 2001, c’est un message très fort qui a été envoyé au pouvoir.
Surtout que les manifestations ne se sont pas arrêtées là.