L’Arabie saoudite se met au pragmatisme
11 March 2026
FotoField / Shutterstock
Elle devait
surgir du sable avec ses deux
murailles de miroirs, ses
taxis volants et ses écoles par hologramme. Elle devait
s’étendre sur 170 kilomètres, à Neom, dans le nord-ouest saoudien. La ville futuriste baptisée « The Line »
incarnait la démesure d’un projet baptisé « Vision 2030 », qui avait été dévoilé en 2017 par le prince héritier Mohammed ben Salmane, alias « MBS ». Mais le rêve
a pris du sable dans les rouages. La cité high-tech se réduira finalement à un ou deux
immeubles. À la place, des
centrales d’hydrogène vert, des
fermes solaires et éoliennes et des
centres de données seront bâtis. Priorité sera aussi donnée à l’intelligence artificielle, aux mines, à l’industrie et au tourisme, des secteurs jugés plus rentables
dans une nouvelle feuille de route entérinée en février.
« Il y a plus de réalisme et moins de fantasme. Les Saoudiens n’ont pas assez d’argent à cause de
la baisse du prix du baril et de l’impossibilité d’attirer des investissements étrangers. Les mégaprojets n’ont pas convaincu », souligne Bernard Haykel, enseignant au département des
études moyen-orientales de l’Université de Princeton, aux États-Unis, dans
Le Monde. « Plusieurs de ces mégaprojets éta