En Espagne, la culture politique à l’épreuve des urnes
20 February 2019
Le 28 avril. Retenez cette date : ce jour-là, près de quarante millions d’Espagnols seront appelés à choisir leurs nouveaux députés à l’Assemblée nationale de Madrid. C’est le premier ministre, le socialiste Pedro Sanchez, qui l’a annoncé vendredi dernier. Après avoir vu son projet de budget être refusé début février par une majorité des parlementaires, Sanchez a choisi de dissoudre l’Assemblée et de convoquer des élections législatives. Les Espagnols commencent à être habitués. C’est la troisième fois depuis décembre 2015 que des élections générales, comme on les appelle en Espagne, sont convoquées. Cette fois-ci, ce n’est pas vraiment une surprise. Depuis son arrivée au pouvoir, en juin dernier, Pedro Sanchez était en minorité à l’Assemblée. Avec seulement 84 députés sur 350, il était obligé de multiplier les négociations pour faire approuver ses lois et son budget. Il a bien réussi à tisser des alliances ponctuelles, mais pas suffisamment pour rester au pouvoir.
Cette convocation d’élections démontre qu’il existe une crise politique profonde en Espagne. Parmi les principales raisons, selon moi, il y a bien sûr la question de la Catalogne. Dans la région du nord-est du pays, les