L’« Arabe du coin », une épicerie en péril
7 February 2018
La boutique, dans le neuvième arrondissement de Paris, au pied de la butte de Montmartre, arbore l’enseigne « Alimentation générale ». Tout contre les deux vitrines qui flanquent la porte d’entrée, s’alignent, sur des étagères, bouteilles de shampoing pour chaque type de cheveux, crèmes pour la peau, tubes de dentifrice, produits de nettoyage, conserves de légumes, pots de confiture, paquets de biscuits… : un assemblage multicolore sans le moindre espace vide.
De même à l’intérieur du magasin minuscule, chaque centimètre carré est occupé par tout ce dont vous pourriez avoir besoin, et davantage, de jour comme de nuit.
Bienvenue chez l’ « Arabe du coin », autre nom de l’épicerie de quartier que l’on trouve encore dans toutes les villes de France, quoique plus pour très longtemps.
Lahoussine Abalhaoune, le propriétaire, présenté dans un article du Magazine du Monde, ouvre sa caisse : « Regarde », dit-il, « je n’ai gagné que 25 euros depuis 14 heures. C’est rien du tout, j’ai perdu 70 % de mon chiffre d’affaires. Je gagne 250 euros par jour, 400 euros les dimanches, alors qu’avant, le dimanche, c’était le grand jour : au moins 1 000 euros.»
Lahoussine, 47 ans, est arrivé du Maroc en 1983