Corse : ça risque de chauffer
14 February 2018
La rencontre était presque fortuite. Alors qu'Emmanuel Macron déambule dans les rues d'Ajaccio, en Corse, une brune élancée l'interpelle. Elle tient dans ses bras son petit garçon. « Bonjour, je suis la femme d'Yvan Colonna. Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plaît, faites quelque chose (...) Ce n'est pas un animal, c'est un être humain. » Le chef de l'État, le visage tendu, assure que le petit pourra voir son papa. Mais il se garde bien d'en préciser les conditions. Nous sommes le 6 février, et Stéphanie Colonna a tenté de faire un coup médiatique. L'épouse du détenu le plus célèbre de France, condamné à la prison à perpétuité en juillet 2012 pour l'assassinat du préfet Erignac, dont il se dit par ailleurs innocent, a voulu faire flancher le président de la République. C'est raté. Lors de ces deux jours de visite officielle sur l'Île de Beauté, le chef de l'État n'a au contraire eu de cesse d'affirmer son autorité. Et celle de la France.
Ainsi, vingt ans, jour pour jour, après le meurtre de ce fonctionnaire, Macron a commémoré sa mémoire, là même où il avait été abattu. Et son discours a été explicite : [L'assassinat du préfet par un commando n